En plein débat sur l’avenir des retraites, les cartes de l’investissement sont rebattues. Avec des pensions qui vont être de plus en plus réduites, il faut investir son argent avec un nouvel objectif : avoir des revenus complémentaires après 65 ans. L’épargne des Français est au plus haut et stagne trop souvent sur des comptes courants ou des livrets à faible taux de rendement. En période de forte inflation, laisser son argent sur un livret A revient à perdre de la valeur. Et si investir son argent autrement était possible ?

Penser en bourse comme un gérant de fonds de pension

Si l’objectif est d’accumuler un patrimoine qui permettra de financer sa retraite ou de transmettre à ses enfants, osons regarder le fonctionnement des fonds de pension des Américains (pompiers, professeurs, militaires, policiers) mais aussi Coréens ou Norvégiens. Ces organismes financiers gèrent plusieurs milliards de dollars d’investissements. Leur principal objectif est de produire du rendement pour chacun de leurs investisseurs. En France, comme il est de bon ton de « détester » les fonds de pension, les risques de perte en capital sont donc pointés. Et pourtant, la plupart des retraites complémentaires des fonctionnaires sont gérées par des fonds de pension « à la française », souvent par des compagnies d’assurance, habituées des assurances-vie. Les stratégies de fonds d’investissement reposent souvent sur les principes de placement de l’économiste et financier Benjamin Graham, auteur d’un best-seller en 1949 : L’investisseur intelligent (intelligent investor). A titre personnel, il est bien évidemment possible de les utiliser. Graham parle essentiellement de placement sur les marchés et du choix des actions, mais aussi du bon moment pour acheter et vendre.

L’investissement en bourse traditionnel

En suivant la plupart des outils d’analyse des marchés via les sites d’informations spécialisés, la presse, mais aussi les traders présents sur les réseaux, il est possible de se constituer une sélection d’actions en suivant leurs différentes stratégies d’investissement. Attention à bien mesurer le risque de ces placements : les conseillers ne sont pas les payeurs ! Avec un PEA (Plan d’Épargne en Actions) ou un PEA-PME, une exonération de l’impôt sur les plus-values et les dividendes s’applique, si les fonds sont conservés pendant une durée de 5 ans. 

La détection d’opportunités 

En observant l’évolution de la société, on peut choisir des secteurs d’activité « en devenir » sous-cotés avec des effets de levier importants : la production d’hydrogène par exemple. Ou bien des matières premières qui vont être indispensables dans l’industrie dans quelques années. On se souvient de l’explosion des cours du palladium après le Diesel Gate. Avec le développement des piles à combustibles, les platinoïdes pourraient à nouveau être très demandés.

Acheter au plus bas, savoir vendre au bon moment

Acheter des actions « pendant les soldes » est assez simple. En revanche, accepter de vendre quand les cours s’envolent, c’est beaucoup plus compliqué. Les traders les plus efficaces maîtrisent ces deux moments importants dans l’évolution d’un cours.

Être patient : jouer le temps long 

Avoir une stratégie d’investissement contracyclique pour une partie de son patrimoine est aussi une assurance de ne pas perdre tout son capital en cas de krach boursier. Si, comme cela arrive régulièrement, la bourse venait à perdre de nombreux points, il y aura toujours des valeurs à contre-courant sur les marchés. Souvent, elles ont un rendement très intéressant avec des dividendes importants. Elles génèrent des euros qui peuvent être réinvestis.

Pour aller plus loin

Analyser les phénomènes économiques peut vous permettre d’optimiser vos investissements au quotidien. Où chercher ? Comment les interpréter ? Bruno Gonzalves est l’invité de Mathieu Devaux-Sabarros pour ce numéro de Valeur Refuge.

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Maîtriser ses investissements

En général, les actions ne représentent qu’une partie des investissements. Le reste est placé sur des valeurs de très long terme, sans risque ou même dans l’économie réelle.

Organiser ses placements tout au long de sa vie

Plusieurs conseillers financiers américains ont mis en place des méthodes d’investissements et de placements qui permettent de constituer un patrimoine. On parle de la méthode Green qui préconise un plan d’épargne spécifique : 20 % de ses revenus sur des supports sans risques. En général, aux États-Unis où il n’y a pas de retraite par répartition, il est conseillé d’investir 25 % de son revenu dans des produits de long terme.

