Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
Découvrez L’Actu de l’Or de la semaine dès maintenant !
Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 08/06/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 225 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,8 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 44.8
- Valeur du Dow Jones : 50820 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7418 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 08/06/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,2 % ↗︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -19
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6038 ↗︎
- EUR/USD : 1,153 ↘︎
La semaine du 2 au 8 juin a commencé sur des marchés boursiers encore très élevés, mais pas totalement sereins. Le S&P 500 est resté à des niveaux très forts avant de chuter d’environ 200 points vendredi 5 juin, puis les actions américaines ont rebondi lundi, portées par des signes de désescalade au Moyen-Orient et par le retour de l’appétit pour les valeurs liées à l’IA. Le Dow Jones, lui aussi, a repris un peu d’altitude, tandis que l’Euro Stoxx 50 a continué d’évoluer sur des sommets relatifs.
Évolution du cours de l’or
Cet environnement n’a pas franchement aidé le cours de l’or : quand les actions respirent mieux, le besoin de refuge s’atténue, même si les tensions géopolitiques restent présentes.
Un faux rebond
Sur le marché de l’or, la semaine a donc d’abord ressemblé à une tentative de stabilisation. Le métal jaune a réussi à se maintenir un temps dans une zone de résistance, avant de céder brutalement en fin de semaine. À la clôture du lundi 8 juin, il s’échangeait autour de 3 759 euros l’once et de 4 343 dollars, ce qui montre que le rebond n’a pas résisté au choc de fin de semaine. En dollars, la baisse a été bien plus marquée qu’en euros, signe que la pression venue du marché américain a été plus forte et que l’effet de change a seulement amorti la correction côté européen.
Analyse technique: cette fois la cassure est nette
D’un point de vue technique, le marché a clairement cassé ses supports de court terme. La tentative de défense des 3 850 à 3 900 euros a échoué, puis la rupture de fin de semaine a accéléré les ventes. Le graphique montre une succession de bas… toujours plus bas, avec un écart notable entre le rebond du 4 juin et le décrochage du 6 juin. Le passage sous les 3 800 euros, puis la stabilisation vers 3 758 euros, suggère que le marché a perdu sa structure de rebond et qu’il entre dans une phase de consolidation baissière plus franche.
La surprise de l’emploi américain
Le véritable tournant de la semaine s’est produit vendredi 5 juin, avec la publication d’un chiffre de l’emploi américain bien meilleur qu’attendu. Les 172 000 créations de postes ont fait grimper les anticipations de hausse des taux de la Fed, ce qui a immédiatement pesé sur l’or. Le marché a vite compris qu’une banque centrale plus agressive ou moins accommodante réduirait l’attrait d’un actif comme l’or, qui ne verse aucun rendement. C’est ce choc macroéconomique, plus encore que la simple géopolitique, qui a donné le coup de grâce au rebond.
L’Iran reste en arrière-plan
La situation en Iran continue pourtant d’alimenter une partie de la prime de risque du métal jaune. Les tensions au Proche-Orient entretiennent la possibilité de nouveaux à-coups sur le pétrole, les marchés obligataires et les devises. Mais cette fois, l’effet refuge a été éclipsé par la remontée des taux anticipés aux États-Unis. L’or reste donc soutenu par l’incertitude stratégique, sans parvenir à convertir ce soutien en hausse durable, car les investisseurs ont surtout retenu le message monétaire de la semaine.
Le pétrole et la Chine
Le 4 juin, l’or avait pourtant rebondi jusqu’à 4 500 dollars malgré des ventes d’ETF et un ralentissement de la liquidité en Chine. Ce rebond montrait que le marché restait sensible aux risques liés à l’énergie et aux tensions internationales. Mais la demande chinoise n’a pas suffi à compenser la faiblesse des flux financiers occidentaux, et la contraction de liquidité décidée par la Banque populaire de Chine a probablement limité l’appétit local pour les métaux précieux. En parallèle, la baisse du pétrole a un peu soulagé les craintes d’inflation, sans effacer les inquiétudes sur les taux.
L’Europe ajoute aussi de la pression
L’environnement européen a lui aussi contribué au durcissement du marché. L’inflation de la zone euro a atteint 3,2% en mai, son plus haut niveau depuis plus de deux ans et demi, ce qui a renforcé l’idée d’une BCE prête à relever encore ses taux. Les opérateurs anticipent d’ailleurs désormais trois hausses, avec une première attendue dès le 11 juin. Dans le même temps, la révision à la baisse du PIB de la zone euro a rappelé que la croissance reste fragile. Ce mélange d’inflation forte et d’activité molle n’est pas bon pour l’or : il alimente les taux élevés sans créer suffisamment d’enthousiasme pour le métal.
Le COMEX se tend
Le COMEX a joué un rôle amplificateur, comme souvent dans les phases de stress. Après une semaine du 26 mai marquée par des volumes supérieurs à 40 millions d’onces, l’activité est retombée à environ 12 millions d’onces par jour entre le 1er et le 4 juin, avant de repartir fortement au-dessus de 20 millions le vendredi 5. Cette alternance entre calme relatif et pic de volume montre un marché très réactif, où les opérateurs repositionnent rapidement leurs paris à chaque donnée majeure.
En bref…
Au total, la semaine du 2 au 8 juin marque un vrai tournant. L’or a d’abord résisté aux tensions géopolitiques et au soutien ponctuel de la demande asiatique, puis il a été emporté par le choc des chiffres de l’emploi américain et par la remontée des anticipations de taux. L’euro/dollar plus bas a aussi contribué à fragiliser le prix en euros, mais la véritable pression vient bien du marché des taux et des rendements réels. L’or a donc effacé ses gains de tout le premier semestre et semble entrer dans une phase plus difficile, où les 3 900 euros redeviennent un plafond lointain plutôt qu’un objectif immédiat.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


