Les ménages français, champions du bas de laine ? À la fin de l’année 2025, le taux d’épargne atteignait 18,7 %, selon les chiffres de la Fédération bancaire française. Bien loin des 14 à 15 % du début des années 2000 ! Fourmis, plutôt que cigales : pourquoi les ménages préfèrent-ils sécuriser plutôt que consommer ? Décryptage.

Disclaimer : cet article a une vocation pédagogique et ne remplace pas les conseils d’un professionnel qualifié.

L’essentiel

  • Pour ce début d’année 2026, les ménages français mettent de côté : le taux d’épargne est historiquement élevé, porté notamment par le contexte économique incertain.
  • Les crises récentes ont durablement renforcé les comportements prudents, si bien que le patrimoine financier apparaît comme un moyen de se protéger.
  • Les Français privilégient avant tout la sécurité et la liquidité quand il s’agit de placer leurs économies, avec des arbitrages qui évoluent.

Pourquoi le taux d’épargne est-il aussi élevé en France ?

Le bas de laine, une tradition française

En France, mettre de côté n’est pas qu’une bonne pratique financière. C’est une habitude profondément ancrée. Une véritable culture du « bas de laine », qui pouvait consister chez nos grands-parents à cacher des pièces d’or (des Napoléons notamment) dans la maison, ou garder une petite épargne de précaution sous un matelas. Ou à ouvrir (et à approvisionner) un livret lors de la naissance des enfants et petits-enfants. Le livret A est d’ailleurs une particularité bien française : ce compte d’épargne réglementé existe depuis 1818 !

À l’échelle européenne, les Français figurent parmi ceux qui économisent le plus. Si bien qu’à la fin de l’année 2025, le taux d’épargne a atteint 18,7 %, juste derrière l’Allemagne (19,2 %). Et en matière de taux d’épargne financière – c’est-à-dire sans prendre en compte l’immobilier – les Français battent les Allemands sur le fil : 10,5 % dans l’Hexagone, contre 10,3 % pour l’outre-Rhin (1).

Bon à savoir : le taux d’épargne (ou taux d’épargne global) inclut l’ensemble du patrimoine, dont les biens immobiliers. Le taux d’épargne financière ne tient compte que des liquidités et des produits financiers.

Quand l’inquiétude grandit, les économies aussi

Cette propension à épargner s’explique notamment par le contexte économique et social. Lors de la crise sanitaire par exemple, le taux d’épargne des Français (et notamment des seniors) a battu des records : 26,1 % (1) au deuxième trimestre 2020. Bien sûr, l’épargne était un peu forcée : c’est plus difficile de dépenser quand on est confiné ! L’incertitude a aussi joué un rôle.

D’autant que depuis, les occasions de s’inquiéter pour l’avenir n’ont pas manqué : guerre en Ukraine, contexte inflationniste, politique américaine… Si bien que, non seulement la « cagnotte-Covid » n’a pas été utilisée, mais elle a en plus été renforcée. Un sondage Ipsos (2) révèle que plus de la moitié des Français interrogés estiment que « l’actualité économique et politique des deux dernières années a influencé leurs choix ». Et notamment pour « se protéger contre les aléas économiques ».

Pour ce début d’année 2026, le patrimoine financier des Français atteint près de 6 600 milliards d’euros, selon les chiffres du ministère de l’Économie et des Finances. C’est 724 millions d’euros de plus que pendant la période Covid. Un chiffre record.

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Quels sont les choix des ménages français pour économiser ?

La stratégie des Français : la sécurité, mais aussi la liquidité

Dans les premières semaines de 2026, la direction générale du Trésor s’est penchée sur le comportement des Français en matière d’épargne (3). Et d’après ce service rattaché au ministère de l’Économie, les Français établissent leur stratégie en fonction de deux critères : la sécurité et la liquidité. Dans le premier cas, il s’agit de bien protéger les économies placées, avec des garanties (par l’État notamment). Et dans le second, de pouvoir disposer des économies facilement en cas de besoin.

Le Trésor estime ainsi que l’épargne est répartie entre trois postes :

  • Un tiers sur des comptes courants, des livrets réglementés ou des comptes à vue ;
  • Un tiers sur des produits d’assurance (assurance-vie et fonds euros) ;
  • Et un tiers sur des produits d’entreprises (actions notamment).

 

Une nouvelle décollecte pour le livret A

Les placements privilégiés des Français peuvent néanmoins évoluer. La nouvelle baisse du taux d’intérêt du Livret A au 1er février 2026 (1,5 % au lieu de 1,7 %) a ainsi provoqué une décollecte nette de 2,12 milliards d’euros selon la Caisse des dépôts et consignations. Par ailleurs, les Français seraient encore nombreux à conserver des espèces chez eux. Un pactole sous le matelas, accessible immédiatement certes, mais qui n’est ni sécurisé, ni rémunéré.

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Perrine Tiberghien

Ancienne journaliste de presse écrite, rédactrice passionnée de nouveaux sujets : je décrypte le monde des finances et des budgets bien ficelés pour vous aider à mieux comprendre les mécanismes de l'investissement.