Depuis la crise financière de 2008, le monde semble entré dans une instabilité permanente.
Crise sanitaire, tensions géopolitiques, inflation, choc énergétique… les secousses s’enchaînent sans véritable retour à l’équilibre.Dans ce contexte, une question devient centrale pour l’investisseur : faut-il encore chercher à anticiper la prochaine crise, ou accepter que l’instabilité soit devenue la norme ?
Voici une sélection de réponses d’experts et professeurs d’économie interviewés par le Groupe AuCOFFRE (dont fait partie Veracash).
S’habituer à l’instabilité
La volatilité ne serait plus un accident de parcours. Elle est désormais permanente. On ne connaît pas l’origine de la prochaine crise mais on sait qu’elle viendra. Depuis 2020, il n’y a pas eu de pause : tous les 6 mois, un nouvel événement a impacté les cours. Il est donc important de développer une capacité à construire un portefeuille capable d’absorber les chocs sans céder à la panique. C’est le point de vue de Tino Hugues, ancien formateur bancaire et créateur du Podcast de la Bourse. Engagé dans une démarche de pédagogie financière, il nous explique pourquoi la diversification et la gestion du risque deviennent aujourd’hui prioritaires face à la permacrise.
Les marchés vivent-ils dans une autre réalité ?
Les indices américains évoluent proches de leurs sommets historiques. Dans le même temps, les déficits publics se creusent, la croissance ralentit et les tensions commerciales s’intensifient.
C’est un véritable paradoxe. Les marchés financiers sont-ils devenus partiellement déconnectés de l’économie réelle ? Depuis que l’IA s’est installée comme l’avenir de l’économie mondiale, quelques géants technologiques semblent soutenir l’ensemble des indices.
Alors derrière la solidité affichée, les indices au plus haut, les marchés pourraient être plus fragile qu’il n’y paraît. Que se passera-t-il si une des 8 entreprises qui squattent le marché de l’IA sombre ou annonce de mauvais résultats ?
Félix Barron, éditeur de la lettre Le Club des Investisseurs Indépendants, analyse cette concentration historique et les risques qu’elle fait peser sur les marchés.
Le retour de l’or dit-il quelque chose de notre époque ?
Depuis plusieurs années, les banques centrales renforcent leurs réserves d’or.
Depuis le mois d’août 2025, elles ont, en valeur, plus d’or que de bons du trésor américain. Pour certaines, c’est carrément une volonté de réduire leur exposition au dollar. On a vu aussi des grands fonds annoncer une modification des allocations de leurs portefeuilles. Eux aussi renforcent leur exposition à l’or au détriment des obligations.
Ce mouvement est loin d’être anodin. Sommes-nous face à une évolution progressive de la confiance monétaire ?
L’or redevient une réserve stratégique dans un monde marqué par l’endettement massif et les tensions institutionnelles. Lorsque les banques centrales ajustent leurs réserves, elles envoient toujours un signal.
Nathalie Janson, économiste, docteure en économie et professeure à Neoma Business School, nous explique comment interpréter ce retour de l’or et ce qu’il révèle de l’évolution du système monétaire.
Investir : quand l’incertitude devient la norme
Si les crises se répètent, si les marchés se concentrent, et si la confiance monétaire évolue…
Alors la gestion patrimoniale ne peut plus être pensée comme avant. Les règles du jeu sont en train de changer. Comment investir lorsque l’incertitude n’est plus cyclique, mais permanente ?
C’est un changement de paradigme : il faut revoir la notion de performance d’un placement patrimonial. Des méthodes existent comme le portefeuille permanent ou robuste. Le principe est de placer son objectif par rapport à l’inflation, et non en valeur absolue. En général, les placements dits « prudents » souhaitent une performance 3 à 4 points au-dessus de l’inflation. Dans un environnement où la prévisibilité diminue, la robustesse devient une stratégie.
Quelle place accorder aux actifs réels, aux flux réguliers, à l’énergie ou aux métaux précieux ?
Félix Barron détaille comment structurer un portefeuille capable de traverser les cycles économiques sans dépendre d’un seul moteur de performance.
Avec ce nouvel environnement économique et géopolitique, les métaux précieux d’investissement prennent une nouvelle place. L’or, valeur refuge est en train de s’installer comme une réserve de valeur face à l’érosion monétaire. L’argent, depuis qu’il a été placé sur la liste des métaux stratégiques par le trésor américain, a lui aussi changé de statut. Ce n’est plus le « petit cousin de l’or » qui évolue dans son ombre. Il est devenu indispensable au développement de l’IA mais aussi à la transition énergétique. Un métal vraiment stratégique.
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