Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 10/08/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 199 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,5 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 55.2
  • Valeur du Dow Jones : 53928 ↗︎
  • Valeur du S&P 500 : 7764 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 10/08/2026)

  • Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,9 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 % ↗︎
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.9
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 6545 ↗︎
  • EUR/USD : 1,155 ↗︎ 

 

Des marchés en nette hausse

La semaine du 4 au 10 août s’est ouverte dans un climat plus favorable aux actifs risqués. Le S&P 500, le Dow Jones et l’Euro Stoxx 50 ont tous fortement progressé par rapport à la semaine précédente, soutenus par le reflux du pétrole, l’amélioration des perspectives diplomatiques au Moyen-Orient et des résultats d’entreprises globalement rassurants. Le contraste est important : les actions ont profité de la détente géopolitique, tandis que l’or a simultanément bénéficié de la baisse du dollar et du recul des anticipations de resserrement monétaire.


Évolution du cours de l’or

Un rebond spectaculaire

Le cours de l’or est passé d’environ 3 520 euros l’once le lundi 3 août à plus de 3 760 euros le vendredi 7, avant d’atteindre près de 3 773 euros en séance le lundi 10. En dollars, l’once a progressé jusqu’à environ 4 326 dollars, après avoir franchi un sommet de sept semaines. La hausse hebdomadaire dépasse ainsi 7% en euros et avoisine 8% en dollars, ce qui confirme que le repli de la semaine précédente ressemblait davantage à une phase d’accumulation et de prise d’élan qu’à un véritable retournement baissier.

cours de l'or hebdo arrêtés au 10 août 2026

Analyse technique : une rupture

Graphiquement, le métal a commencé par se stabiliser au-dessus de 3 500 euros, avant d’accélérer au-dessus de 3 600 puis de 3 700 euros. Cette succession de seuils franchis a déclenché des rachats de positions vendeuses et attiré de nouveaux acheteurs, dans un marché où la tendance mensuelle s’est redressée très rapidement. Le repli observé après le week-end n’a pas remis en cause le mouvement : le rebond vers 3 773 euros montre que les acheteurs ont conservé la main, même si la vitesse de la hausse appelle désormais une consolidation.

Le choc de l’emploi américain

L’accélération décisive est venue des États-Unis. Les créations d’emplois non agricoles ont reculé de 23 000 en juillet, alors que les économistes attendaient une hausse d’environ 80 000 postes ; les chiffres des mois précédents ont également été révisés à la baisse. Cette dégradation inattendue du marché du travail a réduit les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Fed en septembre, fait reculer les rendements obligataires et affaibli le dollar. Or l’or, qui ne verse pas de rendement, profite directement lorsque le coût d’opportunité de sa détention diminue.

La Fed moins menaçante

La publication de l’emploi a ainsi éclipsé, au moins temporairement, le ton ferme adopté par la Fed lors de sa dernière réunion. Les marchés ont commencé à privilégier l’hypothèse d’une pause prolongée, voire d’un retour progressif à l’assouplissement monétaire en 2027 si l’inflation se modère. La perspective d’une politique moins restrictive a favorisé l’or, mais la prudence reste nécessaire : les chiffres américains de l’inflation, notamment l’indice des prix à la consommation attendu cette semaine, pourraient rapidement modifier les anticipations de taux.

Le dollar, moteur essentiel

La faiblesse du billet vert a amplifié la hausse. L’euro s’est maintenu au-dessus de 1,15 dollar, autour de 1,153-1,155, proche de son plus haut niveau depuis plusieurs semaines. Cette évolution rend mécaniquement l’or moins cher pour les investisseurs utilisant d’autres devises et soutient sa cotation en dollars ; en euros, elle a toutefois limité une partie de la progression. UBS estime que les déficits budgétaires et extérieurs américains ainsi que la forte exposition internationale aux actifs en dollars pourraient continuer à peser sur le billet vert à moyen terme.

Moyen-Orient et énergie

L’apaisement relatif entre Washington et Téhéran a joué un rôle paradoxal. Les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz ont fait baisser les cours du pétrole et du gaz, réduisant les craintes d’une nouvelle poussée inflationniste. Cette désinflation énergétique a diminué la probabilité d’un resserrement de la Fed, ce qui a soutenu l’or davantage que la seule fonction de valeur refuge. Le risque géopolitique n’a toutefois pas disparu : l’accord de navigation avec Oman semblait proche, mais les flux maritimes n’étaient pas encore totalement rétablis.

Chine, ETF et banques centrales

Les achats institutionnels chinois signalés par UBS ont apporté un soutien supplémentaire, tandis que les flux entrants dans les ETF ont renforcé la demande financière. La Chine a aussi accéléré ses achats officiels d’or en juillet, pour un cinquième mois consécutif, avec la plus forte augmentation de ses réserves depuis octobre 2023. En Inde, la demande physique reste plus sensible aux prix élevés et à la volatilité, mais l’Asie continue de fournir un socle d’acheteurs sur les replis.

COMEX toujours soutenu

D’ailleurs, les volumes de contrats à terme sur le COMEX sont restés élevés, surtout dans la seconde partie de la semaine, accompagnant l’accélération du cours. Ce regain d’activité traduit à la fois des rachats de positions vendeuses, des couvertures institutionnelles et l’arrivée de nouveaux acheteurs après le franchissement des résistances. Le marché est donc devenu plus haussier, mais aussi plus vulnérable aux mouvements de dégagement après une progression supérieure à 7% en quelques séances.

Volumes négociés - COMEX

Une hausse encore fragile

Il est important de mettre un peu de pondération devant tant d’enthousiasme sur le marché de l’or ces derniers jours. Certes, UBS vise désormais 5 000 dollars l’once au premier semestre 2027, estimant que les phases de faiblesse autour de 4 000 dollars pourraient constituer des points d’entrée stratégiques. Mais attention, cette prévision repose sur un dollar plus faible, des taux réels moins élevés, la diversification des réserves et les achats institutionnels. Elle ne supprime pas les risques immédiats : une inflation américaine supérieure aux attentes, un rebond des rendements ou une nouvelle envolée du pétrole qui pourrait provoquer des prises de bénéfices rapides.

En bref…

En une semaine, l’or a bondi de plus de 7%, passant de 3 520 à près de 3 770 euros l’once, porté par un dollar affaibli, un choc sur l’emploi américain qui a réduit les anticipations de hausse des taux et des achats renforcés en Chine et via les ETF. Ce mouvement marque une véritable rupture avec la baisse de fin juillet, mais il reste suspendu aux prochains chiffres d’inflation, qui diront si ce rallye a encore du carburant ou si une phase de consolidation s’impose.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.