À retenir
- 4 341 $ : l’or consolide face à des taux durablement élevés.
- Plus de 1 100 tonnes : les importations chinoises d’or atteignent un record en 2026.
- Sous 100 $ : le Brent recule, mais les routes pétrolières restent sous tension.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 341 dollars l’once mercredi matin, contre 4 346 dollars mardi, soit environ 3 800 euros. Le métal jaune bouge peu, et l’ensemble du complexe des métaux précieux a à peu près le même comportement.
En euros, l’or progresse davantage qu’en dollars. En effet, l’euro s’est affaibli face au billet vert. Comme l’or est coté internationalement en dollars, un euro plus faible renchérit mécaniquement son prix une fois converti en euros. L’or recule donc légèrement en dollar, mais passe de 3 787,70 à environ 3 800 euros l’once.
La Fed a relevé la semaine dernière ses taux de 25 points de base, à 3,75-4 %, et laissé entendre qu’une nouvelle hausse restait possible avant la fin de l’année. Susan Collins, présidente de la Fed de Boston, a indiqué avoir soutenu cette décision. La BCE et la Banque du Japon ont elles aussi récemment relevé leurs taux. Dans le même temps, le dollar reste proche d’un plus haut de deux mois. Autrement dit, trois vents contraires soufflent simultanément sur l’or : dollar ferme, rendements élevés et politique monétaire restrictive
Techniquement, l’or est en phase d’attente.
Autour de 4 340-4 350 dollars, les mouvements restent limités et le marché n’a pas encore choisi de direction. La réaction aux prochaines données d’activité américaines et européennes donnera davantage d’informations sur la capacité du métal à sortir de cette zone.
La Chine importe plus d’or en 8 mois que durant tout 2025
Mais un chiffre nous interpelle derrière cette séance calme : la Chine a déjà importé plus de 1 100 tonnes d’or depuis janvier, un record sur les huit premiers mois de l’année. Les ETF chinois ont également continué d’accumuler du métal et la Banque populaire de Chine a déclaré 20,2 tonnes d’achats en août, son plus gros achat mensuel depuis octobre 2023. Ses réserves officielles atteignent désormais 2 387 tonnes.
Argent : 66,43 $, soit environ 58,25 € l’once
L’argent fait du surplace. À court terme, il reste lui aussi pris entre les tensions géopolitiques et la pression exercée par les taux élevés sur les métaux précieux.
Platine : 1 813 $, soit environ 1 596 € l’once
Le platine gagne environ 1,3 % sur vingt-quatre heures par rapport aux 1 790 dollars relevés mardi, ce qui en fait le mouvement le plus marqué parmi les quatre métaux suivis ce matin.
Palladium : 1 281 $, soit environ 1 142 € l’once
Le palladium est pratiquement stable en dollars par rapport à mardi, à 1 280 dollars, même si sa progression est un peu plus visible une fois convertie en euros.
Géopolitique et économie
Le pétrole repasse sous les 100 dollars
Le Brent est retombé autour de 100 dollars, notamment après le redémarrage partiel de l’oléoduc saoudien Est-Ouest. L’infrastructure peut acheminer environ 4 millions de barils par jour vers Yanbu en contournant le détroit d’Ormuz, mais son retour à pleine capacité pourrait demander six à huit semaines.
Seulement deux navires de matières premières y auraient transité lundi, contre une moyenne d’environ 125 grands navires commerciaux par jour avant l’escalade du conflit. Ces données sont toutefois à prendre avec des pincettes puisque certains bâtiments naviguent sans signal AIS.
Washington et Téhéran : menace militaire et porte diplomatique entrouverte
Donald Trump a durci le ton contre l’Iran à l’Assemblée générale des Nations unies, tout en évoquant la possibilité d’un accord. De son côté, Téhéran a laissé entendre qu’une réouverture du détroit d’Ormuz pourrait faire partie d’une négociation comprenant une réduction de la pression militaire et économique américaine.
En France, le pétrole est au coeur du débat budgétaire
Le gouvernement français a annoncé 450 millions d’euros de nouvelles mesures ciblées face à la hausse des carburants, portant l’ensemble des dispositifs annoncés à environ 1,4 milliard. Le nombre de bénéficiaires de l’aide destinée aux travailleurs modestes utilisant beaucoup leur véhicule doit notamment passer de 3 à 5,5 millions. Le problème est que cette dépense supplémentaire intervient alors que les finances publiques sont déjà sous tension et que le coût de financement de la France a augmenté.
Il faudra donc surveiller la cascade suivante : pétrole → inflation → taux BCE → coût de la dette et activité économique. Les PMI de septembre, des indicateurs qui mesurent chaque mois l’activité des entreprises, permettront justement de voir si le choc énergétique commence à se transmettre plus franchement à l’économie européenne.
À surveiller
→ Les PMI européens et américains
Ils donneront aujourd’hui une première photographie de l’activité de septembre et permettront surtout de mesurer l’impact de la hausse récente de l’énergie sur les entreprises.
→ Le détroit d’Ormuz et l’oléoduc saoudien Est-Ouest
Une amélioration durable des flux pétroliers pourrait continuer à détendre le Brent ; une nouvelle attaque ferait rapidement revenir le risque énergétique au premier plan.
→ La rencontre Trump-Xi
Les discussions préparatoires entre Washington et Pékin ont été décrites comme positives et ont notamment porté sur le commerce et l’intelligence artificielle. La rencontre entre les deux dirigeants prévue cette semaine peut donc devenir un facteur important des marchés.
→ Et bien sûr, la tendance du cours de l’or en réaction à tous ces éléments.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
