Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 12/10/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 4 %
- 197 000 inscriptions hebdomadaires au chômage =
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 46.3 ↘︎
- Valeur du Dow Jones : 51873 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 7806 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 12/10/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.65 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,8 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,4 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -16.5
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6201 ↘︎
- EUR/USD : 1,1157 ↘︎
Volatilité des marchés boursiers
La semaine du 6 au 12 octobre a laissé des marchés actions partagés. Aux États-Unis, le S&P 500 est resté proche de ses records, le Dow Jones a gagné environ 200 points lundi, mais le Nasdaq 100 a reculé de 0,4%, toujours pénalisé par la volatilité des valeurs liées aux infrastructures d’intelligence artificielle. En Europe, l’Euro Stoxx 50 a d’abord perdu près de 200 points entre le 6 et le 8 octobre, avant de rebondir à partir du 9. Il restait néanmoins inférieur à son niveau de la semaine précédente, autour de 6 203 points contre 6 311 une semaine plus tôt.
Évolution du cours de l’or
Une reprise au dernier moment
L’or a d’abord oscillé sans direction claire, avant de subir une forte baisse le mercredi 7 octobre : l’once est tombée vers 4 076 dollars et 3 648 euros. Le mouvement s’est inversé à partir du 9 octobre, l’or se rapprochant de 4 200 dollars et touchant 3 747 euros en séance. Sur la période mesurée, l’once termine autour de 4 173 dollars et 3 733 euros, soit environ +0,7% en dollars et +1,2% en euros. Ce décalage confirme que la faiblesse de l’euro a renforcé le gain observé par les investisseurs de la zone euro.
Analyse technique : un support défendu
Les graphiques mettent en évidence un point bas net autour de 4 076 dollars et 3 648 euros le 7 octobre, rapidement suivi d’un rebond. Cette réaction montre que les acheteurs restent présents sur les replis, avec une zone de soutien désormais située autour de 4 100 dollars et 3 650 euros. À l’inverse, les sommets récents placent la première résistance près de 4 200 dollars et de 3 750 euros. Le mouvement de fin de semaine améliore la dynamique de court terme, mais les tendances mensuelles restent baissières : elles s’inscrivent encore sous les moyennes d’environ 4 248 dollars et 3 734 euros l’once.
La Fed reste le frein principal
La politique monétaire américaine a continué de dominer les arbitrages. Le 7 octobre, l’or a perdu environ 2% alors que le dollar se renforçait, les investisseurs attendant le compte rendu de la réunion de septembre de la Fed. Les marchés n’anticipent désormais qu’une faible probabilité, inférieure à 20%, de hausse des taux en octobre, mais estiment toujours à plus de 80% la chance d’au moins un relèvement de 25 points de base d’ici décembre. Cette perspective maintient les rendements américains élevés et limite la hausse d’un actif qui ne verse aucun revenu.
Des signaux divergents à la Fed
Les propos des responsables de la Fed ont entretenu l’incertitude. Jeff Schmid, président de la Fed de Kansas City, a jugé possible que les taux doivent encore monter pour contenir l’inflation. Alberto Musalem, de la Fed de Saint-Louis, a également évoqué la possibilité d’un durcissement supplémentaire. Mary Daly, à San Francisco, a insisté sur le caractère dépendant des données de toute décision future. Le message n’est donc pas celui d’une banque centrale prête à assouplir, mais d’une Fed disposée à attendre les chiffres d’inflation avant de trancher.
Le pétrole offre un répit provisoire
Le rebond de vendredi doit beaucoup au repli du pétrole. Après une hausse de 3,6% jeudi, le brut est revenu près de 91 dollars le baril le 9 octobre, Donald Trump ayant affirmé que Washington n’attaquerait pas l’Iran avant les élections de mi-mandat et que des discussions restaient possibles. L’espoir d’une réouverture d’Ormuz a réduit les craintes d’inflation énergétique, ce qui a temporairement abaissé la pression sur les rendements et permis à l’or de remonter.
Cette accalmie est restée fragile. Lundi 12 octobre, le pétrole a de nouveau dépassé 93,8 dollars, porté par les attaques en Ukraine, les tensions en Arabie saoudite et les risques pesant sur le trafic maritime dans le Golfe. L’or a alors légèrement reflué après son plus haut d’une semaine, le dollar restant proche de ses sommets de dix-huit mois. La géopolitique joue donc un rôle ambigu : elle soutient la demande de protection, mais le risque d’inflation qu’elle provoque alimente aussi les anticipations de taux élevés.
Euro faible, or mieux tenu
L’euro est resté sous 1,12 dollar, autour de 1,1157 lundi, proche de son plus bas niveau depuis dix-sept mois. Les inquiétudes budgétaires françaises, les difficultés à dégager des majorités parlementaires et la perspective de l’élection présidentielle ont pesé sur la devise. Cette faiblesse explique pourquoi l’or progresse davantage en euros qu’en dollars. Elle ne traduit pas pour autant un contexte favorable à l’Europe : elle signale plutôt un déplacement des capitaux vers le dollar, qui continue de freiner l’or sur le marché international.
Chine, Inde et demande structurelle
La demande physique asiatique reste un facteur de stabilisation. Les achats officiels chinois et la diversification des réserves soutiennent le marché à long terme, tandis que les replis peuvent susciter des achats opportunistes en Chine. En Inde, la hausse des prix et la volatilité continuent néanmoins de rendre les ménages et les joailliers plus prudents. Ce socle de demande ne suffit pas à déclencher une nouvelle hausse durable, mais il limite l’ampleur des corrections lorsque les investisseurs financiers se désengagent.
COMEX : volumes modérés
Le graphique du COMEX confirme un marché plus calme que lors des épisodes de volatilité de septembre. Après un pic à presque 19 millions d’onces le 7 octobre, les volumes ont diminué à 16,56 millions le 8, puis à 15,30 millions le 9 octobre. Ils restent donc largement inférieurs au pic de 28,52 millions observé le 16 septembre, ainsi qu’à celui à 26 millions du 28 septembre, et ne signalent donc pas un retour massif des spéculateurs. La reprise relative des cours de l’or ressemble donc plutôt à une sorte de rebond technique, soutenu par des rachats de positions vendeuses et une baisse temporaire de la pression sur les taux.
En bref…
L’or a retrouvé un peu de vigueur grâce à la détente temporaire du pétrole en début de semaine dernière et à la faiblesse de l’euro. Mais, malgré le rebond depuis le creux du 7 octobre, il reste sous la pression d’un dollar solide et de taux américains élevés : le franchissement durable de 4 200 dollars et de 3 750 euros sera nécessaire pour confirmer un véritable retournement.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



