Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
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- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 17/08/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 209 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 % ↘︎
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 51 ↘︎
- Valeur du Dow Jones : 53518 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7772 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 17/08/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,9 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.9
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6535 ↘︎
- EUR/USD : 1,158 ↗︎
Marchés : hausse américaine, Europe stable
La semaine du 11 au 17 août s’est déroulée dans un environnement boursier contrasté. À New York, le S&P 500 a poursuivi sa progression vers ses records, soutenu par la bonne tenue des grandes valeurs technologiques et par l’espoir d’une Fed moins restrictive. Le Dow Jones a en revanche légèrement fléchi, signe que la hausse restait concentrée sur certains secteurs. En Europe, l’Euro Stoxx 50 s’est globalement maintenu par rapport à la semaine précédente, les investisseurs arbitrant entre une activité économique résistante, des perspectives de hausse des taux de la BCE et les risques énergétiques persistants.
Évolution du cours de l’or
Une hausse à des niveaux élevés
L’or a continué de progresser, mais avec de nombreux mouvements de va-et-vient. En clair, il s’est une fois de plus fait bousculer, mais sans décrocher. Ainsi, en euros, l’once a évolué dans une fourchette proche de 3 740 à 3 845 euros, avant de terminer autour de 3 810 euros, soit une hausse hebdomadaire d’environ 1,3%. Et en dollars, elle a atteint un sommet proche de 4 440 dollars le 12 août, puis a consolidé autour de 4 400 dollars. La progression est donc moins spectaculaire que la semaine précédente, mais il faut dire qu’on sort d’un bond de plus de 7%. Et même si on n’est plus aux sommets de février dernier, le cours de l’or confirme son maintien à des niveaux historiquement élevés.
Analyse technique : consolidation haussière
Sur le plan graphique, le métal reste installé au-dessus des seuils de 3 700 euros et de 4 300 dollars, qui constituent désormais des supports de court terme. Le marché a marqué plusieurs sommets intraday, mais les replis ont jusqu’ici été absorbés rapidement. Cette configuration ressemble donc à une certaine consolidation après une forte accélération. En dollars, la moyenne mobile à 50 jours, située autour de 4 153 dollars, apporte un soutien important, tandis que la zone des 4 500 dollars constitue la prochaine résistance de long terme.
L’inflation rassure la Fed
Le principal événement de la semaine a été la publication, mercredi 12 août, d’un indice des prix à la consommation conforme aux attentes. L’inflation annuelle américaine s’est établie à 3,4%, tandis que l’inflation sous-jacente est ressortie à 2,5%. Ces chiffres ont réduit la crainte d’une nouvelle hausse des taux et ont entraîné une baisse des rendements obligataires. L’or a brièvement reculé après la publication, avant de rebondir rapidement jusqu’à environ 4 440 dollars : cette réaction montre que le marché a surtout retenu l’assouplissement des anticipations monétaires.
L’emploi reste le déclencheur
Cette réaction s’inscrit dans le prolongement du rapport sur l’emploi américain publié la semaine précédente, qui avait fait apparaître une baisse inattendue des créations de postes et d’importantes révisions des chiffres antérieurs. L’inflation modérée et le ralentissement du marché du travail ont progressivement réduit la probabilité d’une hausse de taux en septembre, désormais évaluée à environ une chance sur trois, contre près de 50% auparavant. Pour l’or, ce changement est essentiel : des taux moins élevés réduisent le rendement relatif du dollar et rendent plus attractive la détention d’un actif qui ne verse pas de coupon.
Une consommation américaine moins dynamique
Les données publiées en fin de semaine ont renforcé ce scénario. Les ventes au détail américaines de juillet ont reculé de 0,6%, alors que le consensus attendait une légère hausse, tandis que l’indice de confiance des ménages de l’université du Michigan est tombé à 51,0 contre 55,2 en juillet. Ces indicateurs suggèrent que le consommateur américain commence à ralentir. Ils ont pesé sur le dollar et les rendements, fournissant un nouveau soutien à l’or, même si la remontée des anticipations d’inflation à un an, à 4,3%, impose de rester prudent.
Le dollar favorise l’or en euros
L’euro a atteint environ 1,16 dollar, son plus haut niveau depuis deux mois. Cette appréciation reflète la divergence croissante entre les politiques monétaires : les marchés réduisent leurs paris sur une hausse des taux de la Fed, tout en évaluant à près de 84% la probabilité d’un relèvement de 25 points de base par la BCE en septembre. En principe, un euro plus fort limite la hausse de l’or en monnaie unique. Mais la progression du métal en dollars a été suffisamment forte pour compenser cet effet de change, ce qui explique la hausse simultanée des deux cotations.
Géopolitique et pétrole
Les tensions au Moyen-Orient ont continué de soutenir la demande de protection, avec de nouvelles frappes israéliennes au Liban et la préparation de sanctions américaines supplémentaires contre l’Iran. Dans le même temps, le passage discret de millions de barils par le détroit d’Ormuz a contenu les prix du pétrole et limité les craintes inflationnistes. Cette situation a produit un double effet favorable à l’or : le risque géopolitique entretient la demande défensive, tandis que le pétrole relativement contenu empêche une remontée trop forte des anticipations de taux.
Actions, IA et diversification
La hausse des actions n’a pas empêché celle de l’or. La corrélation entre les deux marchés a récemment atteint un niveau exceptionnel, autour de 0,74 sur 90 jours, les investisseurs achetant simultanément les actions technologiques et le métal précieux. Les interrogations sur le financement de la « bulle de l’IA », les déficits américains et la soutenabilité de la dette encouragent en effet une diversification vers des actifs non libellés en dollar.
Chine, Inde et flux financiers
La demande chinoise et les flux entrants dans les ETF restent des soutiens importants. Les achats institutionnels chinois confortent l’idée d’une demande stratégique, tandis que les ETF ramènent des capitaux vers le marché financier de l’or. En Inde, les prix élevés et la volatilité freinent davantage les achats de détail, mais les investisseurs asiatiques continuent de constituer un socle lors des replis. Les banques centrales, elles, semblent ralentir leurs achats, sans remettre en cause la tendance de diversification des réserves.
COMEX moins actif
Les volumes sur le COMEX se sont nettement tassés par rapport aux deux semaines précédentes. Après les pics de plus de 30 millions d’onces enregistrés fin juillet et le regain d’activité de début août, les échanges sont revenus à des niveaux plus modérés, malgré quelques séances encore soutenues. Ce reflux suggère, là encore, que le marché entre dans une phase de consolidation : les positions ont déjà été largement réajustées, et les investisseurs attendent désormais le compte rendu du FOMC ainsi que l’intervention de Kevin Warsh à Jackson Hole.
En bref…
L’or reste solidement installé à des niveaux élevés, porté par la faiblesse du dollar, le recul des anticipations de hausse des taux américains, la demande chinoise et les incertitudes géopolitiques. La hausse ralentit, mais les replis demeurent contenus : le prochain test viendra de l’inflation, de la Fed et de la capacité du métal à franchir durablement les 4 400 dollars.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



