La possible fin du chèque en France, c’est un peu l’Arlésienne. Tous les ans, les usages s’amenuisent mais le célèbre rectangle de papier ne disparait toujours pas. Si bien qu’une question revient : quel avenir pour les chèques en France ? Au printemps 2026, une annonce d’interdiction pour régler certains impôts vient relancer l’interrogation. Veracash fait le point !

L’essentiel

  • Les paiements par chèques sont en net recul, mais sont toujours utilisés par les Français. Une exception dans la zone euro !
  • La disparition du chèque en France ne concerne que les impôts sur les sociétés pour l’instant. Depuis mars 2026, les entreprises sont obligées d’avoir recours à la dématérialisation pour payer leurs taxes.
  • Cette interdiction du chèque pourrait s’étendre aux impôts des particuliers dès 2027, mais ce calendrier n’est pas (encore ?) officiel.
  • À plus long terme, les chèques pourraient disparaitre progressivement au profit des cartes bancaires, déjà majoritaires, et des solutions de paiement numériques.

Le chèque, un mode de paiement de moins en moins utilisé

Le chèque représente une faible part des paiements

Le constat est sans appel : les chèques sont en perte de vitesse en France. Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), le chèque ne représentait que 2,3 % des opérations scripturales (c’est-à-dire tout sauf le cash) en 2024. Il se place loin derrière les paiements par carte bancaire (62 % des transactions), les virements (17,7 %) et les prélèvements (14,2 %). Et chaque année, les recours au chèque diminuent : environ deux fois moins d’utilisations depuis 2019, alors que tous les autres modes de paiement scripturaux progressent ou sont stables.

Pourquoi les chèques tombent-ils en désuétude ?

Même si le chèque reste apprécié, notamment des personnes peu à l’aise avec l’informatique, il faut admettre que ce n’est pas pratique, et souvent lent. Qui n’a jamais râlé à la caisse du supermarché en voyant le client précédent sortir son chéquier ? Quand un particulier reçoit un chèque, il doit aussi prendre le temps de le déposer à sa banque et attendre l’encaissement. Même si les process s’améliorent, on a vu plus simple. Surtout quand il suffit de quelques clics pour un virement instantané. Mais la relative lenteur n’est pas la seule raison de la décrue du chèque. Pour les banques et pour les commerçants non plus, cette solution n’est pas avantageuse. Ce mode de règlement fait en effet partie des plus fraudés : 69 euros de fraude pour 100 000 euros de paiement pour les chèques, vs 11 euros pour un paiement sans contact par carte bancaire, toujours selon l’OSMP. Reste la question du coût : si les chèques sont gratuits pour les émetteurs, les banques doivent s’acquitter d’importants frais de fabrication et de traitement. Cela incite certains établissements à arrêter de proposer des chéquiers systématiquement.

Le chèque reste une exception française

Dans la zone euro, les chèques représentent moins de 1 % des transactions selon les chiffres de la Banque centrale européenne. Il faut dire que les chèques ont pratiquement disparu du paysage ! C’est le cas en Belgique, par exemple, où le numérique a pris le dessus. Les paiements par carte, mobile et QR code y sont bien ancrés dans les habitudes. Mais si un pays semble résister encore et toujours, c’est bien la France ! Même avec ses 2,3 % de transactions par chèque, l’Hexagone se situe bien au-dessus des autres États membres. Et d’après l’Insee, 87 % des chèques échangés dans l’UE sont français. Le débit différé, la gratuité pour l’émetteur et la fracture numérique font partie des raisons qui expliquent pourquoi la France se positionne comme la « championne » du chéquier.

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Alors, à quand la fin des chèques en France ?

Chèque et Trésor public, une histoire en passe de se terminer

Si vous vous demandez si le chèque sera bientôt interdit en France, la réponse est non. La fin des chèques ne concerne que l’administration fiscale, en tout cas pour l’instant. Depuis mars 2026, et selon une mesure du budget de l’État, les entreprises et les professionnels ne peuvent plus payer leurs impôts par chèque. La direction générale des Finances publiques (DGFiP) incite aussi les particuliers à privilégier d’autres solutions, en avançant là aussi des arguments de fiabilité et de coûts. « En 2024, les chèques ne représentaient que 5 % des paiements reçus par la DGFiP mais représentaient à eux seuls 30 % du coût total de traitement des paiements », explique l’administration sur son site. Car même si le prélèvement à la source a largement changé la donne, l’acceptation des chèques reste valable pour certaines taxes (foncière, habitation) et en-dessous de 300 euros. Mais jusqu’à quand ? Une échéance semble se profiler pour l’été 2027, date de fermeture des derniers centres de recouvrement de chèques au Trésor public. Mais le calendrier n’est pas officiel et le ministère de l’Économie n’a encore rien annoncé en ce sens : à suivre donc.

Une fin progressive face à l’essor des nouvelles technologies

Même sans boule de cristal, l’avenir du chèque semble compromis, y compris en France. Après tout, cela n’a rien d’étonnant quand il existe des solutions alternatives plus efficaces : les bien connues cartes bancaires, mais aussi les applications mobiles, virements instantanés et autres QR codes. Tous ces modes de paiement combinent rapidité, sécurité et faible coût. Des critères plus conformes aux attentes des consommateurs (et des commerçants), et surtout des plus jeunes générations. La Banque de France soulignait récemment l’installation des moyens de paiement innovants dans le quotidien des Français. Cette modernisation est aussi l’ambition de la BCE, avec le projet d’euro numérique. Alors, là encore : à suivre !

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Questions et réponses sur les paiements par chèque

Le paiement par chèque sera-t-il possible en 2026 ?

Oui, le paiement par chèque est toujours possible en France en 2026. La seule interdiction qui existe concerne les impôts sur les sociétés : depuis mars 2026, les entreprises et les professionnels doivent obligatoirement régler avec une solution dématérialisée. Les particuliers peuvent encore utiliser les chèques pour certaines taxes non prélevées à la source, et jusqu’à 300 euros.

Quand les chèques vont-ils disparaître en France ?

Si l’avenir du chèque est incertain, il faut retenir que l’usage de ce moyen de paiement persiste en France. Il s’agit même de l’un des pays de la zone euro où les chèques font de la résistance : 2,3 % des transactions dans l’Hexagone vs moins de 1 % en Europe. Bien sûr, on peut imaginer que les chéquiers seront remplacés à très long terme par les cartes bancaires, et les nouvelles technologies (QR codes, monnaies numériques).


Sophie Garrigues

Rédactrice Web depuis 2012 et contributrice au blog Veracash. Spécialiste en métaux précieux, moyens de paiement et gestion de budget. J’aime transmettre, décrypter, et dépenser ma pédagogie sans compter !