Diversifier ses placements

La plupart des grands investisseurs (comme les fonds de pension) appliquent l’adage populaire : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. En tant qu’investisseur particulier, vous pouvez appliquer la même méthode. Les produits sont multiples et permettent de répartir le risque sur plusieurs supports.

L’assurance vie et l’épargne retraite

Avec la loi PACTE, les placements de long terme des banques et assurances françaises ont été redynamisés. Les PER (Plans Épargne Retraite) sont plus souples aussi bien dans les catégories d’investissements (actions, fonds en euros, obligations) que dans les possibilités de sorties : rente, capital et même panachage des deux. Les possibilités de sortie anticipée d’un PER existent également : achat d’une résidence principale, décès, invalidité, cessation d’activité pro, fin de droits de chômage.

L’immobilier : l’investissement de long terme préféré des Français

Selon l’INSEE, « début 2021, 17,6 millions de ménages sont propriétaires de leur résidence principale en France. Ils représentent 57,7 % des ménages, une part en progression quasi continue depuis 1985 (+ 5,7 points) ». Ensuite les méthodes d’investissement dans l’immobilier sont multiples.

  • Les SCPI, sociétés civiles de placements immobiliers, regroupent plusieurs biens qui souvent sont loués. Ces loyers sont ensuite partagés entre les différents détenteurs de parts de la SCPI.
  • L’achat locatif en direct : l’investisseur s’occupe lui-même de louer le bien immobilier dont il est propriétaire. Certains préfèrent investir dans des parkings avec des coûts de gestion réduits.
  • La défiscalisation : de nombreux programmes immobiliers proposent une importante défiscalisation si les appartements sont loués pendant plusieurs années (loi Pinel par exemple).
  • Le démembrement : voici le nouveau produit à la mode chez les banquiers. L’investisseur achète avec une forte décote (60 %) mais il est simplement nu-propriétaire. C’est à dire qu’il n’a aucune charge, mais aucun revenu le temps du démembrement. Ensuite, il devient pleinement propriétaire. Il faut donc parier sur l’avenir et sur le maintien ou la hausse des prix de l’immobilier.

Investir dans d’autres secteurs du temps long

Il existe des niches d’investissement plus ou moins accessibles. Ces actifs sont souvent liés à des investissements passions. On va trouver l’art, mais aussi les collections de voitures anciennes, les bijoux ou le vin. Enfin, la forêt avec son rendement à 1 ou 2 % est l’investissement durable (dans tous les sens du terme) par excellence.

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Investir dans l’or 

Une valeur sûre en temps de crise

L’or est la valeur contracyclique par excellence. Quand tout va mal, tout va bien pour l’or ! C’est le principe de la valeur refuge en cas de crise. Et on a vu depuis l’an 2000 que les crises pouvaient être nombreuses et fréquentes. De nombreux investisseurs considèrent que la part d’or dans un portefeuille est comme une assurance sur l’épargne ou le patrimoine. 5, 10, 15 % ? Les volumes varient selon les sensibilités des experts (qui ont plus ou moins d’appétence pour l’or).

Acheter bas mais ne pas revendre

Les investisseurs en or physique, les « goldeux » comme ils aiment se définir, ont une stratégie assez particulière : l’accumulation. Ils utilisent notamment le principe du DCA (dollar cost average). Les achats sont programmés régulièrement pour lisser les effets de cours. D’autres, comme notre partenaire en analyse technique Tradosaure, poussent la méthode encore plus loin avec une discipline de fer : ils achètent uniquement sur les supports. C’est à dire sur les points bas du cours de l’or. Cela donne un prix moyen d’achat de l’once d’or mécaniquement assez bas. Et surtout, cela évite d’être victime de ses émotions dans la gestion de son investissement. L’objectif est souvent de conserver ce patrimoine en or pour les temps difficiles ou pour transmettre à ses enfants.


Mathieu Devaux-Sabarros

Brand Content Manager chez VeraCash.
Curieux de tout et en particulier d'Économie, de ses transformations et de l'impact qu'elle a sur nos sociétés.
Toutes les questions méritent une réponse, avec recul et pédagogie.

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