Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 15/06/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 229 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 4,2 % ↗︎
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48.9 ↗︎
  • Valeur du Dow Jones : 51916 ↗︎
  • Valeur du S&P 500 : 7576 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 15/06/2026)

  • Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 % ↗︎
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,2 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -19
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 6232 ↗︎
  • EUR/USD : 1,159 ↗︎

La période du 9 au 15 juin a commencé dans un climat boursier encore nerveux, avant de s’améliorer nettement après l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Les actions américaines ont rebondi lundi, avec un S&P 500 en hausse d’environ 1%, un Nasdaq 100 en progression de 2,5% et un Dow Jones en gain de 0,5%, portés par la baisse des prix de l’énergie, le reflux des rendements obligataires et le retour de l’appétit pour les valeurs liées à l’IA. En Europe aussi, le ton s’est un peu détendu, même si les marchés restent dépendants des signaux monétaires et géopolitiques.


Évolution du cours de l’or

Le cours de l’or a vécu une semaine pour le moins heurtée. En effet, le métal jaune a d’abord résisté autour des 3 700 euros l’once, puis il a décroché brutalement vers 3 500 euros le 11 juin, avant de se reprendre progressivement jusqu’à la zone des 3 650 euros en fin de semaine, puis 3 750 euros à l’ouverture du lundi 15 juin. Le signal est important : le marché a montré qu’il pouvait défendre des seuils techniques, même s’il ne parvenait pas à retrouver pour autant une vraie dynamique haussière. En dollar, les mouvements ont été plus brutaux, ce qui traduit un effet de change favorable à la monnaie unique sur certains moments de la semaine.

cours de l'or hebdo arrêtés au 15 juin 2026

Analyse technique : supports testés

Plus précisément, sur le plan technique, la zone des 3 500 euros a joué le rôle de support de court terme, (comme celle des 4000 en dollars) et sa défense a compté pour beaucoup dans le rebond observé après le 11 juin. Les graphiques montrent une chute rapide suivie d’une stabilisation, puis d’une reprise qui ramène l’or vers 3 650 euros en clôture hebdomadaire. Le franchissement de la zone des 3 700 à 3 750 euros à l’ouverture du 15 juin suggère un regain d’intérêt acheteur, mais encore trop récent pour parler de retournement franc. En dessous, le marché reste exposé à de nouvelles prises de bénéfices si les taux et le dollar se raffermissent à nouveau.

La BCE a pesé

L’événement majeur a bien sûr été la hausse de 0,25 point des taux directeurs de la BCE le 11 juin, une première depuis 2023. La banque centrale a justifié sa décision par la persistance des tensions inflationnistes, notamment liées aux prix de l’énergie et au conflit au Proche-Orient, tout en relevant ses prévisions d’inflation à 3,0% pour 2026 et 2,3% pour 2027. Pour l’or, ce type d’annonce est rarement favorable : des taux plus élevés renforcent l’attrait des placements rémunérés et augmentent le coût d’opportunité d’un actif qui ne verse aucun revenu. Le repli vers 3 500 euros le jour de la décision n’a donc rien d’étonnant.

Inflation et croissance

La BCE a toutefois agi dans un contexte ambigu. D’un côté, la hausse des prix reste trop forte pour être ignorée, avec une inflation cœur revue à 2,5% pour 2026 et 2027. De l’autre, la croissance de la zone euro a été légèrement abaissée, à 0,8% pour 2026 et 1,2% pour 2027, ce qui limite la marge de manœuvre des autorités monétaires. Cette combinaison n’est pas idéale pour l’or : elle entretient la pression sur les taux tout en rappelant que l’économie reste fragile. Le métal jaune conserve donc une fonction de couverture, mais dans un environnement où les banques centrales gardent franchement la main.

Le pétrole change tout

La semaine n’a pourtant pas été dominée uniquement par la BCE. Le rebond de l’or en fin de période a aussi été aidé par la baisse du pétrole, liée à des perspectives d’apaisement au Proche-Orient. Quand le baril recule (le Brent est retombé nettement en-dessous de 85 dollars), l’idée d’une inflation importée se calme un peu, ce qui soutient parfois les actifs à duration longue et les devises sensibles au commerce mondial. Dans le cas présent, ce reflux énergétique a aidé l’or à remonter vers 3 650 euros, puis 3 750 euros, même si l’effet est resté partiel. Il faut dire que l’accord annoncé entre Washington et Téhéran a aussi rassuré les marchés actions, ce qui a réduit la prime de refuge de l’or.

Dollar et change

Le couple euro/dollar a lui aussi joué son rôle. L’euro s’est redressé jusqu’à revenir aux portes des 1,16 dollar en ce lundi 15 juin, ce qui a allégé un peu la pression sur le prix de l’or en euros. En général, quand le dollar se tasse, l’or coté en devise américaine devient mécaniquement moins cher pour les acheteurs européens, ce qui peut soutenir le prix en euros. Cette semaine, l’effet de change a plutôt servi d’amortisseur que de moteur et a permis de limiter la casse en monnaie unique (à peine -0,3% contre -2.5% en dollars)

Le COMEX réagit vite

Le COMEX a confirmé la nervosité du marché. Les volumes quotidiens sont repartis à la hausse dans une fourchette de 15 à 23 millions d’onces entre le 8 et le 12 juin, un niveau suffisamment élevé pour signaler de forts ajustements de positions. Cette hausse d’activité peut refléter à la fois des couvertures de risque, des arbitrages autour de la décision de la BCE et des réactions aux mouvements de change. En clair, le marché à terme a servi de caisse de résonance à la semaine, avec des flux plus intenses que sur une période calme, mais sans emballement extrême.

Volumes négociés - COMEX

En bref…

Finalement, la semaine du 9 au 15 juin montre un or qui a survécu au choc de la BCE, mais qui n’a pas encore retrouvé une tendance haussière solide. La détente sur le pétrole, l’apaisement géopolitique partiel et le rebond de l’euro ont aidé le métal jaune à se redresser, malgré la hausse des taux qui l’a clairement pénalisé. Le marché reste donc pris entre deux forces : d’un côté les risques stratégiques et inflationnistes, de l’autre le retour du rendement sur les actifs sans risque. C’est ce tiraillement qui explique un rebond réel, mais encore fragile.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.