À retenir
- 4 422 $ : l’or rebondit de 0,8 % après un plus bas d’un mois.
- 95 $ : le Brent se stabilise, sans effacer le risque inflationniste lié à l’Iran.
- 4,24 % : le taux français à 10 ans atteint un niveau inédit depuis 2008.
Or et métaux précieux
Après la forte correction des dernières séances, l’or reprend son souffle. Le spot gagne 0,8 % à 4 422 $ l’once, soit environ 3 811 €, tandis que les futures américains avancent de 1,2 % à 4 467,60 $.
Le moteur est monétaire : le dollar recule et les rendements des Treasuries se détendent après leurs récents sommets. Toute l’attention se déplace désormais vers les Nonfarm Payrolls américains de demain vendredi, susceptibles de modifier les anticipations de taux de la Fed. La probabilité implicite d’une hausse de 25 points de base en septembre reste voisine de 60 %, mais elle est devenue plus incertaine après des données d’emploi privé décevantes et des déclarations plus nuancées de responsables de la Fed.
Le Livre beige publié mercredi n’apporte justement pas de réponse simple : l’activité américaine a progressé modestement depuis début juillet, avec dix districts sur douze en légère ou modérée expansion. L’emploi et les prix progressent à un rythme modéré, mais plusieurs entreprises signalent les coûts énergétiques élevés et le conflit au Moyen-Orient parmi leurs principales incertitudes. Autrement dit, la Fed retrouve son vieux casse-tête : une économie qui tient encore debout, face à une inflation que le pétrole pourrait réveiller.
D’un point de vue technique, le rebond ramène le spot autour de 4 422 $, après la rupture brutale depuis le sommet récent proche de 4 755 $. La zone 4 330-4 370 $ constitue désormais un support important à court terme ; sa préservation laisse ouverte une reprise vers 4 500 $. À l’inverse, une cassure nette de cette zone renforcerait la dynamique baissière observée depuis le sommet d’août. Le NFP de vendredi pourrait être le catalyseur qui départage ces deux scénarios.
Les flux institutionnels restent un soutien de fond.
Le cours de l’argent métal à environ 66 $ l’once, soit environ 56,60 €.
Le métal gris gagne 0,7 % ce matin et accompagne le rebond de l’or ; après les mouvements violents des dernières séances, le NFP et le dollar restent les principaux catalyseurs immédiats.
Le cours du platine à environ 1 774 $ l’once, environ 1 535 €.
Il progresse de 0,8 %, bénéficiant lui aussi de la détente du dollar et des rendements américains.
Le cours du palladium à environ 1 359 $ l’once, environ 1 174 € sur la référence fournie ce matin.
Il augmente d’environ 1 %, soit la meilleure progression des quatre métaux suivis en ce début de séance.
Géopolitique et économie
Iran-USA
Le Brent redescend légèrement autour de 95 $, après plusieurs séances de hausse provoquées par la reprise des frappes américaines et iraniennes. Donald Trump a laissé entendre que cette nouvelle phase des hostilités ne durerait pas « trop longtemps », tandis que les flux pétroliers par le détroit d’Ormuz continuent malgré les restrictions iraniennes. Le marché distingue donc, pour l’instant, escalade militaire et véritable rupture d’approvisionnement.
France : le prix de la dette devient le sujet chaud de la rentrée
Le TEC 10 français atteignait 4,24 % mercredi 2 septembre, contre 4,11 % lundi, et l’Agence France Trésor doit procéder ce jeudi à une nouvelle adjudication d’OAT de long terme. Le mouvement s’inscrit dans une tension obligataire mondiale alimentée notamment par le pétrole et l’inflation. Pour la France, le sujet est particulièrement sensible alors que se prépare le budget 2027 : un taux durablement plus élevé renchérit progressivement le refinancement de la dette publique.
L’Europe industrielle surprend à la hausse
Alors que l’attention est focalisée sur la guerre et l’inflation, le PMI manufacturier de la zone euro vient d’atteindre son meilleur niveau depuis plus de quatre ans. Allemagne et France participent à cette amélioration, tandis que l’Italie et l’Espagne restent en contraction.
À surveiller
→ Le NFP américain vendredi
C’est probablement le chiffre le plus important de la semaine : une faiblesse de l’emploi réduirait la visibilité sur une hausse des taux de la Fed ; une surprise solide ferait l’inverse.
→ Le pétrole et Ormuz
Le Brent autour de 95 $ reste suffisamment élevé pour entretenir les tensions inflationnistes aux États-Unis comme en Europe. Une nouvelle perturbation physique des flux changerait rapidement l’équation.
→ L’adjudication française de ce jeudi
Après un TEC 10 à 4,24 %, la demande des investisseurs pour les nouvelles OAT donnera une photographie concrète de l’appétit du marché pour la dette française.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
