Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 24/08/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 206 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 51
- Valeur du Dow Jones : 53320 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7650 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 24/08/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,9 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.5 ↗︎
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6449 ↘︎
- EUR/USD : 1,167 ↗︎
Des marchés actions en retrait
La semaine du 18 au 24 août s’est déroulée dans un climat moins favorable aux actions. Le S&P 500, le Dow Jones et l’Euro Stoxx 50 ont perdu du terrain assez nettement par rapport à la semaine précédente, les investisseurs s’inquiétant de la hausse des rendements obligataires, des valorisations élevées et des incertitudes liées aux politiques américaine et monétaire.
Évolution du cours de l’or
Ce recul des marchés a contribué à renforcer l’intérêt pour l’or, même si le métal n’a pas seulement progressé comme valeur refuge : il a surtout bénéficié d’un dollar affaibli et de nouvelles craintes sur la soutenabilité de la dette américaine.
Une envolée vers 4 000 euros
L’or a nettement accéléré cette semaine. Après un léger repli en début de période, l’once a bondi de près de 100 dollars mercredi 19 août, avant de franchir 4 600 dollars vendredi et d’atteindre plus de 4 650 dollars lundi 24 août. En euros, la progression a porté le cours vers 3 990 euros (et même 3998,82 euros le 24 août à 13h45 !), à quelques unités seulement du seuil symbolique de 4 000 euros. Sur une semaine, le gain atteint environ 4,7% dans les deux principales devises, tandis que le métal affiche désormais une hausse mensuelle très marquée.
Une rupture technique confirmée
Sur le plan graphique, le franchissement de 4 600 dollars constitue un signal important. L’or a dépassé plusieurs résistances successives et s’est installé au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui renforce le scénario d’un retournement haussier de moyen terme. En euros, la zone des 3 900 euros a également été dépassée, ouvrant la voie à un test direct des 4 000 euros, frôlés de peu le lundi 24 avec 3998,82 euros. Toutefois, les indicateurs restent tendus et l’embellie tient à peu de choses : après une telle accélération, une consolidation ou un retour vers 4 500 dollars et 3 850 euros ne serait pas anormal.
Le choc des rachats du Trésor
Le véritable déclencheur de la semaine a été l’annonce, mercredi 19 août, par le Trésor américain, du doublement de ses rachats de dette à long terme. Le plafond des opérations destinées à soutenir la liquidité des obligations à 10-30 ans doit passer à au moins 4 milliards de dollars par opération, contre 2 milliards auparavant. Cette décision a immédiatement fait baisser les rendements obligataires : le taux à 30 ans, qui avait atteint 5,31%, a reculé vers 5,19%. L’or a alors gagné environ 100 dollars en seulement 45 minutes.
La dette inquiète davantage
Mais en réalité, ce ne sont pas ces rachats en eux-mêmes qui inquiètent. Car, finalement, il ne constituent pas un assouplissement quantitatif de la Fed et ne réduisent pas la dette américaine. Mais leur portée symbolique a été considérable : les investisseurs y ont vu la volonté de Washington de contenir la hausse du coût de ses emprunts. Cette intervention a ravivé les craintes d’une forme de « dépréciation » du dollar, dans un contexte où la dette publique américaine approche 40 000 milliards de dollars. L’or a ainsi profité d’un double mécanisme : la baisse initiale des rendements a réduit le coût de détention du métal, tandis que les inquiétudes budgétaires ont renforcé la demande d’actifs tangibles.
Le dollar sous pression
De son côté, le billet vert a donc poursuivi son recul face à l’euro, qui a atteint environ 1,167 dollar. Cette faiblesse a directement soutenu l’or coté en dollars et a contribué à son appréciation en euros, malgré l’effet normalement modérateur d’un euro plus fort. UBS estime d’ailleurs que les déficits budgétaires et extérieurs américains, ainsi que la forte concentration des portefeuilles mondiaux en actifs libellés en dollars, pourraient encore alimenter une diversification vers l’or. Le marché paraît donc moins disposé à considérer les obligations américaines et le dollar comme des refuges incontestables.
Fed et données américaines
Côté chiffres, les investisseurs attendent désormais l’indice PCE de juillet, prévu mercredi, puis le discours de Kevin Warsh au symposium de Jackson Hole vendredi. Ces rendez-vous peuvent confirmer ou infirmer le scénario d’un statu quo de la Fed en septembre : les marchés évaluent actuellement à environ 40% la probabilité d’une hausse de taux, contre 60% pour un maintien. Les données récentes, notamment les ventes au détail et certains indicateurs immobiliers mitigés, plaident pour la prudence. Une inflation contenue conforterait l’or ; une surprise à la hausse pourrait provoquer des prises de bénéfices.
Risque iranien et Europe
On ne peut pas non plus passer sous silence ce conflit entre Iran et USA qui empoisonne à la fois nos journaux télévisées et nos perspectives économiques. Les menaces américaines de sanctions « parmi les plus sévères de l’histoire » contre l’Iran entretiennent une prime géopolitique, tandis que le pétrole reste supérieur à 90 dollars. Le risque de nouvelles perturbations énergétiques limite toutefois l’effet désinflationniste recherché par les marchés. Néanmoins, l’euro bénéficie de perspectives monétaires plus fermes en zone euro. Les marchés anticipent une hausse des taux de la BCE en septembre, puis une éventuelle poursuite du resserrement jusqu’en 2027. Cette divergence avec la Fed soutient la monnaie unique.
Chine, Inde et demande structurelle
Restent les éternels piliers asiatiques de la demande, et notamment la demande chinoise ainsi que les achats institutionnels qui continuent d’apporter un soutien de fond, même si les banques centrales semblent ralentir leurs acquisitions. En Inde, les prix élevés peuvent freiner la demande de bijoux et les achats de détail, mais les replis restent susceptibles d’attirer les acheteurs. Les flux vers les ETF et la diversification hors dollar complètent ce socle physique, donnant à la hausse un caractère plus large qu’un simple mouvement spéculatif.
COMEX en forte activité
Enfin, après une petite accalmie la semaine passée, les volumes du COMEX sont repartis nettement à la hausse, avec même certaines séances dépassant 30 millions d’onces échangées. Cette activité accompagne le franchissement des résistances et traduit probablement un mélange de rachats de positions vendeuses, d’ouverture de positions longues et de couvertures contre le risque obligataire. Le marché des futures amplifie ainsi le mouvement du métal, mais il augmente aussi le risque de volatilité à court terme. Tant que les volumes restent élevés et que l’or conserve 4 600 dollars, la tendance demeure constructive. Mais attention, sous ce seuil, une consolidation rapide pourrait s’enclencher !
En bref…
L’or s’approche des 4 000 euros, porté par la faiblesse du dollar, les rachats d’obligations américaines et les inquiétudes budgétaires. La tendance est clairement haussière, mais il faut garder les yeux ouverts : les prochains chiffres d’inflation et le discours de la Fed seront décisifs pour savoir si cette envolée peut se prolonger.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


