Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 13/07/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 215 000 inscriptions hebdomadaires au chômage
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 4,2 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 49.5
  • Valeur du Dow Jones : 52484 ↘︎
  • Valeur du S&P 500 : 7523 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 13/07/2026)

  • Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,8 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,2 %
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -17.7
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 6246 ↘︎
  • EUR/USD : 1,138 ↘︎

 

Bourses sous tension

La semaine du 7 au 13 juillet a commencé dans un climat franchement instable. Aux États-Unis, les indices ont corrigé, avec un S&P 500 en baisse d’environ 0,6% (même s’il a finalement réussi à se reprendre), un Nasdaq 100 en recul de 2% et un Dow Jones qui a lâché plus de 150 points, pénalisés par les semi-conducteurs et par la dégradation du contexte macroéconomique. En Europe, l’Euro Stoxx 50 a également reculé, tandis que les rendements obligataires et les prix de l’énergie remontaient sous l’effet des nouvelles menaces autour du détroit d’Ormuz. 

Ce décor boursier n’a pas favorisé les actifs risqués, mais il n’a pas non plus suffi à soutenir durablement l’or, déjà happé par la force du dollar et la crainte d’une inflation plus tenace.


Évolution du cours de l’or

Un marché particulièrement heurté

Le cours de l’or a d’abord réussi à repasser au-dessus de 3 645 euros l’once le 7 juillet, avant d’être violemment secoué entre 3 500 et 3 600 euros le reste de la semaine. En fin de période, il a terminé la séance du lundi 13 autour de 3 495 euros, soit 4 083,89 dollars l’once. Cette trajectoire est typique d’un marché qui teste un rebond, puis se fait reprendre par un facteur macro dominant. Dans le cas présent, la baisse n’a pas été linéaire : elle a alterné reprises techniques et décrochages brusques, signe d’un marché nerveux qui cherche quand même à résister.

cours de l'or hebdo arrêtés au 13 juillet 2026

Analyse technique : rebond avorté

Sur le plan graphique, l’or a d’abord tenté de se remettre de la cassure du 7 juillet, puis a été violemment repris à la baisse. Les zones des 3600 et 3500 euros ont servi de repères intraday, mais sans qu’un vrai support solide ne tienne durablement. Le passage vers 4000 dollars a joué le rôle d’alerte en devise américaine, avant que le métal ne revienne au-dessus de 4080 dollars à la clôture du 13 juillet. Cela montre un marché très volatil, mais qui conserve encore une base d’acheteurs prête à intervenir sur les replis.

Hong Kong change la donne

Une fois n’est pas coutume, le choc initial de la semaine est venu d’Asie, avec l’annonce à Hong Kong du test du nouveau système public de compensation et de règlement des opérations sur l’or. Cette initiative vise à faire de la place hongkongaise un hub régional de réserve et de compensation, avec un lien direct vers l’écosystème de Shanghai. À court terme, l’effet de marché a été négatif, car l’annonce a coïncidé avec une phase de vente nocturne sur les marchés asiatiques. Mais stratégiquement, elle confirme que la bataille pour le prix, le stockage et la circulation physique du métal jaune se déplace de plus en plus vers l’Asie.

Le dollar reprend l’ascendant

Le facteur le plus lourd reste toutefois le change. L’euro s’est encore affaibli sous 1,14 dollar, avec un niveau autour de 1,13884, ce qui a renforcé mécaniquement le prix de l’or coté en dollars pour les acheteurs européens. Quand la devise américaine monte, l’or devient plus cher hors des États-Unis, et cela freine la demande financière. Cette semaine, la faiblesse de l’euro a donc accentué le glissement du métal en euros, alors même que le prix en dollars tentait ponctuellement de se stabiliser autour de 4000 à 4100 dollars.

Iran et inflation

Le retour des tensions autour du détroit d’Ormuz a aussi pesé lourd dans les arbitrages. On aurait pu croire que l’instabilité géopolitique allait booster le cours de l’or, valeur refuge. Mais les annonces de droits de douane ou de blocus visant les navires iraniens ont fait bondir les prix du pétrole de plus de 4% (encore !), ravivant la peur d’une nouvelle poussée inflationniste (comme chaque fois). Or, dès que le risque inflationniste remonte, les marchés révisent à la hausse les probabilités de taux américains durablement élevés, ce qui pénalise l’or. Le paradoxe de la semaine est là : l’or devrait profiter des crises géopolitiques, mais il souffre quand ces mêmes crises entretiennent l’idée que les banques centrales resteront fermes.

La Fed sous surveillance

Et justement, puisqu’on parles des banques centrales, les marchés ont aussi commencé à guetter les prochains signaux de la Fed. Les témoignages devant le Congrès, les chiffres de l’inflation américaine et les résultats d’entreprises devraient donner le ton, alors que les investisseurs redoutent encore un maintien des taux élevés. La perspective d’une inflation persistante, combinée à une demande de pétrole potentiellement perturbée, a continué de soutenir le dollar. Cette force du billet vert reste l’un des principaux freins à l’or, d’autant que l’actif ne procure aucun rendement et supporte mal les périodes de politique monétaire restrictive.

Inde et Chine

La demande physique n’a pas apporté le relais espéré. En Inde, les acheteurs restent sensibles aux niveaux de prix et réagissent surtout quand le marché corrige franchement. En Chine, Hong Kong devient un élément plus important de l’infrastructure du marché, mais cela ne compense pas la prudence des achats lorsque le dollar monte et que les taux restent élevés. Les marchés asiatiques continuent donc d’offrir un plancher de long terme, sans inverser la tendance de court terme quand la macro américaine se durcit.

Le COMEX reste nerveux

Sur le COMEX de New York, les volumes sont remontés à plus de 16 millions d’onces par jour en moyenne, avec des journées allant de 13 à 21 millions. Cela confirme que les opérateurs continuent d’ajuster rapidement leurs positions à chaque variation du dollar, du pétrole et des anticipations de taux. Ce type d’activité n’est pas celui d’un marché calme : il traduit des arbitrages défensifs, des couvertures et probablement des prises de bénéfices après les variations brutales de début de mois. 

Volumes négociés - COMEX

En bref…

Par rapport à la semaine précédente où on pensait déceler des signaux de reprise, la période du 7 au 13 juillet marque une nouvelle cassure. L’or a souffert d’un dollar plus fort, de tensions géopolitiques qui nourrissent l’inflation, d’anticipations de taux toujours fermes et d’un environnement boursier trop instable pour offrir un soutien clair aux actifs refuges. L’or reste donc chahuté dans un marché très réactif, où l’Asie innove, où la Fed dicte encore le tempo, et où le billet vert impose sa loi.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.