En juin dernier, le Conseil d’orientation des retraites a chiffré l’effort qu’exigerait le seul levier de l’âge pour équilibrer le système à l’horizon 2070 : un départ moyen à 67,6 ans. Attention, ce n’est pas une réforme annoncée, c’est une simulation. Mais elle montre une trajectoire qui pose une question très concrète à ceux qui économisent aujourd’hui dans l’idée de compléter leur pension : quel effort d’épargne faudra-t-il consentir pour quitter la vie active dans de bonnes conditions ? Et plus largement, que vaudra, dans vingt ans ou trente ans, l’argent que vous mettez de côté ce mois-ci ? À condition évidemment de pouvoir épargner avec des salaires de plus en plus modestes.
À retenir
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Le COR chiffre à 67,6 ans en 2070 le report nécessaire si l’on n’agissait que sur l’âge. Une simulation, pas une réforme.
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Mi-2026, le pouvoir d’achat du salaire moyen n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2021.
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60 % des Français jugent la hausse des prix supérieure à la cible de 2 % de la BCE, et 58 % doutent de l’euro à cinq ans.
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56 % des Français considèrent que l’or est le meilleur placement pour faire face aux crises, devant l’immobilier.
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Sur Veracash : épargne en métal physique, fonctionnement par provision, aucun découvert possible.
Travailler plus longtemps pour une pension plus faible
Le rapport remis le 11 juin 2026 ne se contente pas d’avancer un chiffre spectaculaire. Il révise surtout le besoin de financement d’un système dont le déficit pourrait représenter 2,4 % du PIB en 2070, alors que le rapport de l’an dernier l’évaluait encore à 1,4%. En douze mois, la projection a presque doublé. La raison tient en une hypothèse démographique : le COR retient désormais un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028, contre 1,8 précédemment. Avec moins d’actifs demain pour financer davantage de retraités, l’arithmétique de la répartition s’en trouve forcément fragilisée.
Alors, soyons clairs, le scénario de report progressif (64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045, 67,6 ans en 2070) n’est pas une prévision de ce qui nous attend. Et d’ailleurs, le Conseil précise lui-même que ces projections « ne constituent en aucune manière des propositions de réforme ». Elles mesurent juste un effort théorique pour que le système ne s’effondre pas, dans l’hypothèse où l’on refuserait tout autre ajustement que celui de l’âge de départ à la retraite, qu’il s’agisse de cotisations ou de niveau des pensions. Autrement dit : si l’âge ne bouge pas, il faudra que ce soit autre chose. Et cette autre chose, ce seront probablement les pensions elles-mêmes, dont le rapport au dernier salaire perçu s’érode d’année en année.
En gros, travailler plus (longtemps) pour gagner moins.
On l’a bien compris, le régime de retraite par répartition à la Française a du plomb dans l’aile. Mais les Français n’ont pas attendu ce rapport pour percevoir la fragilité de l’édifice. Selon un sondage OpinionWay pour AuCoffre réalisé en juin 2026 auprès de 1 752 personnes, 77 % estiment que la dette publique française (dont la moitié sert désormais à payer les retraites) représente un risque important pour leur épargne dans les cinq prochaines années. Et 78 % jugent probable une crise économique ou financière majeure sur le même horizon. Un pessimisme qui n’en est pas vraiment un quand on se place du point de vue du Français moyen qui voit bien qu’il y a un déséquilibre croissant entre ce qu’il gagne et ce qu’il doit dépenser pour vivre.
Pouvoir d’achat en baisse : l’érosion qu’on ne voit pas
Il existe une manière de s’appauvrir sans que rien ne bouge sur la fiche de paie : l’inflation. Le salaire nominal reste identique, voire progresse de 2 % pour suivre l’inflation (pour ceux qui ont cette chance), et pourtant le caddie se remplit un peu moins. C’est le résultat de la perte de pouvoir d’achat dans ce qu’elle a de plus discret : elle ne prélève rien, elle réduit simplement la quantité de biens et services accessible pour une même somme donnée.
Les chiffres de l’Insee sont sans détour. Dans sa note de conjoncture de mars 2026, l’institut relève qu’à la mi-2026, le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête dans les branches marchandes non agricoles n’aura toujours pas retrouvé son niveau de 2021, celui d’avant la flambée inflationniste. En d’autres termes, la baisse est réelle, concrète, depuis maintenant cinq ans.
Et puis il y a aussi le décalage entre l’inflation mesurée et l’inflation vécue, qui explique une bonne part du malaise. Interrogés sur l’objectif de hausse des prix de 2 % par an communiqué par la Banque centrale européenne, 60 % des Français répondent que ce qu’ils observent au quotidien est nettement supérieur. Et ils ne se trompent pas vraiment : l’indice des prix moyenne l’ensemble des dépenses tous postes confondus, alors que le budget d’un ménage modeste se concentre quant à lui sur l’alimentation, l’énergie et le logement, précisément les postes qui ont le plus augmenté.
