À retenir 

  • La BCE suspend ses hausses malgré l’inflation énergétique et la déstabilisation au Moyen-Orient. 
  • Le Brent dépasse 100 $, ravivant la menace inflationniste directe sur les ménages européens. 
  • L’or se replie légèrement mais demeure à des sommets historiques portés par le risque géopolitique. 

Or et métaux précieux  

Le cours de l’or s’établit aujourd’hui à 4 034,50 dollars, soit environ  3 550 euros l’once, en léger repli par rapport à la veille. Le métal jaune marque une consolidation à court terme en raison de prises de bénéfices et de la remontée des taux obligataires.
Sur le plan macroéconomique, la décision de la BCE de maintenir son taux de dépôt à 2,25 % tempère temporairement la dynamique, bien que la probabilité d’un resserrement monétaire à l’automne maintienne les rendements obligataires sous tension selon Bloomberg.
Les banques centrales asiatiques, emmenées par la Banque populaire de Chine, poursuivent toutefois leurs achats nets selon le World Gold Council, soutenant fermement le support technique clé situé autour de 4 000 $. 

Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium 

Le cours de l’argent à 57,68 $ l’once (51 euros)
L’once d’argent subit un court repli technique, tout en conservant son biais haussier tiré par la demande industrielle et les anticipations d’un choc d’approvisionnement.

Le cours du platine à 1 583 $ l’once (1 401 euros)
L’once de platine teste une résistance majeure dans un marché tendu par les contraintes d’extraction et la demande automobile asiatique. 

Le cours du palladium à 1 219 $ l’once (1 093 euros)
Le palladium montre des signes de stabilisation technique autour de ses moyennes mobiles, reflétant un équilibre fragile entre la substitution industrielle et l’offre minière. 

Géopolitique et économie  

Statu quo de la BCE et tensions obligataires
Sans surprise, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés jeudi (taux de dépôt à 2,25 %), opérant une pause après le tour de vis de juin. Christine Lagarde a qualifié d’« alarmante » la propagation des hostilités du Moyen-Orient vers la mer Rouge, laissant entrevoir une rentrée de septembre compliquée. 

Choc pétrolier et menaces de Washington
Après l’attaque par les rebelles Houthis de deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et le verrouillage iraniens du détroit d’Ormuz, le baril de Brent s’est installé, à nouveau, autour des 100 dollars. Donald Trump a déclaré envisager une « attaque massive » contre l’Iran et affirmé que les dégâts maritimes seraient financés par les avoirs iraniens gelés aux États-Unis, déclenchant une vive protestation diplomatique de Téhéran. 

Signaux faibles  

Gouvernance de la BCE
La nomination du Français Boris Kisselevsky comme directeur général du secrétariat de la BCE le 20 juillet dernier renforce la présence française au sein des instances clés de préparation des décisions monétaires à Francfort. 

Projet de saisie d’avoirs souverains
Plutôt que de les restituer à Téhéran, l’administration Trump envisage de rediriger environ 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés pour indemniser des tiers touchés par la guerre Iran-États-Unis de 2026 (États du Golfe, armateurs pénalisés par le blocus du détroit d’Ormuz).
Selon le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi et une analyse du Middle East Council on Global Affairs, saisir les avoirs d’un État pour financer des réclamations sans rapport direct inquiète les pays d’Asie et du Sud global détenteurs de réserves en dollars, dans un contexte où la Chine et l’Inde diversifient déjà leurs réserves (or, règlements en yuans) depuis le gel des avoirs russes en 2022.

À surveiller 

→ Evolution du baril de Brent à New York et Londres suite aux frappes nocturnes américaines en Iran. L’impact est direct sur les cours de carburant et sur les anticipations d’inflation.

→ Réaction des marchés obligataires européens (OAT 10 ans et Bund) aux déclarations de la BCE quant au resserrement potentiel de septembre. 

Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.