Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 31/08/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 203 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 51
- Valeur du Dow Jones : 53194 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7690 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 31/08/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,9 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.5
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6492 ↗︎
- EUR/USD : 1,159 ↘︎
Des marchés actions mieux orientés
La semaine du 25 au 31 août s’est déroulée sur des marchés actions plus solides que la précédente. Les places européennes ont nettement rebondi vendredi : l’Euro Stoxx 50 a gagné environ 1%, à 6 492 points, tandis que le STOXX Europe 600 a progressé de 0,6%, soutenu par les constructeurs automobiles, le luxe et les banques. À Wall Street, la semaine s’est terminée plus difficilement : le S&P 500 a reculé de 0,2%, le Nasdaq de 0,7% et le Dow Jones a légèrement baissé, les valeurs de semi-conducteurs ayant effacé une partie de leurs gains après les résultats de Nvidia. Néanmoins, le S&P 500 s’est légèrement repris à l’ouverture des marchés lundi matin.
Évolution du cours de l’or
Une semaine en deux temps
L’or a évolué entre 3 950 et 4 000 euros l’once pendant la majeure partie de la semaine, avec un sommet à 4 021 euros le 25 août. Mais le mouvement s’est brutalement inversé vendredi 28 août, lorsque l’once est tombée vers 3 845 euros, soit environ 4 560 dollars, son plus bas niveau depuis une dizaine de jours. Elle a encore reculé lundi 31 août, sous 3 830 euros. En dollars, le métal a abandonné près de 3% vendredi, malgré une progression mensuelle qui reste supérieure à 10%.
Analyse technique : une correction
On va dire les mots : c’est une belle correction. Graphiquement, la baisse a ramené l’or sous les seuils de 3 900 euros et de 4 600 dollars, qui constituaient des supports de court terme après le puissant rallye d’août. Le franchissement de ces niveaux à la baisse traduit une prise de bénéfices, mais aussi une réévaluation des anticipations de taux. Alors oui, la tendance mensuelle demeure orientée à la hausse, comme le montre la ligne de tendance ascendante, mais la cassure de vendredi fragilise la dynamique immédiate. Le marché doit désormais défendre la zone des 3 800 euros, tandis qu’en dollars le seuil des 4 500 dollars devient déterminant.
Inflation américaine plus résistante
Malgré la stabilité relative du cours sur la semaine écoulée, un premier avertissement était quand venu titiller le métal précieux mercredi 26 août. On se souvient que l’indice PCE, privilégié par la Fed, a progressé de 3,7% sur un an en juillet, contre 3,6% attendu. L’inflation sous-jacente a augmenté de 0,2% sur un mois et de 3,3% sur un an, conformément aux prévisions, mais ces chiffres ont suffi à ranimer les paris sur une hausse des taux en septembre. Le dollar et les rendements obligataires ont alors rebondi, entraînant une baisse de l’or vers 4 593 dollars.
Une croissance faible, mais inflationniste
La deuxième estimation du PIB américain a confirmé une croissance annualisée de seulement 1,5% au deuxième trimestre, son rythme réel le plus faible pour un deuxième trimestre depuis quatre ans. Mais le déflateur du PIB a été révisé à 6,4%, ce qui souligne la persistance des tensions sur les prix. Le signal envoyé aux marchés est donc contradictoire : l’activité ralentit, mais l’inflation reste suffisamment élevée pour empêcher la Fed de relâcher rapidement sa politique. Forcément, cette combinaison est défavorable à l’or puisque les investisseurs privilégient les taux et le dollar.
Le choc Warsh
Mais le vrai décrochage est survenu vendredi lors du symposium de Jackson Hole. Kevin Warsh a alors déclaré que l’inflation sous-jacente ne ralentissait pas de manière significative et que la Fed avait encore du travail à accomplir si les pressions sur les prix ne se modéraient pas. Il a réaffirmé que l’objectif de 2% était « ferme et fixe » et estimé que les conditions financières n’étaient pas suffisamment restrictives. Les marchés ont alors porté à près de 50% la probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre environ 40% auparavant.
Dollar et euro divergents
Ces propos ont provoqué un mouvement de retour vers le dollar. Et l’euro, qui flirtait avec 1,17 dollar le 24 août, est donc retombé autour de 1,158 dollar le 28 août. Alors normalement, cette baisse aurait dû avoir tendance à soutenir le prix de l’or en euros, puisque chaque dollar vaut davantage en monnaie unique. Mais la chute de l’or en dollars a été beaucoup plus forte que l’effet de change : le cours européen a donc lui aussi décroché. La fermeté de la Fed a ainsi dominé le soutien mécanique apporté par l’euro plus faible. Pas de chance…
Europe : inflation et BCE
Surtout qu’en Zone euro également, tout n’est pas rose. Les statistiques européennes ont en effet parallèlement renforcé les anticipations d’un resserrement de la BCE. L’inflation harmonisée a atteint 2,7% en France et 4,5% en Espagne, son plus haut niveau depuis 2023. Les marchés intègrent donc désormais un taux de dépôt proche de 2,80% d’ici mars prochain et évaluent à environ 60% la probabilité d’un passage à 3%. Certes, cette perspective a soutenu l’euro avant le discours de Warsh, mais elle a aussi contribué à maintenir les rendements européens à des niveaux élevés… ce qui limite toujours l’attrait de l’or !
Iran et détroit d’Ormuz
De son côté, la géopolitique a accentué la volatilité. L’armée américaine a visé des lanceurs iraniens qui s’apprêtaient à poser des mines dans le détroit d’Ormuz, première attaque de ce type depuis plus d’un mois. Le pétrole est alors remonté au-dessus de 85 dollars le baril, ravivant les craintes d’inflation et de perturbation des approvisionnements. Comme on commence à en avoir l’habitude depuis plusieurs mois, cette tension n’a pas soutenu le cours de l’or : au contraire, les investisseurs ont davantage retenu son effet potentiel sur les taux que l’intérêt de se réfugier vers l’or.
Chine et Inde
Quelques mots sur la demande asiatique, qui a fourni un soutien de fond sans empêcher la correction. En Chine, les achats institutionnels et la diversification des réserves continuent à rester favorables au métal. En Inde, les prix élevés peuvent toutefois freiner les achats physiques et la joaillerie. Cette demande constitue un plancher, mais le marché financier de l’or reste dominé par les décisions de la Fed, l’évolution du dollar et les rendements américains.
COMEX : volumes records
Enfin, les volumes du COMEX sont restés moyens jusqu’au 28 août, avant de bondir à près de 33 millions d’onces échangées, un record depuis mars 2026. Cette explosion accompagne la chute du métal et traduit probablement un repositionnement massif : prises de bénéfices, déclenchement d’ordres stop et couverture contre le risque de hausse des taux. On peut donc tenter de se rassurer en se disant que, finalement, le décrochage de ces derniers jours est aussi un peu un phénomène technique amplifié par les contrats à terme.
En bref…
Après deux semaines de forte hausse, l’or a subi une correction brutale sous l’effet du discours hawkish de Kevin Warsh, du rebond du dollar et de la remontée des anticipations de taux. La tendance mensuelle reste positive, mais le marché doit désormais défendre les 3 800 euros pour éviter une correction plus profonde.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


