À retenir
- 4 405 $ : l’or se redresse légèrement après son recul de lundi.
- 650 000 onces : la banque centrale chinoise accélère ses achats d’or en août.
- 98 $ : le Brent se rapproche des 100 $ avec les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 405 $ l’once, soit environ 3 791,50 €, mardi matin, contre 4 397 $ lundi.
Le principal soutien vient du marché des changes : le yen a atteint son plus haut niveau en sept mois face au dollar, sur fond d’anticipations de resserrement monétaire au Japon. Un dollar plus faible facilite mécaniquement l’achat d’or pour les détenteurs d’autres devises.
Mais deux forces contraires empêchent pour l’instant l’or de franchement décoller. Le solide rapport sur l’emploi américain a ramené à environ 58 % la probabilité implicite d’une hausse des taux de la Fed en septembre, tandis que le Brent reste au-dessus de 97 dollars avec les tensions entre Washington et Téhéran. Le marché attend désormais les prix à la production américains jeudi et surtout l’inflation vendredi : une nouvelle surprise inflationniste renforcerait le scénario de taux durablement élevés.
Un soutien plus structurel arrive de Chine. La Banque populaire de Chine a ajouté 650 000 onces à ses réserves en août, sa plus forte augmentation mensuelle depuis 2023 et son 22e mois consécutif d’achats. Ces achats ont continué alors même que l’or progressait fortement en août.
Un signal faible à prendre en compte, l’or russe prend de plus en plus la route de l’Asie. Hong Kong en a importé près de 100 tonnes sur les sept premiers mois de 2026, un record. Depuis les sanctions occidentales de 2022, une partie des exportations russes s’est réorientée vers Hong Kong et la Chine, qui n’appliquent pas de restrictions équivalentes. De manière générale, la géographie de l’or se modifie peu à peu, c’est ce que nous explorons dans cette vidéo.
Techniquement, la zone des 4 400 $ reste le pivot immédiat. Après son repli depuis les niveaux supérieurs à 4 500 $ observés la semaine dernière, le métal tente de se stabiliser autour de ce seuil. Un retour durable au-dessus de 4 450-4 500 $ redonnerait de l’air au mouvement ; à l’inverse, une rupture nette des récents planchers remettrait en jeu les zones inférieures observées cet été.
Le cours de l’argent métal à 66,10 $, soit environ 57 € l’once, contre 65,50 $ lundi. L’argent accompagne le rebond de l’or ; Reuters observait encore une progression de 0,1 % dans les échanges asiatiques.
Le cours du platine à 1 819 $, soit environ 1 578,64 € l’once, contre 1 804 $ lundi.
Le métal progresse sur 24 heures, mais BMI a abaissé ses prévisions 2026 pour le platine et le palladium, notamment en raison d’une demande automobile moins dynamique et d’une amélioration de l’offre.
Le cours du palladium à 1 370 $, soit environ 1 200 € l’once, contre 1 377 $ lundi. C’est le seul des quatre métaux à reculer légèrement dans les niveaux relevés ce matin, toujours pénalisé par les interrogations sur la demande automobile.
Géopolitique et économie
Le Japon redevient un acteur monétaire à surveiller
Le PIB japonais du deuxième trimestre a été révisé à +1,4 % en rythme annualisé, contre +1,1 % initialement, et les salaires réels ont progressé de 2,4 % sur un an en juillet, leur plus forte hausse depuis mai 2021. Ces données renforcent les anticipations d’une nouvelle hausse de taux de la Banque du Japon et ont contribué à la récente appréciation du yen. Pour l’or, l’effet passe surtout par les devises : la hausse du yen pèse sur le dollar, ce qui soutient mécaniquement le cours du métal exprimé en billets verts.
La production de crédit immobilier recule en juillet
Selon la Banque de France, la production hors renégociations est tombée de 13,2 milliards d’euros en juin à 11 milliards en juillet, tandis que le taux moyen est passé de 3,27 % à 3,30 %. Le marché français du logement aborde donc une éventuelle nouvelle hausse de la BCE avec déjà un coût du financement orienté à la hausse.
Côté épargne française, une piste visant à soumettre à cotisations sociales une partie de l’épargne salariale a provoqué un tollé lundi
Le ministre de l’Économie Roland Lescure avait confirmé qu’elle faisait partie des options étudiées pour le budget 2027, avant que Matignon ne prenne ses distances dans la soirée : il s’agissait d’un document de travail interne, non validé par le gouvernement. À ce jour, aucune nouvelle fiscalisation de l’épargne salariale n’est donc actée.
À surveiller
→ Inflation américaine : c’est probablement le prochain arbitre du duel entre hausse des taux et rebond de l’or.
→ BCE jeudi : une hausse de 25 points de base est largement anticipée.
→ Ormuz et Brent : le seuil psychologique des 100 $ reste à quelques dollars. Une nouvelle perturbation physique des flux énergétiques pourrait rapidement rebattre les cartes inflation/taux/or.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
