Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 14/09/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 206 000 inscriptions hebdomadaires au chômage =
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 47.8 ↘︎
- Valeur du Dow Jones : 52520 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7632 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 14/09/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.65 % ↗︎
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,3 %↗︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,4 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.5
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6283 ↘︎
- EUR/USD : 1,155 ↘︎
Les marchés continuent à se replier
La semaine du 8 au 14 septembre s’est déroulée dans un environnement moins favorable aux actifs risqués. Même si Wall Street avait terminé vendredi sur un rebond, le S&P 500 et le Dow Jones ont globalement reculé sur la période, tandis que le Nasdaq restait vulnérable aux inquiétudes liées aux valorisations de l’intelligence artificielle. En Europe, le STOXX 50 a perdu environ 1% et le STOXX 600 1,6%, pénalisés par la remontée des rendements, les tensions énergétiques et le relèvement des taux de la BCE. Le lundi 14, le mouvement baissier s’est accentué, avec un Euro Stoxx 50 en baisse de 1,1%.
Évolution du cours de l’or
Une troisième baisse hebdomadaire
L’or a poursuivi son repli, enchaînant une troisième baisse hebdomadaire consécutive. En dollars, l’once a terminé autour de 4 338 dollars, soit une baisse d’environ 1,6% sur la semaine ; en euros, elle a clôturé près de 3 719 euros, en recul de 1,8%. Le mouvement a été particulièrement heurté : après une première phase de faiblesse, un plongeon autour du 10 et du 11 septembre, puis un rebond de près de 100 dollars, le métal est retombé lundi 14 sous 4 300 dollars. Au final, l’or est de nouveau sur une tendance mensuelle baissière, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le début août.
Analyse technique : support fragilisé
Le graphique montre une rupture de la tendance haussière qui avait porté l’or vers ses records d’août. En dollars, le passage sous 4 300 dollars constitue un signal négatif, tandis qu’en euros la zone des 3 700 euros devient le principal support à surveiller. Le rebond observé le 11 septembre n’a pas suffi à rétablir la dynamique : il a surtout ressemblé à une réaction technique après une baisse trop rapide. Tant que l’or ne reconquiert pas durablement 4 400 dollars et 3 800 euros, le risque d’une poursuite de la correction reste présent.
La BCE relève ses taux
Le 10 septembre, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de dépôt est passé de 2,25% à 2,50%, le taux de refinancement à 2,65% et le taux de prêt marginal à 2,90%, avec application à partir du 16 septembre. Cette décision, largement attendue, a confirmé que l’inflation énergétique poussait la BCE à maintenir une politique restrictive. Le relèvement a pesé sur l’or en euros, car il a renforcé les rendements européens et les anticipations de nouvelles hausses.
Les prix américains entretiennent la pression
Aux États-Unis, l’inflation globale est restée stable à 3,4% en août, conformément aux attentes, mais la hausse mensuelle de l’IPC a atteint 0,4%, sa plus forte progression depuis trois mois. L’inflation sous-jacente a accéléré à 0,3% sur un mois, au-dessus des 0,2% anticipés, même si son rythme annuel a reculé à 2,4%, son plus bas niveau depuis mars 2021. Les prix à la production ont également progressé, sous l’effet de l’énergie. Le marché a donc retenu la persistance des tensions à court terme plutôt que le ralentissement annuel de l’inflation
La Fed se rapproche d’une hausse
Ces données ont renforcé les anticipations d’un relèvement de 25 points de base par la Fed lors de sa réunion des 15 et 16 septembre. La probabilité implicite est montée vers 86%, contre environ 70% auparavant. Cette perspective a soutenu le dollar et les rendements obligataires, deux facteurs généralement défavorables à l’or. Elle explique la faiblesse du début de semaine, même si les investisseurs avaient déjà largement intégré le scénario avant la décision officielle.
Le rebond du 11 septembre
La réaction de vendredi a toutefois montré que le marché n’était pas uniformément baissier. Après avoir approché 4 300 dollars, l’or a bondi vers 4 394 dollars, réduisant sa perte hebdomadaire. Les rendements à long terme ont reculé après avoir atteint des sommets pluriannuels, notamment un taux réel à 30 ans supérieur à 3%. Cette détente a favorisé les rachats de positions vendeuses et les achats techniques. Elle rappelle aussi que l’or peut désormais résister partiellement à la hausse des taux réels, soutenu par les risques budgétaires et géopolitiques.
Pétrole et tensions au Moyen-Orient
La remontée du pétrole a cependant repris le dessus lundi 14 septembre. Le Brent s’est rapproché de son plus haut niveau annuel, les affrontements entre les États-Unis et l’Iran perturbant les flux de pétroliers dans la région. Cette hausse nourrit les craintes d’une inflation importée et rend les marchés plus favorables à une politique monétaire restrictive. L’or aurait pu bénéficier du risque géopolitique, mais les investisseurs ont surtout retenu le risque de taux : dans cette configuration, le pétrole devient un frein plutôt qu’un soutien direct.
Euro et prix en monnaie unique
Même s’il est désormais à 1,55 dollar, l’euro est resté proche de 1,16 toute la semaine passée, malgré le soutien théorique apporté par la hausse des taux de la BCE. Pour un investisseur européen, cette stabilité a limité les effets de la baisse du métal en dollars, sans toutefois l’annuler. Le prix de l’or en euros dépend en effet de deux variables : la cotation internationale en dollars et le taux de change. La faiblesse du dollar aurait pu amortir le recul, mais elle n’a pas compensé la baisse du métal américain.
Chine et demande asiatique
La demande chinoise continue de fournir un socle structurel. Pékin poursuit ses achats officiels d’or, tandis que la demande asiatique reste attentive aux replis. En revanche, les prix élevés et la volatilité continuent de freiner les achats de bijoux en Inde. Ces flux physiques limitent le risque d’un effondrement, mais ils ne suffisent pas à contrer les arbitrages des investisseurs occidentaux lorsque les anticipations de taux se durcissent.
COMEX stable
Les volumes du COMEX sont restés proches de ceux de la semaine précédente, avec une activité moyenne autour de 21 millions d’onces par séance. Ils ont accompagné les mouvements rapides du 10 et du 11 septembre sans retrouver les pics de fin août. Cette stabilité indique un marché toujours très actif, mais davantage en phase d’ajustement que de véritable panique. Le prochain mouvement important dépendra probablement de la décision de la Fed et de son discours sur la trajectoire des taux.
En bref…
L’or reste sous pression, pris entre inflation énergétique, taux plus élevés et dollar soutenu. Le rebond du 11 septembre a limité les pertes, mais le passage sous 4 300 dollars fragilise la tendance et place la décision de la Fed au centre des prochains arbitrages.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


