À retenir

  • 4 300 $ : l’or se stabilise après avoir touché lundi son plus bas depuis début août.
  • Plus de 90 % : les marchés anticipent désormais une hausse des taux de la Fed mercredi.
  • Plus de 107 $ : le prix du Brent fait trembler de la planète finance. 

Or et métaux précieux

L’or spot évolue autour de 4 300 dollars l’once mardi matin, contre 4 330 dollars lundi, soit environ 3 726 euros selon les cotations relevées ce matin.
Le métal jaune sort d’une séance difficile : lundi, il a touché son niveau le plus bas depuis plus d’un mois. Il est pénalisé par la remontée du dollar, du pétrole et surtout des rendements obligataires américains. 

Le marché regarde désormais presque exclusivement vers Washington. Le dollar évolue près d’un plus haut de deux semaines et le marché évalue à 93 % la probabilité d’une hausse de 25 points de base de la Fed mercredi. Le taux américain à 10 ans a parallèlement franchi momentanément les 5 % lundi, avant de refluer. 

C’est un cocktail assez inhabituel pour l’or : les tensions géopolitiques devraient théoriquement susciter une demande défensive, mais leur transmission au pétrole puis aux anticipations d’inflation pousse les taux d’intérêt dans l’autre direction. Pour l’instant, ce deuxième mécanisme domine. 

Le seuil des 4 300 dollars sous surveillance

Techniquement, la zone des 4 300 dollars constitue désormais le premier niveau à surveiller. Sa rupture prolongerait la correction engagée depuis les sommets d’août. Plusieurs analystes avaient déjà signalé la semaine dernière qu’un franchissement des supports techniques pouvait déclencher des ventes supplémentaires de fonds systématiques. 

À l’inverse, le premier signal de détente viendrait probablement moins du graphique que de Kevin Warsh : le marché cherchera mercredi à déterminer si la hausse attendue constitue un ajustement ponctuel ou le début d’un nouveau cycle de resserrement. 

Le cours de l’argent est autour de 63 dollars

L’argent évolue autour de 63 dollars l’once, soit environ 54,74 euros, contre 63,80 dollars lundi. Le métal subit lui aussi la remontée des taux et du dollar, avec une volatilité traditionnellement supérieure à celle de l’or. 

Le platine s’échange autour de 1 764 dollars

Le platine évolue autour de 1 764 dollars, soit environ 1 541 euros l’once, contre 1 792 dollars lundi. La pression monétaire reste un frein à court terme, même si les fondamentaux physiques du marché demeurent suivis de près : le WPIC estime toujours que les tensions entre offre et demande constituent un facteur structurel important. 

Le cours du palladium s’établit autour de 1 269 dollars

Le palladium évolue autour de 1 269 dollars, soit environ 1 120 euros l’once

Géopolitique et économie

Le pétrole devient le centre de gravité des marchés

Les Houthis ont lancé de nouvelles attaques contre des cibles saoudiennes tandis que la circulation maritime reste extrêmement perturbée dans le détroit d’Ormuz. Selon les données Kpler rapportées par Reuters, quatre navires transportant des matières premières ont traversé le détroit lundi, très loin des quelque 125 passages quotidiens observés avant la guerre. Le Brent évolue mardi autour de 107 dollars le baril

Pétrole cher → énergie et transport plus chers → risque inflationniste → banques centrales plus restrictives. C’est ce mécanisme qui pèse actuellement sur l’or et sur les marchés obligataires. 

La Chine produit, mais son consommateur reste prudent

La Chine a publié ce matin une photographie assez étrange de son économie. La production industrielle a progressé de 5,2 % sur un an en août, mieux qu’attendu, portée notamment par les technologies liées à l’IA. Mais les ventes au détail n’ont augmenté que de 0,4 %, tandis que l’investissement en actifs fixes a reculé de 7,2 % sur les huit premiers mois de l’année

Selon ces chiffres, l’usine chinoise accélérerait davantage que son consommateur. Pour l’Europe, cette divergence entretient le risque de voir une partie des capacités industrielles chinoises chercher davantage de débouchés à l’exportation. 

En France, le thermomètre obligataire clignote

La tension mondiale sur les obligations prend une dimension particulière en France. L’OAT française à dix ans évoluait lundi autour de 4,48 %, tandis que l’écart avec le Bund allemand atteignait environ 95 points de base, contre 80 points fin août.

Le phénomène ne vient donc pas uniquement du pétrole ou de la BCE. La hausse du spread indique qu’une prime de risque spécifiquement française s’ajoute au mouvement mondial. 

Les ados français passent à l’argent de poche numérique

Le billet glissé dans la poche semble doucement rejoindre le Walkman au rayon des souvenirs. Les adolescents français reçoivent en moyenne 27 euros d’argent de poche par mois, mais privilégient désormais la carte pour le gérer. Selon le baromètre annuel de Pixpay cité par Le Parisien, 68 % de leurs paiements passent même par le smartphone. Au-delà du moyen de paiement, applications et suivi des transactions font entrer très tôt les jeunes dans la gestion d’un budget. Les banques traditionnelles l’ont bien compris : neuf proposent désormais une offre destinée aux mineurs, avec l’enjeu de créer une relation bancaire avant même l’entrée dans la vie adulte.
Entre les fuites de données sensibles qui se multiplient et les usages de paiement qui se transforment, comment paiera-t-on dans quelques années ? 

À surveiller

→ La Fed mercredi 

Une hausse de 25 points de base est largement intégrée dans les prix ; le véritable événement sera la teneur du discours accompagnant la décision. Un signal de resserrement prolongé accentuerait potentiellement la pression sur l’or et les obligations. 

→ Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb 

Le marché surveille désormais moins les déclarations diplomatiques que les flux physiques de pétrole, très fortement impactés. 

→ Et bien sûr, la tendance du cours de l’or en réaction à tous ces éléments…


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.