À retenir

  • 4 396 $ : l’or recule d’environ 0,75 % dans les échanges asiatiques au moment de l’ouverture européenne. 
  • 58 % : probabilité désormais accordée par le marché à une hausse de la Fed en septembre. 
  • 97 $ : le Brent remonte avec la nouvelle escalade entre Washington et Téhéran.

Or et métaux précieux

L’or spot évolue autour de 4 396 $ l’once, soit environ 3 790 €, lundi matin, contre 4 462 $ vendredi.
Le principal moteur est monétaire en ce tout début de semaine : les États-Unis ont créé 162 000 emplois en août, très au-dessus des 53 000 attendus, avec un chômage stable à 4,1 %. Les marchés attribuent désormais environ 58 % de probabilité à une hausse de 25 points de base de la Fed en septembre. L’or avait déjà perdu environ 1 % vendredi après la publication des chiffres de l’emploi

Alors , oui la géopolitique reste explosive, mais elle ne suffit pas à soutenir le métal jaune. Le regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran pousse le Brent vers 97 $, ce qui nourrit les inquiétudes inflationnistes et, par ricochet, la perspective de taux durablement élevés. Vendredi déjà, le dollar et les rendements obligataires américains avaient progressé après l’emploi. 

Techniquement, l’or évolue sous le seuil des 4 400 $. Le premier support visible ce matin se situe autour du plus bas de séance, 4 389-4 390 $ ; la zone des 4 436 $ constitue la première résistance intrajournalière.
La publication de l’inflation américaine vendredi 11 septembre prochain devrait être le prochain arbitre. Elle peut conforter ou affaiblir le scénario d’une hausse de taux de la Fed. 

Ces considérations de court terme n’influencent pas nécessairement la tendance de fond des achats des banques centrales, qui reste positive selon les dernières données disponibles. 

Le cours de l’argent métal à 65,55 $ l’once, environ 56,50 €

L’argent recule d’environ 0,8 %, dans une fourchette de 65,44 à 66,58 $. Comme l’or, il subit la remontée des anticipations de taux américains ; son caractère industriel le rend en plus sensible aux perspectives de croissance. 

Le cours du platine à 1 794 $ l’once, environ 1 553 €

Le platine recule plus nettement que l’or et l’argent ce lundi matin. Il évolue autour de 1 794 $ l’once, en baisse d’environ 1,2 % sur la séance, après avoir touché un plus bas à 1 790 $. 

Le cours du palladium à 1 373 $ l’once, environ 1 185 €

Le palladium se distingue des autres métaux précieux ce lundi matin. Il évolue autour de 1 373 $ l’once, en hausse d’environ 0,3 % sur la séance, dans une fourchette comprise entre 1 363 et 1 425 $. 

Géopolitique et économie

Ormuz
Après de nouveaux échanges de frappes entre Washington et Téhéran, le Brent évolue autour de 97 $ et le WTI au-dessus de 92 $. L’Iran a annoncé ce lundi qu’il allait prochainement délimiter une nouvelle zone restreinte dans le Golfe. L’enjeu dépasse largement les stations-service : une énergie durablement chère complique le travail des banques centrales en alimentant l’inflation importée. 

La publication de l’emploi américain
Les 162 000 créations d’emplois américaines d’août, contre 53 000 attendues, ont renforcé le scénario d’une hausse des taux les 15-16 septembre. Donald Trump continue au contraire de réclamer une baisse des taux, plaçant Kevin Warsh et la Fed sous une forte pression politique. Le prochain juge de paix sera l’inflation américaine publiée vendredi. 

En Europe, secousse politique après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt
L’AfD a remporté environ 44 % des voix en Saxe-Anhalt, réalisant une percée historique mais sans majorité absolue. La CDU subit un lourd revers et les autres grands partis continuent d’exclure une coalition avec l’AfD. Au-delà de l’Allemagne, le résultat pose la question de coalitions européennes toujours plus fragmentées au moment où Berlin doit conduire des réformes économiques importantes. 

En Asie, le pétrole commence aussi à laisser des traces
L’Inde, grande importatrice d’énergie, voit sa monnaie sous pression ; la Reserve Bank of India serait de nouveau intervenue ce lundi pour soutenir la roupie. En Chine, les importations maritimes de brut d’août sont restées environ 40 % sous leur niveau d’avant le conflit iranien, selon une analyse Reuters. Pékin compense notamment avec davantage de pétrole russe. 

Pour la France et la zone euro, l’équation se complique pour les banques centrales : pétrole cher + inflation persistante + remontée mondiale des taux. Les marchés anticipent largement une hausse de 25 points de base lors de la réunion de la BCE jeudi, alors que le choc énergétique entretient les pressions inflationnistes. 

À surveiller

→ L’inflation américaine vendredi
C’est un des chiffres de la semaine : après l’emploi, une inflation supérieure aux attentes renforcerait encore le scénario d’une hausse de la Fed et pourrait maintenir la pression sur l’or. 

→ Le détroit d’Ormuz
La nouvelle zone restreinte annoncée par Téhéran et l’évolution du trafic maritime peuvent rapidement faire bouger pétrole, anticipations d’inflation et métaux précieux.

→ La BCE
Les marchés abordent la réunion de jeudi en anticipant un nouveau resserrement monétaire, alors que le choc énergétique complique à nouveau l’équation européenne.


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.