Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 26/10/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 4 %
- 194000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,7 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48 ↗︎
- Valeur du Dow Jones : 52490 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 7690 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 26/10/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.65 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,8 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,4 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -17,9 ↘︎
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6133 ↘︎
- EUR/USD : 1,118 ↘︎
La défiance envers l’IA gagne les marchés
Du 20 au 26 octobre, la correction des actions a débordé sur les métaux précieux. Les inquiétudes sur le financement des investissements dans l’intelligence artificielle, ravivées par les dépenses annoncées par Meta, ont accéléré les ventes technologiques. L’or n’a pas joué pleinement son rôle de refuge : certains investisseurs ont vendu des actifs liquides pour compenser leurs pertes ailleurs. Cette recherche de liquidités a ajouté une pression vendeuse aux inquiétudes déjà présentes sur l’inflation et les taux.
Évolution du cours de l’or
Les supports lâchent
Le passage sous 4 100 dollars, puis sous le seuil psychologique des 4 000 dollars vendredi 23, marque une dégradation technique. L’once a touché environ 3 985 dollars (et 3586 euros), son plus bas depuis le 20 juillet, qui était aussi son plus bas annuel (il faut revenir à début novembre 2025 pour retrouver de telles valeurs). Malgré une légère reprise le lundi 26 octobre, le recul hebdomadaire avoisine 4% face au dollar (et 3% face à l’euro), le plus marqué depuis juin. Le retour vers 4 010 dollars de lundi montre que des acheteurs profitent de l’aubaine, mais ça ne suffit pas à annuler la cassure : 4 000 dollars constitue désormais une zone de confrontation mais plus vraiment un plancher assuré.
Une baisse qui se propage par les portefeuilles
La particularité de cette semaine tient à la simultanéité des ventes d’actions ET d’or. En période de tension, un actif facilement négociable peut être liquidé même lorsque ses qualités défensives restent recherchées à long terme. Les besoins de trésorerie et les ajustements de positions peuvent alors prendre le dessus. Cette explication est cohérente avec le mouvement observé, sans permettre de mesurer précisément la part des ventes forcées dans la correction.
Le pétrole empêche de tourner la page de l’inflation
Le deuxième moteur est pétrolier. Les attaques visant les infrastructures saoudiennes et les risques entourant Ormuz ont maintenu une forte prime d’approvisionnement. Le brut américain a atteint environ 103 dollars vendredi, avant de revenir près de 100 dollars lundi. Pour l’or, l’effet dominant a été monétaire : une énergie durablement coûteuse entretient l’inflation et repousse la perspective de taux moins élevés (ce qui les rendrait moins attractifs au profit du métal précieux).
Une pause de la Fed… qui n’est pas un assouplissement
À l’approche de la réunion des 27 et 28 octobre, les investisseurs anticipent largement un statu quo. Ils continuent néanmoins d’attribuer environ 77 à 80% de probabilité à une hausse en décembre. Les chiffres d’inflation publiés précédemment restent donc très présents dans l’esprit des investisseurs, ce qui rend le relèvement des taux d’intérêt presque inévitable et limite l’attrait d’un métal sans revenu. Toutefois, ce serait faux d’expliquer toute la baisse du cours de l’or par la perspective d’une nouvelle envolée des rendements. Et d’ailleurs, la recherche de sécurité liée aux inquiétudes sur l’IA a même soutenu les obligations américaines et donc fait baisser leurs rendements. Pourtant, l’or a continué à reculer : cette divergence souligne le poids des liquidations et de l’inflation énergétique.
Un soutien physique encore insuffisant
En Inde, la baisse des prix a stimulé les achats liés à Dussehra, une fête hindoue très populaire dans le nord de l’Inde, au Népal et au Bangladesh. En Chine, la demande physique est restée relativement stable, malgré une joaillerie moins dynamique. Ces achats ont offert une contrepartie aux ventes financières, sans toutefois inverser leur direction. Et pour l’instant, les banques centrales ne semblent pas relancer leurs achats de métal précieux, alors que le contexte s’y prêterait volontiers compte tenu du cours de l’or particulièrement avantageux.
Un lundi qui offre un semblant de répit
Le 26 octobre, la détente pétrolière et les perspectives diplomatiques ont permis à l’or de repasser juste au-dessus de 4 000 dollars. Mais ce rebond reste modeste après les pertes précédentes, et peut-être juste provisoire. Les jours à venir vont être décisifs, notamment en raison de la prochaine réunion de la Fed et la publication de l’indice des prix aux États-Unis (PCE) attendue le 29 octobre.
COMEX : l’accélération est confirmée
Enfin, les échanges du COMEX ont nettement augmenté au moment où la baisse du cours de l’or s’accélérait. Après 18,78 millions d’onces mardi 20 et 16,53 millions mercredi 21, ils ont atteint 24,60 millions jeudi 22, puis 22,04 millions vendredi 23. Ces deux dernières séances dépassent nettement leurs équivalents de la semaine précédente. Le décrochage s’est donc accompagné d’une participation accrue, et non d’un simple mouvement dans un marché déserté. Reste à savoir s’il s’agit de liquidations de positions longues, de nouvelles ventes ou d’achats de couverture.
En bref…
L’or subit une double pression : l’énergie entretient le risque de taux élevés, tandis que la correction technologique déclenche des ventes de liquidité. Le rebond de lundi stabilise provisoirement le marché, mais sans effacer la rupture des 4 000 dollars qui marque les esprits et pourrait bien être le catalyseur d’un nouveau rebond… ou d’une dégringolade plus marquée.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


