À retenir

  • 4 352 $ : l’once d’or reste proche de ses niveaux de début de semaine.
  • 4 505 $ l’once : ce seuil constitue la principale résistance technique identifiée par les marchés.
  • -56 % : la France affiche un record de désaffection des investisseurs européens, selon Bank of America. 

Or et métaux précieux

L’or consolide autour de 4 352 dollars l’once, soit environ 3 755 euros, après avoir reculé de près de 2 % mardi sous la pression de la remontée des rendements américains. Mercredi, le métal jaune se stabilise alors que les investisseurs attendent les minutes de la réunion de juillet de la Réserve fédérale américaine. Les marchés évaluent désormais à environ 64 % la probabilité d’un maintien des taux américains, ce qui limite la pression sur l’or mais ne suffit pas encore à déclencher une nouvelle accélération, selon Reuters.

Le contexte géopolitique reste un soutien potentiel : les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz entretiennent la demande de protection, tandis que le pétrole a progressé quatre séances consécutives. Mais la crise géopolitique peut aussi pousser les taux et l’inflation à la hausse, ce qui renchérit le coût d’opportunité de la détention d’or, limitant ainsi les performances du métal jaune.
À plus long terme, le mouvement reste soutenu par les achats des banques centrales. 

D’un point de vue technique, à 4 352 $, l’or se situe environ 3,4 % sous la résistance de 4 505 $ identifiée par les analystes et près de 4,9 % au-dessus du support de 4 150 $. Le métal reste donc dans une zone de consolidation plutôt que dans une rupture franche. Un franchissement durable de 4 505 $ renforcerait le scénario de reprise, tandis qu’un retour sous 4 150 $ signalerait une correction plus profonde, toujours selon Reuters.

Argent : 63 $ l’once, soit environ 54,50 €. Le métal recule d’environ 1 % mercredi, dans le sillage de l’or, mais conserve un potentiel soutenu par l’évolution attendue des taux et du dollar.

Platine : 1 712 $ l’once, soit environ 1 488,50 €. Il recule légèrement mercredi (-0,1 %), tandis que les perspectives de taux plus accommodants constituent un facteur de soutien à moyen terme.

Palladium : 1 267 $ l’once, soit environ 1 120 €. Il cède environ 0,5 %, dans un marché toujours sensible aux perspectives industrielles et aux mouvements du dollar.

Géopolitique et économie

France : le marché parisien paie l’incertitude budgétaire
L’enquête mensuelle de Bank of America montre un solde de préférence de -56 % pour les actions françaises, contre +24 % pour l’Espagne, environ +20 % pour l’Allemagne et +12 % pour l’Italie. C’est le niveau le plus bas enregistré par cette enquête pour la France. Le contexte politique et budgétaire pèse alors que le rendement de l’OAT française à dix ans a dépassé 4,10 % le 18 août, avec un écart franco-allemand supérieur à 85 points de base, selon les données de Bank of America.

Pour l’épargnant français, le signal est surtout celui d’une prime d’incertitude sur les actifs domestiques. Il ne signifie pas mécaniquement que les actions françaises vont baisser, mais montre que les gérants internationaux différencient de plus en plus la France du reste de l’Europe. Dans ce contexte, l’or peut retrouver un intérêt comme actif de diversification, sans pour autant devenir un placement unique : le sondage OpinionWay pour le groupe AuCOFFRE montre que 77 % des Français considèrent la dette publique comme un risque important pour leur épargne.

États-Unis : la Fed sur la devant de la scène
Les minutes de juillet doivent préciser le degré de désaccord entre les responsables monétaires sur la trajectoire des taux. Les rendements longs américains restent élevés : le taux à 30 ans a brièvement atteint 5,337 % mardi, son plus haut depuis 2007, tandis que les marchés surveillent également le symposium de Jackson Hole, selon Reuters.

Chine : le moteur intérieur tousse
La production industrielle chinoise n’a progressé que de 4,5 % sur un an en juillet et les ventes au détail de seulement 0,6 %. Pékin devrait malgré tout conserver ses taux directeurs inchangés en août, privilégiant pour l’instant les mesures budgétaires ciblées plutôt qu’une nouvelle détente monétaire, d’après Reuters. Pour les métaux précieux, cette faiblesse chinoise est ambivalente : elle pèse sur la demande industrielle, mais peut renforcer l’intérêt pour les actifs de réserve. 

Inde : autre signal asiatique à surveiller
Le déficit commercial indien a atteint 31,98 milliards de dollars en juillet, notamment sous l’effet du renchérissement de l’énergie et du fret ; les importations d’or ont néanmoins progressé de 5 % sur un an, selon Reuters. 

À surveiller

 Les minutes de la Fed, puis Jackson Hole : une Fed moins restrictive serait favorable à l’or ; un discours plus ferme pourrait soutenir le dollar et les rendements. 

4 505 $ sur l’or : le niveau constitue le principal test technique à court terme. À l’inverse, un cours de l’or à 4 150 $ est le seuil à surveiller en cas de correction. 

France : dette et budget. La remontée des taux français intervient avant même le véritable affrontement politique autour du budget. Pour les épargnants, le sujet dépasse les marchés : 74 % des Français se disent inquiets de la situation économique et 78 % jugent probable une crise économique ou financière majeure dans les cinq prochaines années, selon l’enquête OpinionWay pour le groupe AuCOFFRE de juin 2026. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.