À retenir

  • 4 295 $ : l’or recule de près de 0,8 % en vingt-quatre heures.
  • 3,75-4 % : la Fed relève ses taux et envisage une nouvelle hausse cette année.
  • 105 $ : le Brent reflue, mais sans perspective d’accalmie de la crise énergétique. 

Or et métaux précieux

L’or évolue autour de 4 295 dollars l’once jeudi matin, contre 4 328,50 dollars mercredi, soit un recul d’environ 0,8 % en vingt-quatre heures.
Le métal jaune reste sous pression au lendemain de la hausse, attendue, des taux de la Fed, malgré un rebond depuis les plus bas touchés dans la foulée de la décision américaine. 

La Réserve fédérale a donc relevé mercredi ses taux directeurs de 25 points de base, dans une fourchette de 3,75 à 4 %. C’est sa première hausse depuis trois ans. Surtout, la Fed ne ferme pas la porte à un nouveau relèvement avant la fin de l’année. Kevin Warsh a insisté sur une inflation qui reste trop élevée et sur des tendances sous-jacentes qui ne se sont pas suffisamment améliorées. 

En réaction, le dollar s’est renforcé et les rendements obligataires américains sont remontés, le Treasury à deux ans atteignant 4,738 % et le dix ans 5 % mercredi soir. Pour l’or, qui ne verse pas d’intérêt, cette remontée des rendements augmente le coût d’opportunité de sa détention. 

Techniquement, la zone des 4 250-4 260 dollars constitue le premier support à surveiller à court terme. Une rupture nette replacerait 4 230 dollars dans le viseur. À la hausse, le premier obstacle se situe autour de 4 314 dollars, avant la zone des 4 380 dollars. Ces niveaux sont des repères techniques et non des prévisions.

Sur le plan structurel, les flux restent importants et les fondamentaux inchangés. 

L’argent recule à 63,61 dollars

L’argent évolue autour de 63,61 dollars, soit environ 55,50 euros l’once, contre 64,40 dollars mercredi. Comme l’or, il subit le renforcement du dollar et le changement de ton monétaire américain. À court terme, la baisse de près de 1,2 % en vingt-quatre heures montre que la décision de la Fed continue de peser sur l’ensemble du compartiment précieux. 

Le platine résiste autour de 1 784 dollars

Le platine cote autour de 1 784 dollars, soit environ 1 560 euros l’once, contre 1 780 dollars mercredi. Il progresse donc légèrement malgré le contexte monétaire américain, avec un marché qui résiste mieux que l’or et l’argent sur vingt-quatre heures. 

Le palladium repasse à 1 280 dollars

Le palladium évolue autour de 1 280 dollars, soit environ 1 120 euros l’once, contre 1 296 dollars mercredi. Il perd environ 1,2 % en vingt-quatre heures et reste particulièrement sensible aux perspectives de demande industrielle. 

Géopolitique et économie

La Fed remet officiellement les hausses de taux sur la table

La hausse était largement anticipée, mais c’est surtout la suite, notamment du côté du marché obligataire, qui compte. La Fed a relevé ses taux à 3,75-4 % à l’unanimité et ses nouvelles projections laissent envisager au moins une hausse supplémentaire cette année. Elle a parallèlement légèrement relevé sa prévision d’inflation pour 2026 à 3,7 % et sa prévision de croissance à 2,3 %.

Ce virage intervient malgré la pression de Donald Trump en faveur de taux beaucoup plus bas. La décision monétaire reste celle de la Fed, tandis que les prises de position de la Maison-Blanche relèvent du débat politique sur le niveau souhaitable des taux. 

Le pétrole reflue, mais reste au-dessus de 100 dollars

Le pétrole s’est détendu mercredi. Le Brent a terminé autour de 105,83 dollars, en baisse de 2,7 %, après l’annonce de cargaisons saoudiennes supplémentaires via Oman.
C’est une petite soupape pour les anticipations d’inflation, pas encore un retour à la normale. Les flux maritimes restent fortement perturbés dans le Golfe… 

Et la crise se ressent à la pompe. Emmanuel Macron a demandé mercredi une « mobilisation totale » du gouvernement sur l’approvisionnement et les prix, tandis que Matignon a annoncé la prolongation jusqu’au 31 décembre de plusieurs aides ciblées destinées notamment aux pêcheurs, au BTP et aux agriculteurs.

Pour les ménages français, la mécanique “énergie chère → inflation persistante → taux longs élevés” peuvent simultanément peser sur le budget des ménages et modifier les anticipations de politique monétaire. 

En Europe, les taux longs restent sous tension

La détente du pétrole a permis aux rendements obligataires européens de refluer légèrement mercredi, mais ils restent à des niveaux élevés. Le Bund allemand à dix ans est revenu autour de 3,50 %, après avoir atteint 3,5723 % mardi, son plus haut depuis 2009. Les marchés continuent par ailleurs d’anticiper un nouveau resserrement de la BCE face aux tensions inflationnistes. 

En France, l’OAT à dix ans a atteint 4,52 % le 15 septembre et la charge d’intérêts de l’État devrait avoisiner 78 milliards d’euros en 2026. De nombreux économistes estiment que le coût moyen de la dette pourrait dépasser la croissance nominale dès 2027, ce qui augmenterait l’effort nécessaire pour stabiliser l’endettement public. 

À surveiller

 → Les données américaines de cet après-midi 

Inscriptions hebdomadaires au chômage, enquête manufacturière de la Fed de Philadelphie et chiffres de l’immobilier permettront de mesurer la résistance de l’économie après le tour de vis monétaire de la Fed. 

 → Le pétrole et le trafic maritime dans les détroits 

Tant que le Brent reste au-dessus de 100 dollars et que les flux à Ormuz et Bab el-Mandeb demeurent perturbés, le canal énergie → inflation → taux restera l’un des principaux fils conducteurs pour les marchés. 

→ Et bien sûr, l’évolution du cours de l’or en réaction à tous ces éléments…


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.