Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 29/06/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 215 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 4,2 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 49.8 ↗︎
- Valeur du Dow Jones : 52250 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 7419 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 29/06/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,2 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -17.7
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6250 ↘︎
- EUR/USD : 1,14 ↘︎
Bourses sous pression
La semaine du 23 au 29 juin a commencé dans un climat de marché plus fragile que la précédente. Aux États-Unis, le S&P et le Dow Jones ont eu du mal à prolonger l’élan né des accords avec l’Iran, tandis qu’en Europe l’Euro Stoxx 50 a reculé avec l’idée que le pic d’optimisme était passé. Le ton boursier reste donc hésitant, entre soulagement géopolitique et retour des inquiétudes sur les taux, ce qui laisse l’or sans direction simple. Dans ce décor, la remontée du dollar et la fermeté de la Fed ont pesé plus lourd que les soutiens ponctuels venus du pétrole.
Évolution du cours de l’or
Un support vite cassé
Le marché de l’or a d’abord résisté, mais seulement quelques séances. Après avoir évolué autour de 3 600 euros, le métal jaune a subi une chute brutale entre le 24 et le 26 juin, jusqu’aux environs de 3 500 euros, avant de reprendre un peu de terrain en fin de semaine et de se redresser vers 3 550 à 3 600 euros. En dollars, le mouvement a été encore plus visible, avec une cassure brève sous les 4 000 dollars, niveau psychologique majeur. Le rebond de fin de semaine ne suffit pas à effacer la faiblesse de fond : le cours de l’or reste sur une quatrième semaine de baisse consécutive.
Analyse technique: nouvelle jambe baissière
Sur le plan technique, la semaine dessine une nouvelle jambe de baisse plutôt qu’un simple accroc. La cassure de la zone des 4 000 dollars a marqué les esprits, car ce seuil jouait depuis plusieurs semaines le rôle de plancher psychologique. En euros, la chute vers 3 500 euros a confirmé la fragilité du rebond précédent et la perte d’un support de court terme. La reprise de vendredi montre toutefois un marché capable de réaction, mais pas encore de véritable retournement.
Le dollar fait mal
La principale explication de cette correction reste la force du dollar. L’euro est resté à 1,14 dollar, ce qui veut dire que la monnaie américaine s’est nettement raffermie et a mécaniquement rendu l’or plus cher pour les acheteurs non américains. Cette hausse du billet vert s’est combinée à une remontée des anticipations de hausse de taux de la Fed, créant un double effet défavorable pour le métal jaune. Quand les rendements obligataires redeviennent plus attractifs, l’or perd une partie de son avantage défensif.
L’inflation relance la Fed
Car l’inflation américaine qui est ressortie à 4,2% en mai a montré que la bataille contre la hausse des prix restait incomplète, malgré les espoirs d’un ralentissement. Les marchés ont alors revu leurs anticipations, avec désormais trois hausses de taux de la Fed envisagées cette année et une première hausse en septembre redevenue crédible. Cette perspective a maintenu la pression sur l’or, car l’actif ne produit pas de revenu et souffre dès que le coût d’opportunité monte.
La Fed rassure les marchés… sauf celui de l’or
Face à ces perspectives, la nouvelle direction de la Fed tente d’apaiser les esprits. Mark Walsh a réaffirmé l’engagement de la banque centrale à contenir l’inflation, ce qui a rassuré les marchés sur la continuité du cap monétaire, malgré les pressions politiques de Donald Trump en faveur de baisses de taux plus rapides. Mais en pratique, cette fermeté limite les espoirs d’un assouplissement monétaire favorable à l’or. Les investisseurs ont donc retenu l’idée qu’un argent plus coûteux resterait encore longtemps la norme.
Pétrole et géopolitique
Le pétrole a joué un rôle plus contrasté. La baisse du brut après les avancées diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran a d’abord aidé l’or à se stabiliser, car elle a réduit le risque d’une flambée inflationniste supplémentaire. Mais ce soutien n’a pas suffi à inverser la tendance, car les tensions géopolitiques restent très présentes (des frappes sporadiques continuent à avoir lieu) et la prime de refuge s’est réduite avec l’espoir d’un apaisement durable au Moyen-Orient. Le marché hésite donc entre une désescalade stratégique et une réactivation possible des tensions à tout moment.
La Chine freine l’élan
Du côté asiatique, la Chine a quand même surpris tout le monde, notamment le 25 juin quand les banques chinoises ont exhorté les particuliers à se détourner du trading actif de l’or au profit de produits d’épargne en lingots, un signal qui traduit une volonté de canaliser la demande. Ce type de message peut calmer l’ardeur spéculative à court terme, surtout après une phase de forte volatilité et casse un peu l’effet de relais habituel. Attention, la demande physique existe toujours, mais elle ne suffit pas à compenser une pression macroéconomique mondiale plus forte.
Le COMEX reste actif
Le COMEX a accompagné ce mouvement avec des volumes moyens revenus à environ 17 millions d’onces par jour entre le 22 et le 26 juin, après la baisse d’activité observée la semaine précédente. Cette remontée traduit des arbitrages plus intenses, probablement liés à la cassure des seuils psychologiques et aux réactions aux données d’inflation américaines. Le fait que les volumes n’explosent pas durablement suggère toutefois un marché encore en phase de digestion. Ce n’est pas non plus la panique, les intervenants semblent surtout ajuster leurs positions à mesure que les taux et le dollar reprennent l’ascendant.
En bref…
Finalement, la période du 23 au 29 juin vient raviver l’antagonismes entre l’or et le dollar, en montrant que le métal précieux reste vulnérable dès que la devise américaine se renforce et que la Fed durcit son discours. Certes, le reflux du pétrole et les progrès diplomatiques au Moyen-Orient sont venus limiter le rôle refuge de l’or, mais c’est surtout la macroéconomie américaine qui donne le tempo ces dernières semaines. L’or reste donc pris entre une géopolitique un peu moins anxiogène et un environnement de taux plus hostile. C’est cette combinaison qui explique une semaine de baisse nette, qui tente malgré tout quelques rebonds sans grand effet.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



