À retenir
- 4 346 $ : l’or évolue sans direction claire, pris entre pétrole, dollar et taux américains.
- 101 $ : le Brent maintient la pression sur l’inflation et les banques centrales.
- Or congolais : Amnesty documente un trafic vers le Rwanda depuis des zones contrôlées par le M23.
Or et métaux précieux
Pas de grand mouvement sur le marché de l’or ce mardi matin.
L’once évolue autour de 4 346 dollars, soit environ 3 788 euros, contre 4 360,60 dollars lundi. Le métal jaune reste coincé entre plusieurs forces contraires : le recul récent des rendements obligataires lui donne un peu d’air, mais la perspective de taux américains durablement élevés continue de peser.
Le pétrole reste l’une des principales pièces du puzzle. Le Brent évolue autour de 101 dollars le baril, dans l’attente notamment d’éventuelles avancées diplomatiques entre Washington et Téhéran en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Tant que l’énergie reste chère, les craintes inflationnistes demeurent et renforcent la possibilité d’un nouveau resserrement monétaire américain.
Techniquement, l’or semble surtout chercher une direction après son repli depuis les sommets du mois d’août. La zone des 4 300 dollars constitue désormais un seuil psychologique à surveiller, tandis qu’un retour durable au-dessus de 4 400 dollars signalerait une reprise du mouvement haussier. Pour l’instant, le marché consolide.
Le contexte de demande reste solide, pas de changement majeur sur ce plan.
Les cours de l’argent métal, du platine et du palladium
L’argent évolue autour de 66 dollars, soit 57,61 euros l’once, quasiment stable par rapport à lundi. Le platine se négocie autour de 1 790 dollars, soit 1 568 euros, tandis que le palladium recule légèrement vers 1 280 dollars, soit 1 134 euros.
Géopolitique et économie
La délicate question de la provenance de l’or
Une enquête publiée lundi par Amnesty International documente des exécutions sommaires, actes de torture, détentions arbitraires et travail forcé dans des mines artisanales contrôlées par le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. L’organisation affirme également avoir recueilli des éléments montrant que de l’or provenant de zones contrôlées par le groupe armé est acheminé clandestinement vers le Rwanda. Amnesty estime que l’appropriation de ces minerais pourrait constituer un pillage, qualifié de crime de guerre, et demande aux États et entreprises de suspendre certains achats d’or et de coltan provenant du Rwanda jusqu’à ce que leur origine puisse être établie.
Au-delà du conflit congolais, l’affaire rappelle une réalité assez simple : une once d’or pose la question de sa provenance et de sa traçabilité. Pour lutter contre les pratiques illégales et dangeureuses, tant pour les hommes que pour la nature, Veracash privilégie l’or déjà extrait, recyclé et/ou traçable dans ses processus de production. L’or déjà extrait est largement suffisant, et se recycle très bien sans perdre ses propriétés ni endommager l’environnement.
L’euro met un pied dans la finance tokenisée
L’Eurosystème a officiellement lancé Pontes lundi. Ce dispositif permet de régler des transactions sur des actifs financiers tokenisés directement en monnaie de banque centrale. Obligations, parts de fonds ou autres titres peuvent ainsi circuler sur des infrastructures utilisant des registres distribués tout en conservant un règlement en euros de banque centrale.
Et la BCE ne veut pas regarder le train passer : elle prépare l’acquisition, avec une petite partie de ses fonds propres, de titres tokenisés libellés en euros afin d’acquérir une expérience de terrain de ces nouveaux circuits financiers.
mBridge perd l’Arabie saoudite
Pendant ce temps, l’Arabie saoudite a quitté mBridge, le système de paiements transfrontaliers en monnaies numériques développé autour de la Chine, Hong Kong, la Thaïlande et les Émirats arabes unis. Le retrait remonte en réalité à 2025 mais n’avait pas été rendu public. Riyad indique que cette sortie était prévue ; une source citée par le Financial Times met en garde contre une interprétation géopolitique plus large. Le projet poursuit néanmoins son développement, notamment avec Macao.
On observe donc que, en Europe comme en Asie, la monnaie de banque centrale commence à emprunter de nouveaux rails technologiques, même si les projets et leurs objectifs diffèrent largement.
À surveiller
→ Le prix du pétrole
Autour de 100 dollars, le Brent reste un indicateur déterminant pour les anticipations d’inflation et donc de taux. La BCE estime désormais que le choc énergétique pourrait durer plus longtemps qu’anticipé et voit l’inflation revenir vers sa cible à partir de mi-2027.
→ La Fed
Les prochaines prises de parole de ses responsables seront scrutées après la hausse de taux de septembre. Alberto Musalem, président de la Fed de Saint-Louis, estime que de nouvelles hausses seront probablement nécessaires.
→ L’ONU et les tensions énergétiques
L’Assemblée générale réunit cette semaine les dirigeants mondiaux alors que les conflits en Iran et en Ukraine restent au cœur des discussions. Emmanuel Macron et Donald Trump ont notamment discuté d’un possible moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques entre la Russie et l’Ukraine.
→ Et bien sûr, la tendance du cours de l’or en réaction à tous ces éléments…
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
