À retenir

  • 4 403 $ : l’once d’or gagne 0,4 % ce lundi, portée par un dollar plus faible.
  • 30 % : c’est désormais la probabilité implicite d’une hausse des taux de la Fed en septembre, contre 47 % un mois plus tôt, selon Reuters.
  • 4 500 $ : c’est autour de ce niveau que se situe la moyenne des prévisions 2026 des analystes interrogés par la LBMA. 

Or et métaux précieux

L’or démarre la semaine du bon pied.
L’once spot évolue autour de 4 403 $, soit environ 3 797 €, après un gain de 0,4 % en début de séance.
La mécanique est assez classique : le dollar recule et les statistiques américaines récentes ont refroidi les anticipations de hausse de taux. Le marché estime désormais à seulement 30 % la probabilité d’un relèvement de la Fed en septembre. Pour un actif qui ne verse ni coupon ni dividende, chaque baisse des taux attendus réduit mécaniquement son « coût d’opportunité ».

Le deuxième moteur reste géopolitique. Le pétrole évolue toujours à des niveaux élevés, autour de 89 dollars pour le Brent, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient et de perturbations autour du Golfe. Le pétrole entretient le risque inflationniste, tandis que le ralentissement de la consommation américaine entretient les espoirs d’un assouplissement monétaire. 

Ces deux facteurs peuvent ainsi jouer en faveur de l’or : les tensions géopolitiques renforcent son rôle de valeur refuge, tandis que l’espoir de taux plus bas réduit le coût d’opportunité de sa détention. 

Techniquement, l’or revient tester la zone des 4 400 $, qui constitue un seuil technique important après plusieurs tentatives récentes. Une installation durable au-dessus de cette zone renforcerait le scénario d’un retour vers les sommets récents, autour de 4 450 $, puis potentiellement vers 4 500 $. À l’inverse, un échec sous 4 400 $ remettrait en lumière la zone 4 350-4 360 $, premier support de court terme identifié par plusieurs analyses de marché. 

La tendance de fond reste toutefois difficile à résumer en un simple « hausse » ou « baisse » : l’or a fortement corrigé depuis son sommet de début d’année, avant de reprendre de la hauteur en août. La LBMA table désormais sur un prix moyen de 4 500 $ en 2026, avec une dispersion importante entre analystes. Autrement dit, personne ne prétend avoir une boule de cristal… 

Cours de l’argent : 66 $ l’once, soit environ 57 €.
L’argent métal gagne 1,4 % et profite à la fois du recul du dollar et du regain d’appétit pour les métaux précieux, selon Reuters. Sa volatilité reste supérieure à celle de l’or, avec une composante industrielle plus importante.

Cours du platine : 1 761 $ l’once, soit environ 1 528 €.
Le platine progresse, mais moins vite que le reste des métaux du complexe. Il est moins directement porté que l’or par le changement d’anticipations sur la Fed. 

Cours du palladium : 1 316 $ l’once, soit environ 1 159 €.
Le palladium prolonge son mouvement de reprise ; il bénéficie du regain d’appétit observé sur les marchés asiatiques. 

Géopolitique et économie

La Fed reste le principal interrupteur du marché de l’or
Les ventes au détail américaines ont reculé de 0,6 % en juillet, leur première baisse en neuf mois, tandis que les créations d’emplois restent fragiles. Cette combinaison place Kevin Warsh, l’actuel président de la Fed, face au vieux casse-tête des banques centrales : baisser les taux et risquer de relancer les prix, ou les maintenir élevés et peser davantage sur l’économie. En parallèle de ce casse-tête, Donald Trump continue de faire pression pour obtenir des taux plus bas et a renouvelé sa tentative de limoger la gouverneure Lisa Cook. La Cour suprême avait pourtant bloqué une première tentative en juin. Il s’agit d’un sujet institutionnel américain, mais ses conséquences potentielles sont mondiales : la crédibilité de la politique monétaire américaine influence directement le dollar, les taux et donc l’or. 

L’Asie face à une croissance moins solide
Le PIB japonais n’a progressé que de 1,1 % en rythme annualisé au deuxième trimestre, contre 2 % attendu. En Chine, les marchés attendent les statistiques de juillet alors que la demande intérieure reste un point de fragilité et que les exportations continuent de jouer un rôle majeur. 

En France, le sujet brûlant reste la dette
Le rendement de l’OAT à dix ans a franchi à nouveau les 4 % vendredi, dans un contexte de tension générale sur les marchés obligataires. Reuters estime que les intérêts de la dette française ont atteint 34,5 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 19 % sur un an. Pour l’épargnant français, ce n’est pas seulement une histoire de déficit public : des taux longs durablement élevés renchérissent le financement de l’État et peuvent modifier l’équilibre entre épargne liquide, obligations, immobilier et actifs réels.
Le sondage OpinionWay pour le groupe AuCOFFRE, réalisé en juin auprès de 1 752 Français, montre justement que 77 % considèrent la dette publique comme un risque important pour leur épargne et que 78 % jugent probable une crise économique ou financière majeure dans les cinq prochaines années. Toujours selon ce même sondage, l’or apparaît parallèlement comme un actif de stabilité : 25 % des Français le citent comme le placement qui conserverait le mieux son pouvoir d’achat sur vingt ans. 

L’argent métal retrouve de l’oxygène en Inde
Selon Business Standard, des négociants et banques ont obtenu de nouvelles licences permettant d’importer davantage d’argent, malgré de nouvelles règles administratives. C’est un petit signal, mais il rappelle que la demande asiatique peut devenir un facteur déterminant pour les métaux précieux hors or. 

À surveiller

→ Les minutes de la Fed, attendues le 19 août, pourraient préciser le degré de division du comité et modifier les anticipations de septembre.

→ 4 400-4 450 $ sur l’or : le franchissement ou le rejet de cette zone donnera probablement le prochain signal technique de court terme.

→ Les données chinoises de juillet et les taux japonais : deux indicateurs à surveiller pour mesurer la solidité de la demande asiatique et l’évolution du dollar. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.