À retenir
- 4 500 $ : l’or a franchi ce seuil mercredi, avant de consolider légèrement jeudi.
- 40 047 milliards $ : la dette américaine vient de dépasser un nouveau seuil symbolique.
- 5,34 % : le rendement du Treasury à 30 ans a atteint mardi son plus haut depuis 2007 et inquiète les marchés.
Or et métaux précieux
L’or a vécu une séance spectaculaire. Après avoir bondi de plus de 4 % mercredi, l’once a atteint 4 526 dollars, son plus haut niveau depuis le 2 juin, avant de revenir autour de 4 488 dollars jeudi matin. Parmi les catalyseurs immédiats, l’annonce du Trésor américain qui décrète doubler ses opérations de rachat de dette longue. Mécaniquement, cela a fait reculer les rendements obligataires et le dollar.
Derrière ce mouvement de marché se cache un processus beaucoup plus profond : la dette américaine vient de dépasser 40 000 milliards de dollars, dont 32 266 milliards détenus par le public. Le seuil a été franchi moins de cinq mois après celui des 39 000 milliards. Dans le même temps, le coût des intérêts fédéraux est devenu l’une des premières dépenses du budget américain. Autrement dit, le marché ne regarde plus seulement l’inflation ou les taux de la Fed. Il regarde aussi la quantité de dette à absorber et le prix que les investisseurs demandent pour la financer. Selon les informations diffusées par Reuters, le rendement du Treasury à 30 ans avait atteint environ 5,34 % mardi, son niveau le plus élevé depuis 2007, avant de retomber vers 5,19 % après l’annonce du Trésor.
L’or n’est donc pas simplement porté par la perspective de taux plus bas, mais bénéficie aussi d’une interrogation plus fondamentale sur les finances publiques. Le Trésor américain intervient pour calmer le marché de sa propre dette, alors même que cette dette franchit 40 000 milliards de dollars. C’est le genre de tension qui redonne de l’attrait aux actifs ne dépendant pas directement de la solvabilité d’un émetteur… Vous nous suivez ?
D’un point de vue technique, à 4 494,10 $ l’once ce jeudi matin, l’or consolide après son explosion de mercredi. Hier, le marché a inscrit un plus haut intraday à 4 528,30 $ et un plus bas à 4 477,20 $.
Le niveau des 4 500 $ devient donc la zone à surveiller. Au-dessus, le marché conserve la dynamique de reprise ; en dessous, la prise de bénéfices peut se prolonger. La proximité du précédent sommet de 4 525,79 $ constitue également une résistance immédiate.
Le cours de l’argent à 67 $ l’once, soit environ 57,70 €
Le métal reste proche de ses sommets récents; son profil hybride, à la fois monétaire et industriel, lui permet de bénéficier de l’appétit pour les métaux précieux tout en restant sensible aux perspectives économiques.
Le cours du platine à 1 801 $ l’once, soit environ 1 553 €
Il recule de 0,83 % jeudi après avoir évolué jusqu’à 1 833 $ en fin de séance américaine mercredi, illustrant une consolidation plus marquée que celle de l’or.
Le cours du palladium à 1 311 $ l’once, soit environ 1 130 €
Il cède 0,68 % par rapport à la fin de séance américaine de mercredi, dans un marché davantage dépendant de la demande industrielle que l’or.
Géopolitique et économie
Dette : parlons de celle des États-Unis
Le dépassement des 40 000 milliards de dollars intervient alors que le déficit de juillet a atteint 432 milliards de dollars et que le déficit cumulé sur les dix premiers mois de l’exercice 2026 dépasse déjà celui de l’ensemble de 2025.
En réaction, le Trésor américain tente de calmer le feu. Les rachats de dette longue passeront d’environ 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, pour les maturités de 10 à 30 ans. L’objectif est d’améliorer la liquidité et de faire pression à la baisse sur les rendements, mais Reuters souligne que les investisseurs restent préoccupés par l’endettement structurel.
Le phénomène ne concerne pas que les États-Unis, bien entendu. Le 19 août, le taux allemand à dix ans a touché 3,275 %, son plus haut depuis quinze ans, tandis que le rendement français à dix ans a dépassé 4,13 %, un sommet depuis 2008. Les marchés intègrent également davantage de resserrement monétaire de la BCE.
Tether, symbole de la finance numérique, achète de l’or
Au premier semestre, l’entreprise aurait accumulé plus de 27 tonnes de métal jaune, soit autant que… la banque centrale du Kazakhstan! L’anecdote est loin d’être anodine : derrière les discours sur la dématérialisation de la monnaie et la finance numérique, l’or physique reste un actif de réserve recherché jusque dans l’univers crypto. Démodé, l’or physique ? 😏
À surveiller
→ 4 500 $ sur l’or : nouveau support ou simple pause après l’envolée de mercredi ?
→ Le 30 ans américain : autour de 5,19 %, il reste le baromètre de la confiance dans la dette US. L’intervention du Trésor montre surtout que la tension reste forte.
→ Fed vs marché : les minutes restent hawkish, avec des membres ouverts à une hausse des taux. Mais les dernières données économiques fléchissent. Ce décalage continue de soutenir l’or.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
