À retenir

  • L’or reste proche de 4 400 $, mais les rendements obligataires et le pétrole limitent son potentiel à court terme.
  • Les marchés attendent désormais les minutes de la Fed pour préciser le scénario de septembre.
  • Le blocage d’Ormuz entretient un risque durable pour l’inflation et les métaux précieux.

Or et métaux précieux

L’or spot évolue autour de 4 397 $ l’once, soit 3 802 €. Le métal recule légèrement après avoir enchaîné trois séances de hausse, dans un marché désormais partagé entre des anticipations monétaires plus favorables et la remontée des rendements américains. Le rendement du Treasury à dix ans progresse, ce qui renchérit mécaniquement le coût d’opportunité de la détention d’un actif qui ne verse pas de rendement. 

Le scénario de taux reste pourtant favorable au métal jaune, après les créations d’emplois décevantes de juillet aux États-Unis, une inflation américaine modérée et le recul des ventes au détail. La prochaine pièce du puzzle sera publiée mercredi avec les minutes de la dernière réunion de la banque centrale américaine. 

La perspective d’une Fed plus patiente soutient l’or, mais la hausse des rendements et du pétrole lui impose un plafond à court terme. Les prix de l’énergie alimentent en effet les craintes inflationnistes, ce qui peut à nouveau compliquer la trajectoire des taux.

Techniquement, 4 381 $ constitue désormais le premier niveau de soutien identifié par Reuters. Une cassure ouvrirait la voie vers une zone située entre 4 320 et 4 351 $. À l’inverse, le maintien au-dessus de 4 381 $ préserverait la dynamique récente.

Cours de l’argent : 65 $ l’once, soit 56,50 €.
Le métal recule très légèrement et reste plus volatil que l’or, avec une sensibilité supplémentaire aux perspectives de demande industrielle. 

Cours du platine : 1 755 $ l’once, soit 1 525 €.
Le platine marque également une pause, dans le sillage de l’ensemble des métaux du complexe.

Cours du palladium : 1 310 $ l’once, soit 1 155 €.
Le métal reste proche de ses niveaux récents, sans nouveau catalyseur majeur identifié ce matin.

Géopolitique et économie

Ormuz devient un problème durable
Le marché pétrolier commence à intégrer l’hypothèse d’une crise prolongée dans le détroit d’Ormuz. Les flux restent très perturbés : seulement six navires transportant des matières premières ont traversé le détroit lundi. Aucun très gros transporteur de brut ni méthanier n’a été recensé ces derniers jours.
Reuters estime désormais que le pétrole s’est stabilisé autour de 90 $ le baril, soit environ 50 % de plus qu’au début de l’année. Les perturbations ne sont plus considérées comme nécessairement temporaires; les stocks de carburants sont bas, les capacités de raffinage restent contraintes et les routes alternatives sont elles-mêmes sous pression.

Pour l’or, c’est un facteur à double tranchant : le risque géopolitique soutient la demande de valeur refuge, mais un pétrole durablement élevé peut raviver l’inflation et repousser les baisses de taux.

Le consommateur américain montre des signes de fatigue
Les ventes au détail américaines ont chuté de 0,6 % en juillet, leur première baisse en neuf mois. Les ventes hors automobile, essence, matériaux de construction et restauration ont également reculé de 0,4 %. Le moral des consommateurs mesuré par l’Université du Michigan est parallèlement tombé à 51 points en août, contre 55,2 en juillet.
Ces données alimentent l’idée d’une Fed moins pressée de relever ses taux, mais elles posent aussi une autre question : l’économie américaine perd-elle de la vitesse ?

L’or vénézuélien bloqué à Londres
Le Venezuela veut récupérer environ 31 tonnes d’or, valorisées à plus de 4 milliards de dollars, conservées dans les coffres de la Banque d’Angleterre depuis 2018. Le gouvernement de transition et une partie de l’opposition ont décidé de défendre conjointement cette demande, avec l’objectif d’utiliser ces réserves pour financer la reconstruction après les séismes meurtriers de juin.
Le dossier reste cependant juridiquement et politiquement complexe. Londres a refusé jusqu’ici de libérer ces réserves dans le contexte du conflit sur la représentation légitime du Venezuela. La demande prend aujourd’hui une nouvelle dimension alors que l’inflation vénézuélienne s’est fortement accélérée : elle a atteint 19,9 % en juillet sur un mois et 575,9 % sur un an, selon les données analysées par Reuters. Affaire à suivre.

 

À surveiller

Les minutes de la Fed mercredi : le moindre indice sur le calendrier des taux pourrait provoquer une nouvelle impulsion sur l’or.

Le pétrole autour de 90 $ : une nouvelle poussée pourrait renforcer les anticipations inflationnistes et compliquer le scénario de baisse des taux. 

4 381 $ sur l’or : ce support devient le premier niveau technique à surveiller ; sous ce seuil, la zone 4 320–4 351 $ entre en jeu. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.