Ce mercredi matin 10 juin 2026,  les tableaux de bord en temps réel affichent une intensification de la purge sur les métaux précieux.

Or et métaux précieux 

Repères techniques
Le cours de l’or subit une accélération baissière majeure et s’établit autour de 4 200 dollars l’once, matérialisant un repli de -1,60 % sur la séance (soit une lourde correction de -10,5 % sur 30 jours). Cette rupture nette sous les récents pivots psychologiques confirme la capitulation des positions acheteuses de court terme, alors que les marchés financiers mondiaux et asiatiques se mettent en mode « risk-off » juste avant la publication de l’indice américain CPI et le verdict de la Fed. Graphiquement, la cassure des supports clés valide fermement le signal de « Vente Forte » (Strong Sell), poussant le RSI journalier vers une zone de survente prononcée. 

Citi a abaissé lundi son objectif de cours à trois mois de 4 300 à 4 000 $/once, citant des rendements réels qui se stabilisent, un dollar plus fort à court terme, et des primes de valeur refuge qui s’effritent à mesure que les tensions géopolitiques s’apaisent. « L’upside à court terme semble plafonné, sauf nouveau choc », indique la note des analystes. La demande physique des banques centrales et les flux ETF ont ralenti, réduisant le momentum de la hausse. Citi avertit également que si le détroit d’Hormuz reste fermé jusqu’à la fin de l’été, une chute vers 3 500 $ est possible. Ce sont des projections, à prendre donc comme telles… 

Des analystes tempèrent la révision de Citi et Goldman Sachs maintient quant à lui son objectif de 5 400 $ l’once d’ici fin 2026, citant la reprise des achats des banques centrales en avril – environ 17 tonnes nettes – après des ventes nettes en mars. La Banque populaire de Chine a ajouté 9,95 tonnes en mai, portant ses réserves à 2 331,52 tonnes. 

Même si le marché de l’or est aujourd’hui chahuté, un or à 4 200 $ représente toujours une hausse de plus de 25 % sur un an. Pour un détenteur d’or physique, la correction ramène le métal à ses niveaux de janvier 2026. Un effacement, donc, mais on est loin d’un effondrement.
Une bonne manière de rappeler que l’or est avant tout une protection à long terme, pas un actif de spéculation…

Argent, platine, palladium 

L’argent s’établit autour de 64,55 dollars l’once, enregistrant un recul net de -0,66 dollar sur la session. Techniquement, l’argent accélère son canal baissier et valide sa rupture de support, prolongeant une phase de correction très agressive sur le dernier mois. 

Le platine lâche prise et s’effondre à 1 670 dollars l’once, accusant une baisse massive de -53,00 dollars sur la journée. Graphiquement, le platine enfonce brutalement le seuil des 1 700 dollars et navigue en plein cœur de sa borne basse journalière (range de 1 659,00 $ – 1 790,00 $), confirmant un momentum fortement baissier. 

Le palladium s’ajuste autour de 1 187 dollars l’once. Le franchissement à la baisse du pivot clé des 1 200 dollars fragilise toute la structure graphique, validant une accélération algorithmique qui menace directement d’aller chercher le plancher des 1 180,00 dollars. 

Géopolitique et économie

Demain, la BCE tranche. Sur 70 économistes interrogés par Reuters, 59 anticipent une hausse de 25 points de base du taux de dépôt le 11 juin, qui passerait de 2,00 % à 2,25 %. Le consensus au sein même du Conseil des gouverneurs est rare : même les « colombes » habituelles, l’Italien Fabio Panetta et le Grec Yannis Stournaras, ont signalé leur soutien à cette mesure. Une seconde hausse en septembre est déjà probable selon Reuters. L’inflation sous-jacente à 2,5 % en mai suggère que l’impact de la guerre au Moyen-Orient commence à se répercuter structurellement sur les prix. 

Moyen-Orient : les États-Unis ont lancé des frappes « de légitime défense » contre l’Iran mardi, après la destruction d’un hélicoptère Apache au-dessus du détroit d’Ormuz, rompant le cessez-le-feu annoncé par Trump. Téhéran a menacé de représailles. Le Brent a réagi en remontant immédiatement. L’or, paradoxalement, reste “faible” autour de 4 220 $, pénalisé par un dollar fort et des anticipations de taux en hausse qui priment sur son statut de valeur refuge.

Les surprises du jour 

SpaceX : un, deux, trois, IPO.
Tout le monde parle de l’entrée en bourse de SpaceX, mais on passe sous silence un “détail” qui mérite d’être mentionné. Lundi 8 juin, le booster Falcon 9 B1067 de SpaceX a effectué son 35e décollage et atterrissage consécutif depuis Cape Canaveral, un record absolu pour un lanceur orbital.
Aucun engin spatial n’avait accompli autant de missions réutilisables dans l’histoire : la navette NASA s’arrêtait à 39 vols, mais sur des décennies.
Ce qui était considéré comme impossible en 2015 est devenu si routinier qu’on risque de ne plus le remarquer.
Ce n’est pourtant pas une anecdote : SpaceX entre en Bourse vendredi 12 juin sur le Nasdaq sous le ticker SPCX, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars et une levée allant jusqu’à 75 milliards, ce qui en ferait la plus grande IPO de l’histoire, devant Saudi Aramco en 2019.
Le prix définitif sera fixé demain soir jeudi 11 juin, à l’issue du roadshow investisseurs, soit le même jour que la décision BCE. Deux événements financiers majeurs en 24 heures, la planète finances va être en ébullition. 

Ce qu’il faut surveiller aujourd’hui

BCE demain 11 juin, la conférence de presse tant attendue de Christine Lagarde. La hausse de 25 points de base est quasi acquise. Ce qui compte, c’est le signal sur septembre : Lagarde dira-t-elle que le cycle continue ou s’arrête là ? Cette nuance fera bouger les marchés obligataires, l’euro et, en réaction, l’or.

CPI américain de mai, demain également. Attendu en hausse selon le consensus. Un chiffre au-dessus renforcerait les anticipations d’une Fed hawkish, mettant une pression supplémentaire sur l’or. Un chiffre en dessous pourrait déclencher un rebond technique depuis les plus bas annuels. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.