Or et métaux précieux

Jeudi matin, l’once d’or s’échange à 4 076 $, soit environ 3 485 €. Pour trouver un cours aussi bas, il faut remonter à novembre 2025. Depuis le pic historique du 28 janvier à 5 589 $, le recul atteint désormais 25 %, 170 $ perdus sur les deux dernières séances seulement.

Repères techniques
Le seuil des 4 000 $ s’impose comme le prochain test : c’est à la fois un support psychologique fort et le plancher que les acheteurs institutionnels surveillent de près. L’or vient de clôturer sous sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis octobre 2023.
Sur le graphique, c’est un signal qui change le biais de moyen terme.

Le paradoxe de la semaine
Plus la guerre s’intensifie, plus l’or recule. L’explication est contre-intuitive mais logique : un conflit qui dure, c’est de l’énergie chère, de l’inflation, et des taux qui montent. Or un actif qui ne verse aucun coupon souffre mécaniquement quand les rendements obligataires grimpent. Ce n’est pas l’or qui “se trompe”, mais simplement la mécanique des taux qui prend le dessus sur la prime de risque géopolitique. Les frappes américaines de cette nuit ne font qu’intensifier ce mécanisme.

Cours de l’argent, platine, palladium
L’argent recule à 63 $/once, enfonçant un support de court terme important. La zone des 61 $ constitue le prochain plancher à défendre.
Le platine cède du terrain à 1 662 $/once, sous le pivot des 1 700 $ qui faisait office de plancher depuis plusieurs semaines.
Le palladium résiste mieux à 1 228 $/once : sa sensibilité aux tensions sur les approvisionnements industriels lui offre un soutien relatif que les deux autres métaux n’ont pas aujourd’hui. 

Géopolitique et économie

Nuit de frappes au Moyen-Orient
Pendant que les marchés européens ouvraient ce matin, les États-Unis menaient leur deuxième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Trump justifie l’opération par ce qu’il présente comme une manœuvre dilatoire de Téhéran dans les négociations. L’Iran dément et parle d’agression caractérisée, avant de répliquer en visant des bâtiments de la marine américaine dans le détroit d’Hormuz. Les deux versions sont celles de belligérants directs, le recul est nécessaire.
Ce qui est sûr en revanche, c’est que le cessez-le-feu est de nouveau rompu, Hormuz reste fermé, et c’est la troisième suspension des négociations en quinze jours. 

Le CPI américain de mai confirme ce que tout le monde redoutait. L’inflation américaine remonte à 4,2 % en mai (son plus haut depuis avril 2023) avec une composante énergie en hausse de 23,5 % sur un an, directement imputable au blocage d’Hormuz. L’inflation sous-jacente, qui exclut énergie et alimentation, ressort à 2,9 %, légèrement en dessous du consensus.
Bonne nouvelle relative : le marché avait anticipé ces chiffres, l’effet de surprise est donc limité. La mauvaise nouvelle en revanche, c’est que la diffusion de la hausse de l’énergie dans l’ensemble de la chaîne des prix est bien réelle. Pour les ménages français, dont l’inflation suit une trajectoire similaire, ce chiffre américain est un avant-goût de ce que l’INSEE mesurera en juin… Wait and see. 

BCE à 14h15 : la première hausse depuis 2023. Le taux de dépôt devrait passer de 2 % à 2,25 % cet après-midi, un mouvement anticipé par 85 % des économistes sondés par Bloomberg. Ce que tout le monde attend, c’est que dira Christine Lagarde sur l’après : les marchés attendent un signal sur septembre. Nous discuterons des résultats et conséquences pour les épargnants français dans la brève de demain.

Surprises du jour

Le coup d’envoi du Mondial, c’est aujourd’hui. La Coupe du monde 2026 débute ce jeudi aux États-Unis, au Canada et au Mexique : 48 équipes, 104 matchs, une première. Les études sur les éditions précédentes documentent une baisse de productivité de 0,1 à 0,3 % du PIB dans les pays qualifiés pendant la phase de groupes… C’est l’effet Mondial de foot…
Les Bleus entrent en scène le 16 juin face au Sénégal. Les services RH des grandes entreprises françaises ont déjà prévu leurs plannings.

SpaceX : le prix de l’action tombe ce soir. À l’issue du roadshow investisseurs, le prix définitif de l’IPO SpaceX sera annoncé ce jeudi soir. Dès vendredi 12 juin, l’action SPCX s’échangera sur le Nasdaq. La valorisation cible de 1 750 milliards de dollars ferait de cette introduction la plus importante de l’histoire des marchés, devant Saudi Aramco en 2019. Ce soir donc, deux décisions tombent dans la même fenêtre horaire : le prix de l’action SpaceX et la conférence de presse de Lagarde. Les marchés vont devoir traiter les deux simultanément.

Ce qu’il faut surveiller aujourd’hui

Lagarde à 14h45. La hausse de taux est quasiment assurée. Ce qui fera réagir les marchés, c’est le ton du discours sur la suite du cycle. Un message ferme sur septembre renforcera l’euro et pèsera davantage sur l’or. Un message plus nuancé pourrait déclencher un rebond technique depuis les plus bas annuels. 

Prix IPO SpaceX ce soir. Un carnet d’ordres sursouscrit malgré le contexte géopolitique serait un signal fort sur la confiance des investisseurs dans la tech américaine. Dans le cas contraire, c’est un indicateur du niveau de méfiance des marchés en ce moment. 

Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement.


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.