Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 28/09/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 4 %
  • 197 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48.1 ↗︎
  • Valeur du Dow Jones : 51492 ↘︎
  • Valeur du S&P 500 : 7685 ↘︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 28/09/2026)

  • Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.65 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,2 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,4 %
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -16.5 ↘︎
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 6319 ↘︎
  • EUR/USD : 1,136  ↘︎ 

 

Des marchés de nouveau sous pression

La semaine du 22 au 28 septembre a été marquée par un climat financier plus tendu. Aux États-Unis, les indices ont reculé sous l’effet de la remontée des rendements obligataires et des anticipations de nouvelles hausses de taux. En Europe, les places boursières ont mieux résisté en fin de semaine grâce au repli ponctuel du pétrole, mais les inquiétudes liées à l’énergie, à l’inflation et au ralentissement de la consommation ont limité le rebond. Le contraste entre actions fragiles et obligations massivement vendues a créé un environnement particulièrement défavorable à l’or.

 


Évolution du cours de l’or

Un décrochage de près de 6%

Après avoir semblé se stabiliser autour de 3 750 à 3 800 euros, l’or a brutalement décroché. En euros, l’once a terminé autour de 3 620 euros, en baisse de 4,4% sur la semaine ; en dollars, elle a chuté vers 4 118 dollars, soit un recul de 5,9%. Le métal est désormais très loin des 4 000 euros atteints brièvement le 25 août et a perdu environ 10% en un mois. On ne peut plus vraiment parler de simple mouvement de consolidation, car là, la baisse est devenue une véritable tendance qui s’installe.

cours de l'or hebdo arrêtés au 28 septembre 2026

Analyse technique : les supports cèdent

La cassure de 3 700 euros puis de 3 650 euros a dégradé la configuration graphique. En dollars, le passage sous 4 200 dollars a également déclenché des ventes techniques et des sorties de positions longues. Le cours a d’abord tenté de résister autour de 3 750 euros, avant de perdre progressivement ce support. Les zones suivantes se situent autour de 3 600 euros et 4 100 dollars. Pour inverser le mouvement, l’or devrait au minimum reconquérir 3 750 euros et 4 300 dollars, puis s’y maintenir plusieurs séances.

Le pétrole ravive l’inflation

Le premier facteur de pression est venu du pétrole. Le Brent a bondi vers 107 dollars le baril après le rejet par Donald Trump d’une proposition iranienne visant à résoudre le conflit et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette hausse a ravivé les craintes d’une inflation persistante et renforcé les anticipations de taux élevés pendant une période prolongée. Le paradoxe est désormais bien établi : les tensions géopolitiques soutiennent le risque refuge, mais la hausse de l’énergie pèse davantage sur l’or lorsqu’elle conduit les investisseurs à anticiper une Fed plus restrictive.

La reprise des expéditions via l’oléoduc Est-Ouest saoudien a réduit une partie des inquiétudes sur l’offre, avec environ 3,5 millions de barils par jour de capacité rétablie. Des discussions indirectes entre Washington et Téhéran pourraient aussi permettre une réouverture progressive d’Ormuz. Mais les négociations restent fragiles et les précédentes annonces d’apaisement n’ont pas abouti. Tant que le pétrole reste au-dessus de 100 dollars, la menace inflationniste demeure un facteur de pression sur l’or.

Rendements américains au plus haut

La vente massive d’obligations américaines a constitué le deuxième grand choc. Le rendement du Treasury à dix ans a dépassé 5,2%, son niveau le plus élevé depuis 2007, tandis que le taux à trente ans a atteint environ 5,5%, un sommet depuis 2004. Le rendement réel du dix ans indexé sur l’inflation a lui aussi atteint un niveau inédit depuis novembre 2008. Pour l’or, qui ne verse ni coupon ni dividende, cette hausse du rendement réel accroît fortement le coût d’opportunité de la détention.

Le dollar gagne du terrain

La remontée des rendements a soutenu le dollar, qui a atteint un sommet de plusieurs mois. L’euro est repassé sous 1,14 dollar, puis s’est approché de 1,135 lundi 28 septembre, son niveau le plus bas depuis juin. Ce mouvement de change a aggravé la baisse de l’or en dollars et n’a pas suffi à protéger les investisseurs européens : le métal a également reculé en euros, malgré la conversion plus favorable d’un dollar renforcé. La demande de billet vert comme valeur refuge a ainsi concurrencé directement celle de l’or.

Une Fed toujours restrictive

Les marchés évaluent désormais à environ 67-70% la probabilité d’une nouvelle hausse des taux dès octobre, après le relèvement de septembre. Les déclarations de Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, ont renforcé cette perception : elle a prévenu qu’une inflation durable pouvait finir par être considérée comme normale et que la banque centrale ne pouvait l’accepter. L’attention se tourne maintenant vers le PCE et le rapport sur l’emploi, qui pourront confirmer ou infirmer le scénario d’un nouveau resserrement.

Il faut bien comprendre que les récents indicateurs américains meilleurs que prévu ont donné davantage de marge à la Fed. La résistance de l’emploi et la vigueur de certains secteurs de l’économie ont fait passer au second plan le ralentissement de la croissance. La publication prochaine de l’indice PCE et des créations d’emplois non agricoles sera donc déterminante. Une nouvelle surprise à la hausse pourrait pousser l’or vers 4 000 dollars ou moins ; à l’inverse, des chiffres décevants pourraient déclencher un rebond rapide par rachats de positions vendeuses.

Une demande toujours présente mais insuffisante

Les achats chinois et la demande physique asiatique offrent toujours un socle au marché, mais ils ne suffisent plus à compenser les ventes financières occidentales. En Inde, les prix élevés et la volatilité freinent les achats de bijoux et les importations. 

Quant aux volumes du COMEX, ils sont restés compris entre 16 et 21 millions d’onces par jour, proches de ceux de la semaine précédente. Cette stabilité indique que la baisse s’est produite dans un marché actif mais sans nouvel accès de panique comparable aux records de fin août. Les contrats à terme ont néanmoins accompagné la rupture des supports et amplifié les prises de bénéfices. Une remontée des volumes avec un retour au-dessus de 4 200 dollars constituerait un premier signe de stabilisation.

Volumes négociés - COMEX

En bref…

L’or a perdu près de 6% en dollars et 4,5% en euros, pénalisé par le dollar fort, les rendements réels élevés et la perspective d’une nouvelle hausse de la Fed. Il est maintenant clair que tant que le dollar et les taux resteront élevés (et accessoirement le pétrole), le métal demeurera sous pression.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.