À retenir
- 4 469 $ : l’or consolide après un rebond de plus de 2 % jeudi.
- 50 % : le marché hésite désormais presque à pile ou face sur une hausse de la Fed.
- 86 tonnes : les Pays-Bas déplacent une partie de leur or vers Londres pour avoir un meilleur contrôle dessus.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 469 $ l’once, soit environ 3 840 €, à l’ouverture des bourses européennes ce vendredi matin. L’or avait repris plus de 2 % jeudi après les déclarations de Christopher Waller, gouverneur de la Fed. Celui-ci s’est dit favorable à un statu quo en septembre si les prochaines données confirmaient la modération de l’inflation. Résultat assez mécanique, les rendements américains sont en baisse, le dollar est plus faible et l’or marque un petit rebond. Le marché estime désormais à environ 50 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre 63 % avant l’intervention de Waller. Le prochain juge de paix arrive aujourd’hui avec les créations d’emplois américaines, attendues autour de 56 000 après une baisse de 23 000 en juillet.
Le Brent évolue ce matin autour de 96 $, en hausse de plus de 7 % sur la semaine, avec la poursuite des affrontements entre les États-Unis et l’Iran. Un pétrole durablement cher peut entretenir les tensions inflationnistes et donc compliquer la tâche des banques centrales : c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi l’or peut baisser même lorsque le risque géopolitique augmente.
Analyse technique
À très court terme, 4 450 $ constitue un premier support, devant la zone des 4 358 $, tandis que les premières résistances apparaissent autour de 4 533 $ puis 4 575 $. Le cours reste donc pris entre la détente des rendements américains et le risque qu’un chiffre d’emploi ou d’inflation ravive les anticipations de hausse des taux. La zone des 4 500-4 533 $ est désormais le seuil immédiat à observer.
Un autre mouvement est moins spectaculaire sur les écrans, mais important sur le marché physique : les banques centrales continuent d’acheter. Les achats nets déclarés ont atteint 23 tonnes en juillet, dont 20 tonnes pour la Chine ; la Pologne a acheté 90 tonnes depuis janvier et détient désormais environ 640 tonnes, soit près de 28 % de ses réserves (World Gold Council, 3 septembre 2026). Côté ETF, les dernières données mensuelles complètes disponibles montrent 3 milliards de dollars d’entrées nettes en juillet, principalement en Europe, pour 4 068 tonnes détenues au total.
D’ailleurs, signal inhabituel, la banque centrale néerlandaise a transféré 86 tonnes d’or de New York et Ottawa vers Londres entre mars et août. Londres détient désormais 32,1 % des 612,4 tonnes de réserves néerlandais, contre 18,1 % auparavant. La DNB explique explicitement vouloir rendre ses réserves plus rapidement mobilisables en situation de crise ; il s’agit donc d’abord d’une décision de localisation et de disponibilité dans un conflit d’instabilité croissante, pas d’un achat supplémentaire d’or.
Argent, platine et palladium
Le cours de l’argent à 66,59 $ l’once, environ 57 €
L’argent métal est en recul de 0,5 % vendredi matin après le rebond précédent ; sous 67 $, le métal attend lui aussi l’emploi américain, avec un dollar plus faible qui limite pour l’instant la pression baissière.
Le cours du platine à 1 803,53 $, environ 1 550 € l’once
Le platine est en baisse de 1,2 % sur la séance et légèrement négatif sur la semaine ; la correction intervient après une séance de jeudi très volatile sur l’ensemble du complexe des métaux précieux.
Le cours du palladium à 1 403,03 $, environ 1 206 € l’once
Le palladium est en baisse de 1,3 % vendredi matin ; comme le platine, il efface une partie de son puissant rebond de jeudi.
Géopolitique et économie
Moyen-Orient : le risque énergétique reste le principal (gros) caillou dans la chaussure des banques centrales
L’Iran a averti Washington qu’une offensive israélienne de grande ampleur contre la crête d’Ali al-Taher, dans le sud du Liban, entraînerait une riposte iranienne majeure, selon trois responsables cités par Reuters. Washington conteste une partie de ce récit et Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment la situation militaire sur place. Dans le même temps, le conflit américano-iranien maintient le Brent proche de 96 $. Pour l’Europe, fortement importatrice d’énergie, la transmission est directe : pétrole plus cher → davantage de pression sur les prix → marge de manœuvre monétaire potentiellement réduite.
États-Unis : les chiffres de l’emploi très attendus par les marchés
Les marchés attendent environ 56 000 créations de postes en août et un chômage stable à 4,1 %. Mais Waller a surtout replacé l’inflation au centre du jeu : le CPI américain de la semaine prochaine pourrait donc compter davantage encore que les chiffres de l’emploi publiés aujourd’hui. Les rendements à dix ans restent élevés, autour de 4,76 %, malgré leur détente jeudi.
L’Europe déplace son or
Le mouvement de rapatriement d’or néerlandais est intéressant parce qu’il porte moins sur la quantité que sur la géographie : Londres monte de 18,1 % à 32,1 % du stock de la DNB. C’est un rappel que, pour une banque centrale, savoir où se trouve une réserve compte tout autant que savoir combien elle en possède.
À surveiller
→ Les Nonfarm Payrolls américains
Un chiffre très différent des 56 000 créations attendues pourrait faire bouger simultanément dollar, rendements obligataires et métaux précieux. Puis viendra l’inflation américaine la semaine prochaine, probablement déterminante avant la réunion de la Fed des 15-16 septembre (Reuters, 4 septembre 2026).
→ Le pétrole et le détroit d’Ormuz
Le Brent autour de 96 $ constitue actuellement le pont entre géopolitique et politique monétaire. Rien de nouveau sous le soleil depuis plus de 6 mois maintenant, mais à surveiller comme le lait sur le feu.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
