À retenir
- 4 424 $ : l’once d’or recule de 0,7 %, pénalisée par le dollar et les anticipations de hausse des taux.
- 57 % : c’est désormais la probabilité de marché d’une hausse des taux de la Fed en septembre.
- 90,51 $ : le Brent bondit de 2,7 % après les nouvelles frappes américaines contre l’Iran dans la nuit de dimanche à lundi 31 août.
Or et métaux précieux
L’or entame la semaine en baisse après avoir perdu plus de 3 % vendredi.
Le principal coup de frein vient de la Fed : à Jackson Hole, Kevin Warsh a estimé que la banque centrale avait encore du travail si l’inflation sous-jacente ne se rapprochait pas suffisamment de 2 %. Les marchés intègrent désormais 57 % de probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre une attente beaucoup plus faible avant son intervention. Le dollar et les rendements obligataires remontent, deux vents contraires pour un métal qui ne verse ni intérêt ni dividende.
En parallèle, le risque géopolitique augmente à nouveau. Les Etats-Unis ont frappé des lanceurs iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, avant une riposte iranienne contre des positions américaines en Jordanie. Le pétrole dépasse 90 dollars ce lundi matin, ce qui peut entretenir l’inflation et compliquer encore la tâche des banques centrales.
Pour l’or, cela crée deux forces opposées : la hausse des taux pèse sur le cours, tandis que les tensions géopolitiques soutiennent sa fonction de réserve de valeur.
D’un point de vue technique, le cours spot de l’or s’établit autour de 4 424 $ l’once, contre un plus haut intraday de 4 473 $. La zone 4 400-4 440 $ constitue désormais un premier seuil technique important ; sous 4 315 $, le scénario correctif gagnerait en crédibilité. À l’inverse, une reprise durable au-dessus de 4 440 $ pourrait constituer un signal de reprise haussière.
Ces niveaux sont des repères techniques, personne ne peut prédire avec certitude l’évolution des cours.
En euros, l’once évolue autour de 3 840 €, après une clôture vendredi à 3 845 €. Pour un épargnant français, le mouvement du dollar compte donc presque autant que celui de l’or lui-même.
Le cours de l’argent métal à 65,84 $ l’once, en baisse de 0,63 %
Le métal reste nettement sous les 70 $, tandis que la remontée des taux américains complique la poursuite de son mouvement haussier.
Le cours du platine à 1 807 $ l’once, en baisse de 0,66 %.
Il résiste mieux que le palladium mais reste sensible au mouvement général de réduction du risque.
Le cours du palladium à 1 376 $ l’once, en baisse de 2,06 %.
C’est le plus faible des quatre métaux précieux sur la séance, avec une pression vendeuse particulièrement marquée.
Géopolitique et économie
Iran : le pétrole redevient le thermomètre de la crise
Alors que le conflit USA-Iran fête ses 6 mois, les frappes américaines sur Larak et la riposte iranienne font remonter le Brent au-dessus de 90 dollars. Washington affirme avoir voulu empêcher une nouvelle menace de minage du détroit d’Ormuz. La déclaration de Donald Trump selon laquelle l’île pétrolière de Kharg aurait été sévèrement détruite n’est, elle, pas confirmée : Reuters précise qu’aucune preuve de cette destruction n’a été établie.
La rentrée budgétaire s’annonce délicate en France
Fitch a confirmé vendredi la note souveraine de la France à A+, avec une perspective stable. L’agence souligne toutefois l’endettement élevé et en hausse, les difficultés politiques à mener un assainissement budgétaire et le faible potentiel de croissance. Elle prévoit désormais un déficit public de 5,2 % du PIB en 2026, puis 5,5 % en 2027, contre 4,9 % et 4,8 % anticipés lors de sa précédente révision.
Zone euro : la BCE scrute le baril
Les responsables de la BCE ont préparé les marchés à une nouvelle hausse de taux en septembre, tandis qu’Isabel Schnabel estime que les taux doivent encore monter face aux risques inflationnistes liés notamment au conflit au Moyen-Orient. Pour les ménages français, le mécanisme est assez simple : pétrole plus cher → inflation plus persistante → taux potentiellement plus élevés → pression accrue sur l’épargne sans risque et sur le crédit.
États-Unis : les midterms deviennent aussi une question de pouvoir d’achat
Le conflit avec l’Iran et la hausse de l’essence compliquent la situation politique de Donald Trump à l’approche des élections de mi-mandat. Un sondage Reuters/Ipsos indique que seuls 31 % des Américains soutiennent désormais l’action militaire américaine contre l’Iran.
À surveiller
→ Wall Street : après le discours jugé hawkish de Kevin Warsh vendredi, les marchés américains ont terminé dans le rouge, tandis que les rendements obligataires ont fortement progressé. Les futures américains reculent également ce lundi matin, alors que les investisseurs réévaluent la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en septembre.
→ Les prochains rendez-vous américains : les chiffres de l’emploi, publiés le 4 septembre, puis l’inflation du 11 septembre, seront particulièrement surveillés avant la réunion de la Fed des 15-16 septembre.
→ Le détroit d’Ormuz et le pétrole : une perturbation durable des flux pétroliers pourrait transformer un choc géopolitique en problème d’inflation mondiale.
→ Le budget français 2027 : dette, croissance faible et élections présidentielles forment un cocktail susceptible de maintenir la pression sur les actifs français.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
