À retenir

  • 4 085,80 $ : l’or recule, pénalisé par les anticipations de taux élevés.
  • 5 % : le taux français à 10 ans atteint son plus haut depuis 2002.
  • 110,75 $ : le Brent repart à la hausse. 

Or et métaux précieux

L’or spot évolue autour de 4 085,80 dollars l’once jeudi matin, soit environ 3 635,50 euros, contre 4 122 dollars et 3 673,20 euros mercredi selon les cotations communiquées. Le métal jaune abandonne ainsi près de 0,9 % en dollars et un peu plus de 1 % en euros sur vingt-quatre heures. 

Le principal responsable, c’est le pétrole. Le Brent remonte à 110,75 dollars le baril, après de nouvelles attaques contre des installations saoudiennes. Cette flambée entretient les inquiétudes inflationnistes et renforce la perspective de taux d’intérêt durablement élevés. Un contexte défavorable à l’or à court terme, qui ne verse aucun intérêt. 

La Réserve fédérale américaine se réunira les 27 et 28 octobre. Selon les probabilités de marché rapportées jeudi par Reuters, les opérateurs n’attribuent plus que 16 % de chances à une hausse des taux en octobre, mais 90 % à un relèvement en décembre. 

Techniquement, l’or évolue désormais sous le seuil psychologique de 4 100 dollars. Le premier support identifié par l’analyse technique de Reuters se situe à 4 073 dollars, correspondant au point bas du 14 octobre. À la hausse, la première résistance est à 4 135 dollars, puis dans la zone 4 150–4 169 dollars. Le franchissement de ces niveaux dépendra notamment de l’évolution des rendements américains et du pétrole.

L’argent métal, le platine et le palladium sont également en repli également. 

L’argent recule à 56,07 dollars, soit 49,96 euros l’once 

Contre 57,23 dollars mercredi (-2,0 %). Le métal subit la pression des taux et la prudence des marchés. 

Le platine s’établit à 1 579 dollars, soit 1 418,24 euros l’once 

Contre 1 631 dollars la veille (-3,2 %). Cette correction plus marquée reflète la vulnérabilité du métal aux inquiétudes financières et industrielles, avec 1 600 dollars comme premier seuil à reconquérir.

Le palladium descend à 1 041 dollars, soit 944,45 euros l’once 

Contre 1 073 dollars mercredi (-3,0 %). 

Géopolitique et économie

La dette française à 5 % : un signal inquiétant pour la zone euro

C’est majeur : mercredi, le rendement de l’OAT française à dix ans a franchi les 5 % pour la première fois depuis juillet 2002. L’écart avec le Bund allemand a approché 157 points de base, témoignant de la défiance des investisseurs envers les finances publiques françaises. Les troubles sociaux et les difficultés budgétaires accentuent la pression. 

Le risque dépasse les frontières françaises. Les rendements italiens, espagnols et portugais ont également progressé. Ces mouvements sont à surveiller comme le lait sur le feu. 

Moyen-Orient : le pétrole, thermomètre des tensions 

Après de nouvelles attaques attribuées aux Houthis sur le territoire saoudien, les États-Unis prévoient le départ de familles de diplomates de plusieurs missions régionales. Le Brent dépasse 110 dollars tandis que des incidents maritimes sont signalés dans le golfe Persique. Certaines responsabilités restent contestées : les Houthis ont notamment nié plusieurs opérations imputées à leur mouvement. 

BCE : une zone euro plus résistante que prévu

Selon une analyse publiée mercredi par des économistes de la BCE, la dépendance de la zone euro au pétrole a été divisée par deux depuis le début des années 1990. Les renouvelables, le nucléaire, les dépenses allemandes et les investissements liés à l’intelligence artificielle permettent d’amortir le choc énergétique. Mais ces soutiens pourraient s’atténuer, alors qu’une nouvelle hausse des taux de la BCE est attendue en décembre. 

Asie : un yuan fort 

Le yuan chinois a atteint mercredi 6,6765 pour un dollar, son plus haut niveau depuis juin 2022, soutenu par les exportations et les entrées de capitaux. Sur le marché de l’or, les achats officiels chinois restent importants : la Banque populaire de Chine avait déclaré 23 tonnes supplémentaires en septembre, selon le World Gold Council. 

À surveiller

→ Moody’s et la dette française 

L’agence doit réexaminer la note souveraine Aa3 de la France, actuellement assortie d’une perspective négative. Une dégradation pourrait amplifier les tensions obligataires.  

→ Le pétrole et l’inflation 

Les perturbations des infrastructures énergétiques du Golfe pourraient continuer à influencer les taux obligataires, les devises et les métaux précieux.

→ L’évolution de la correction du cours de l’or. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.