Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
Découvrez L’Actu de l’Or de la semaine dès maintenant !
Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 22/06/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 226 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 4,2 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48.9
- Valeur du Dow Jones : 51717 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7478 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 22/06/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3,2 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -17.7 ↗︎
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6320 ↗︎
- EUR/USD : 1,142 ↘︎
La semaine du 16 au 22 juin a commencé avec des marchés actions un peu moins euphoriques que lors du sursaut lié aux accords US-Iran, même si le climat restait globalement porteur. Aux États-Unis, le S&P 500 et le Dow Jones sont légèrement redescendus après les gains de la semaine précédente, faute de voir s’installer une paix totalement crédible au Proche-Orient. Cependant, en Europe, l’Euro Stoxx 50 a continué de monter et a encore gagné plus de 100 points sur la semaine, signe que les investisseurs restent prêts à prendre du risque malgré le bruit géopolitique.
Évolution du cours de l’or
Une semaine de glissade
Sur le front de l’or, finalement, le rebond amorcé la semaine précédente n’aura pas réussi à s’imposer. Le marché a d’abord tenté de tenir, mais la pression vendeuse a fini par l’emporter. Après avoir résisté en début de semaine, le cours de l’or s’est enfoncé progressivement jusqu’à la zone des 3 600 euros, avec une vraie faiblesse observée dès le 18 juin.
En dollars, la correction a été un peu moins brutale que dans la monnaie unique à certains moments, mais l’ensemble reste clairement baissier. Le message du marché est donc simple : malgré des soutiens ponctuels, l’or n’a pas réussi à transformer ses rebonds en tendance haussière durable.
Le dollar reprend la main
Sur le marché des changes justement, l’élément le plus important a été le raffermissement du dollar, avec un euro retombé vers 1,142 dollar, de retour à ses plus bas niveaux depuis la mi-mars. Pour l’or, ce mouvement est crucial : un dollar plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs hors zone dollar et pèse mécaniquement sur les cours libellés en euros. C’est en grande partie ce qui explique pourquoi l’or a continué de glisser vers 3 600 euros l’once malgré une tentative de reprise au-dessus de 3 750 euros entre le 17 et le 18 juin.
Analyse technique: seuils fragiles
Sur le plan technique, (un peu comme les semaines précédentes finalement) l’or a clairement enfoncé plusieurs repères de court terme avant de tenter un rebond. La zone des 3 750 euros a été testée, puis les ventes ont ramené le marché vers 3 600 euros, niveau devenu un support de surveillance. En dessous, le risque est d’ouvrir la voie à une nouvelle phase d’extension baissière. La reprise de lundi 22 juin montre toutefois que les acheteurs restent présents sur les replis, ce qui évite pour l’instant une vraie capitulation.
L’Iran rassure, puis inquiète
Le dossier iranien a continué de jouer un rôle central, mais de façon ambivalente. D’un côté, les négociateurs de Téhéran et de Washington ont avancé sur une feuille de route vers un accord final, ce qui a réduit la crainte d’une rupture des exportations d’énergie via le détroit d’Ormuz. De l’autre, Donald Trump a prévenu qu’une action militaire restait possible si les tensions s’aggravaient depuis le Liban, ce qui maintient une prime de risque géopolitique. On est parfois un peu perdus et cette combinaison de nouvelles bonnes et mauvaises limite l’effet refuge de l’or : le marché perçoit moins de risque immédiat sur le pétrole, mais pas encore assez de visibilité pour totalement relâcher la garde.
Le pétrole soulage l’inflation
Parce que oui, le recul des prix du pétrole est définitivement acté, et il a joué contre les craintes d’inflation, ce qui a donc temporairement aidé l’or à se reprendre lundi 22 juin. Quand l’énergie se détend, les marchés obligataires respirent un peu mieux, les taux longs se calment et l’attrait de l’or remonte légèrement. Cette logique explique le rebond observé en début de nouvelle séance, alors que les investisseurs redécouvraient une forme de soutien macroéconomique plus classique. Mais cette amélioration reste conditionnée à la poursuite du reflux pétrolier, ce qui la rend fragile par nature.
La BCE reste restrictive
La politique monétaire européenne continue elle aussi de peser. Après sa hausse du 11 juin, la BCE maintient un discours ferme, et les marchés monétaires continuent de parier sur au moins un relèvement supplémentaire cette année. Cela soutient l’euro à moyen terme, mais cela renforce aussi l’idée que les taux resteront élevés plus longtemps. Pour l’or, c’est un handicap structurel : même lorsque le métal sert de couverture géopolitique, les investisseurs arbitrent encore contre lui dès qu’un rendement plus sûr devient attractif. Sans oublier que la Fed pourrait éventuellement décider d’emboîter le pas de la banque centrale européenne face à une inflation qui continue de monter aux États-Unis, et ce malgré les propos de Donald Trump qui dit « aimer l’inflation ».
L’Asie reste sélective
Du côté de l’Asie, la demande n’a pas fourni le grand relais espéré. En Inde, la demande d’or est restée prudente début juin, les acheteurs ayant tendance à attendre des prix plus favorables puisqu’ils semblent ne pas avoir fini de baisser. En Chine, le soutien structurel des achats d’investissement demeure, mais il ne suffit pas à inverser une correction globale lorsque le dollar se renforce et que les taux montent. Le marché physique continue donc d’exister comme plancher, sans pouvoir reprendre la main sur la direction du prix.
Le COMEX se calme
Enfin, sur le COMEX, les volumes sont retombés vers des moyennes d’environ 14,5 millions d’onces par jour entre le 15 et le 18 juin, avec des séquences de 15, 10, 18 et 15 millions (avec un jour de moins dans la semaine car le 19 juin était férié aux USA). Ce reflux d’activité suggère un marché qui digère ses positions après les pics de la semaine précédente, plutôt qu’un nouvel afflux spéculatif. Autrement dit, les opérateurs semblent attendre un signal plus clair avant de reprendre fortement la main. Dans ce contexte, le COMEX traduit surtout une phase de respiration.
En bref…
Au total, la semaine du 16 au 22 juin montre un or toujours sous pression, mais pas résigné. Le dollar fort, la BCE restrictive et les arbitrages de taux continuent de peser, tandis que l’apaisement partiel au Proche-Orient et le reflux du pétrole offrent seulement des pauses temporaires. L’or reste donc dans un marché de digestion, où chaque rebond technique est testé par les changes, les taux et la géopolitique. C’est cette tension permanente qui explique une baisse persistante, mais malgré tout ponctuée de reprises. On attend juste encore la bonne, celle qui fera durablement repartir le cours de l’or sur une tendance résolument haussière.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.