Cette expérience répétée finit par entamer la confiance dans la monnaie elle-même. Toujours selon le même sondage OpinionWay, 58 % des Français doutent de la capacité de l’euro à conserver sa valeur d’ici cinq ans. À cinquante ans, ils sont 61 %. Et 70 % craignent que l’État puisse, en cas de crise, restreindre l’accès à leur épargne. On peut juger cette crainte excessive, mais on ne peut pas ignorer qu’elle est majoritaire.
Économiser avec une petite retraite ou un petit salaire
Vient l’objection légitime : tout cela est bien joli quand on dispose d’une capacité d’épargne. Mais avec un salaire médian à 2 190 euros nets, et une pension moyenne brute aux alentours de 1700 euros, diversifier son patrimoine ressemble à un conseil pour ceux qui n’en ont pas besoin.
C’est là que le sondage révèle quelque chose d’instructif. Invités à estimer un budget acceptable pour un premier achat d’or, les Français l’évaluent en moyenne à 2 861 euros. Un montant qui peut faire renoncer. Mais la moyenne masque la réalité des réponses : 27 % situent ce premier pas à 100 euros ou moins, et 27 % supplémentaires entre 101 et 500 euros. Plus de la moitié des personnes interrogées placent donc le seuil d’entrée sous les 500 euros. L’obstacle principal n’est pas financier, il est mental. Beaucoup renoncent à se renseigner sur l’épargne en or parce qu’ils imaginent un ticket d’entrée qui n’existe pas.
Et de toute façon, la logique d’épargne qui fonctionne avec un budget contraint n’est pas celle du capital initial, mais celle de la régularité. Quarante ou cinquante euros par mois, convertis en métal, suffisent à construire sur dix ans une réserve qui n’aurait jamais existé autrement. Enfin, il ne s’agit pas de basculer toute son épargne sur l’or : 30 % des Français jugent qu’une part inférieure à 10 % du patrimoine constitue l’équilibre idéal. Une position parfaitement raisonnable qui est d’ailleurs généralement prônée par les professionnels de l’investissement.
Protéger son argent de l’inflation sur le long terme
En 1971, l’once d’or valait environ 35 dollars. Elle en vaut aujourd’hui autour de 4 000 (et elle est même récemment montée au-delà des 5 000 dollars). Cette différence énorme ne vient pas nous agiter sous le nez l’enrichissement de ceux qui détenaient déjà de l’or il y a 50 ans, mais plutôt nous montrer l’érosion subie par ceux qui détenaient des dollars (ou d’autres devises). Les Français sont partagés sur la lecture à en faire : 31 % y voient une hausse réelle de la valeur de l’or, 23 % une perte de valeur des monnaies, 24 % un mélange des deux. Cette dernière réponse est en réalité la plus juste.
L’or ne produit rien. Pas de coupon, pas de dividende, pas d’intérêt composé. Ce n’est pas un instrument d’enrichissement rapide, et son cours connaît des reculs parfois marqués. Sa fonction est ailleurs : conserver, à travers les décennies, une capacité d’achat que les monnaies perdent lentement. Et les Français ne s’y trompent pas : interrogés sur le placement qui préservera le mieux leur pouvoir d’achat sur vingt ans, ils sont 25 % à placer l’or en tête, devant l’immobilier. En cas de crise grave, 56 % le désignent même comme meilleur refuge, loin devant les crypto-monnaies.
Reste que l’or dormant dans un coffre ne sert à rien tant qu’on ne peut pas le mobiliser. C’est la logique que porte Veracash : une épargne en métal physique, stockée et assurée, mais utilisable si besoin au quotidien via une carte de paiement. Le compte fonctionne par provision, sans découvert possible : on ne dépense que ce que l’on possède réellement. Une contrainte qui, dans une économie construite sur le crédit, ressemble davantage à une protection. L’idée séduit d’ailleurs 25 % des Français, et jusqu’à 49 % chez les 18-24 ans.
Ceux qui traverseront le mieux les vingt ou trente prochaines années ne seront pas nécessairement les plus fortunés, mais ceux qui auront compris assez tôt ce qui grignotait silencieusement leur argent. La question n’est peut-être pas de savoir combien vous pouvez épargner, mais quand vous comptez commencer.
Sources :
- Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel du 11 juin 2026 – https://www.cor-retraites.fr
- Insee, Note de conjoncture, mars 2026 – https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/8907437/ndc-mars-2026-salaires.pdf
- Sondage OpinionWay pour AuCoffre, « Les Français et l’or », juin 2026, échantillon de 1 752 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus
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Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


