À retenir
- 4 328 $ : l’or rebondit avant une décision de la Fed particulièrement attendue.
- Plus de 5 % : le Treasury américain à 10 ans retrouve des niveaux inconnus depuis 2007.
- 107 $ : le Brent recule, sans faire disparaître le risque d’un nouveau choc énergétique.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 328 dollars l’once mercredi matin, contre 4 298,50 dollars mardi, soit environ 3 750 euros.
Le métal jaune reprend ainsi environ 0,7 % après avoir touché lundi son plus bas niveau depuis plus d’un mois. Le rendez-vous que tout le monde attend aujourd’hui, c’est la décision de la Réserve fédérale. Les marchés évaluent à 92,7 % la probabilité d’une hausse d’au moins 25 points de base, qui porterait la fourchette des Fed Funds à 3,75-4 %.
Les tensions au Moyen-Orient entretiennent les incertitudes économiques, mais leur effet sur le pétrole alimente aussi l’inflation et les anticipations de taux élevés. Le rendement du Treasury américain à 10 ans a ainsi franchi 5 % mardi, son plus haut niveau depuis 2007. Commerzbank souligne que la résistance récente de l’or pourrait notamment s’expliquer par les inquiétudes persistantes concernant les finances publiques et les risques politiques américains.
Le retour au-dessus de 4 300 dollars permet à l’or de s’éloigner de son point bas de lundi
Il reste tout de même sous les niveaux observés en fin de semaine dernière. La zone des 4 300 dollars constitue donc le premier niveau à observer à très court terme. La réaction après la Fed dépendra moins de la hausse de taux elle-même, désormais largement intégrée, que du discours de Kevin Warsh sur la trajectoire monétaire américaine.
Les ETF adossés à l’or restent par ailleurs très présents : les données du World Gold Council, mises à jour au 11 septembre, montrent des encours mondiaux élevés après un premier semestre marqué par 18 tonnes supplémentaires détenues, malgré d’importantes sorties en juin. L’Asie avait concentré les entrées du premier semestre, tandis que l’Amérique du Nord enregistrait des sorties.
Argent, platine et palladium
L’argent évolue autour de 64,40 dollars, soit 55,86 euros l’once
Contre 63 dollars mardi. Le métal rebondit donc avec l’or, après les fortes variations observées ces derniers jours.
Le platine cote autour de 1 780 dollars, soit 1 550 euros l’once
Contre 1 764 dollars mardi.
Le palladium évolue autour de 1 296 dollars, soit 1 120 euros l’once
Contre 1 269 dollars mardi. Il signe le mouvement le plus marqué du quatuor, Reuters relevant une hausse de 2,2 %.
Géopolitique et économie
Le pétrole baisse, le problème énergétique reste entier
Le Brent recule légèrement autour de 107,5 dollars le baril, notamment après la hausse surprise de 7,1 millions de barils des stocks américains de brut, alors que les analystes attendaient une baisse de 1,6 million. Mais cette détente ne signifie pas que les tensions sur l’offre ont disparu : les chargements sont suspendus à Yanbu et l’oléoduc Est-Ouest saoudien reste affecté après les attaques houthistes. Le trafic maritime par le détroit d’Ormuz est également fortement perturbé.
La tension s’est encore matérialisée mardi lorsqu’un drone houthi a été détruit par les défenses saoudiennes au sud de La Mecque. Pour les marchés, l’enjeu dépasse désormais le seul prix du baril : il concerne la durée du choc énergétique et sa transmission aux prix à la consommation.
L’inflation énergétique commence à apparaître dans les statistiques
Au Royaume-Uni, l’inflation est remontée à 3,1 % en août, son plus haut niveau depuis cinq mois. Les carburants et les billets d’avion expliquent une partie de cette accélération. Plus en amont, les coûts des intrants des producteurs augmentent désormais de 6,1 % sur un an, signe que les entreprises subissent elles aussi la remontée des coûts.
En zone euro, la BCE vient déjà de relever ses taux et certains responsables commencent à évoquer la possibilité d’un resserrement supplémentaire. Martins Kazaks estime ainsi que les arguments en faveur de nouvelles hausses se renforcent. (Reuters, 14 septembre 2026)
France : croissance au ralenti au pire moment
La Banque de France a abaissé sa prévision de croissance française pour 2026 à 0,4 %, contre 0,5 % précédemment. Elle anticipe également un recul du pouvoir d’achat cette année et un chômage à 8,4 % fin 2026. Prix élevés de l’énergie, taux d’intérêt, prudence des ménages et des entreprises et inquiétudes sur les finances publiques, voilà ce qui compose le menu de l’automne.
Le pétrole et l’énergie plus chers peuvent alimenter l’inflation. Cela incite les banques centrales à maintenir ou relever leurs taux. Par ricochet, les rendements obligataires progressent à leur tour. Le taux français à 10 ans a récemment franchi 4,5 %, tandis que le 10 ans américain dépassait 5 %. C’est désormais le marché obligataire autant que le pétrole qu’il faut regarder.
La Chine raconte une autre partie du ralentissement mondial
En Chine, l’industrie a progressé de 5,2 % sur un an en août, portée notamment par l’IA, les batteries et la robotique. Mais les ventes au détail n’ont augmenté que de 0,4 %, tandis que l’investissement immobilier s’est effondré de 19,9 %. Le tableau est donc celui d’une puissance industrielle toujours considérable mais d’une demande intérieure très faible.
En Inde, il y a un autre signal intéressant pour le marché de l’or : les importations du métal ont presque été divisées par deux en août, passant de 4,16 à 2,3 milliards de dollars en un mois. En revanche, la facture pétrolière indienne a bondi de 25,8 % sur un an.
À surveiller
→ La Fed, évidemment
Une hausse de 25 points de base est désormais très largement intégrée dans les prix. La surprise viendrait soit d’un statu quo, soit d’indications suggérant un cycle de resserrement plus long qu’anticipé.
→ Le pétrole, encore
Les stocks américains offrent un peu d’air ce matin, mais Yanbu, l’oléoduc Est-Ouest, Ormuz et les attaques houthistes maintiennent plusieurs points de fragilité simultanément sur les routes énergétiques.
→ Enfin, les obligations
Le passage du Treasury à 10 ans au-dessus de 5 % est peut-être le chiffre le plus important de cette semaine. Si les rendements restent durablement à ces niveaux, la question ne sera plus seulement celle de la politique monétaire : elle concernera également le coût de financement des États et de l’économie.
→ Et bien sûr, la tendance du cours de l’or en réaction à tous ces éléments…
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
