Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
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- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 06/07/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 215 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 4,2 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 49.5
- Valeur du Dow Jones : 52810 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 7521 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 06/07/2026)
- Taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.40 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,8 % ↘︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -17.7
- Valeur Euro Stoxx 50 : 6399 ↗︎
- EUR/USD : 1,142 ↗︎
Bourses en hausse
La semaine du 30 juin au 6 juillet s’est ouverte sur un climat boursier plutôt solide. Les indices américains ont progressé lundi, soutenus par les semi-conducteurs, avec un S&P 500 en hausse de 0,4%, un Nasdaq 100 proche de +1%, et un Dow Jones qui a franchi le seuil historique des 53 000 points, avant de se replier légèrement. En Europe, l’Euro Stoxx 50 a lui aussi conservé une orientation ferme, ce qui montre que l’appétit pour le risque n’a pas disparu.
Dans ce contexte, l’or a d’abord profité d’un regain d’intérêt défensif avant de rester surtout piloté par les chiffres macroéconomiques américains.
Évolution du cours de l’or
Un creux en guise d’élan
Le cours de l’or a touché un point bas à 3 483,7 euros l’once le 1er juillet, puis s’est brusquement repris pour repasser au-dessus de 3 660 euros. En dollars, le mouvement a été similaire, avec un creux à 3 971,87 dollars avant une remontée vers 4 185 dollars entre le 1er et le 3 juillet. Ce rebond a d’abord ressemblé à une réaction technique, mais il s’est consolidé grâce à la baisse des anticipations de hausse de taux de la Fed. La reprise du 6 juillet, avec des pointes à 3 670 euros intraday, confirme que les acheteurs sont revenus, même si le marché reste nerveux.
Analyse technique: un net rebond
Sur le plan graphique, la semaine montre bien un double mouvement de cassure puis de rebond. La zone des 3 500 euros a servi de plancher, avant un redressement rapide vers 3 630 à 3 660 euros. En dollars, le seuil des 4 000 a été brièvement franchi à la baisse, ce qui a déclenché des achats de reprise. Pour beaucoup d’acheteurs, la zone actuelle constitue encore un point d’entrée favorable. La situation reste toutefois fragile : le marché a regagné du terrain, mais il n’a pas encore reconstruit une tendance haussière solide.
L’emploi US a changé la donne
Le chiffre le plus important de la semaine est venu du marché du travail américain. Les créations d’emplois non agricoles n’ont progressé que de 57 000 en juin, contre environ 110 000 attendues, et les données des mois précédents ont été révisées en baisse. Cela a fait reculer la probabilité d’une hausse de taux de la Fed en septembre, désormais estimée autour de 50% contre 66% avant la publication. Pour l’or, c’est une très bonne nouvelle : moins de pression sur les taux signifie un coût d’opportunité plus faible pour détenir un actif sans rendement. Ca a donc aidé à soutenir le cours.
Le pétrole se calme un peu
La baisse des prix du pétrole a également soutenu le rebond du métal jaune. La perspective d’une reprise des flux énergétiques via le détroit d’Ormuz, combinée à une possible hausse de l’offre de l’OPEP+, a réduit les tensions inflationnistes. Quand l’énergie se détend, les marchés se mettent à anticiper un peu moins de durcissement monétaire, ce qui aide l’or. Cette fois, le mouvement a été suffisamment visible pour casser le pessimisme qui dominait encore fin juin.
Dollar et euro
Le contexte de change reste favorable à l’or en monnaie unique, même si l’EUR/USD demeure seulement autour de 1,141 à 1,142. Un euro faible soutient en principe le prix de l’or en dollars exprimé en euros, mais l’effet a été partiellement compensé par la reprise de la devise américaine sur la fin juin. L’essentiel est que le rebond du métal a été d’abord construit en dollars, puis répercuté en euros. Autrement dit, le marché américain a donné l’impulsion, et le change a ensuite modulé l’amplitude du mouvement pour les investisseurs européens.
La Fed reste ferme
La réaction des marchés n’est pas seulement liée aux statistiques, mais aussi au ton de la Réserve fédérale. Le nouveau président, Mark Walsh, a réaffirmé la priorité absolue donnée à la lutte contre l’inflation, apaisant les craintes d’un virage trop rapide vers des baisses de taux sous pression politique (il ne faut pas oublier qu’il a été parfois présenté comme le bras armé de Trump sur le plan monétaire). Dans le même temps, la Fed a relevé ses projections d’inflation PCE pour 2026, ce qui entretient l’idée que la normalisation monétaire sera lente. Pour l’or, cela veut dire que le rebond reste vulnérable : c’est triste à dire, mais il a besoin de mauvaises nouvelles économiques pour tenir durablement.
L’Asie demeure hésitante
Calme plat du côté de la demande asiatique. En Inde, la demande n’a pas vraiment relancé le marché. Les acheteurs sont restés prudents, et certains ménages ont même réduit leurs achats face à des prix encore jugés élevés (les acheteurs se basent surtout sur les prix de l’année dernière à la même époque). En Chine, la demande d’investissement a montré quelques signes d’amélioration, mais l’environnement reste dominé par la prudence des particuliers et le ralentissement de la spéculation. Le soutien asiatique existe donc toujours, mais il n’a plus le poids nécessaire pour transformer un rebond macroéconomique en nouvelle tendance durable. Pour l’instant…
Le COMEX se normalise
Enfin, sur le COMEX, les volumes sont redescendus entre 12 et 16 millions d’onces par jour, ce qui suggère un marché moins fébrile qu’au moment des grands chocs de taux et de dollar. Ce retour à des échanges plus contenus peut traduire une phase de digestion après les repositionnements rapides de la fin juin. Les opérateurs semblent attendre de nouveaux signaux sur l’inflation et la Fed avant de réengager fortement des paris directionnels. Le marché à terme reste donc actif, mais il ne donne pas encore de signal d’euphorie, ou même juste d’optimisme.
En bref…
Malgré tout, si on veut faire l’effort de voir le verre à moitié plein, la semaine du 30 juin au 6 juillet marque une vraie respiration pour l’or après plusieurs semaines de correction. Le métal jaune a profité d’un emploi américain nettement plus faible qu’attendu, d’un pétrole moins tendu et d’une détente des anticipations de hausse de taux, pour se refaire une santé. Alors oui, la Fed reste ferme, le dollar demeure solide et l’Asie n’apporte qu’un soutien très modéré, mais le rebond est réel. Il devra juste encore prouver qu’il peut tenir face à une macroéconomie américaine toujours décisive.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



