À retenir
- L’or dépasse les 4 160 $, son sommet depuis de deux semaines.
- Washington, Téhéran et Mascate visent l’annonce d’un accord intérimaire sur le détroit d’Ormuz ce mercredi.
- Les stocks de gaz européens tombent à 57,1 %, au plus bas depuis 2009.
Or et métaux précieux
L’or accélère enfin son rebond, porté par un dollar affaibli qui rend le métal moins cher pour les acheteurs hors zone dollar.
Le repli du pétrole, alimenté par l’espoir d’un accord sur le détroit d’Ormuz, apaise les craintes inflationnistes et laisse entrevoir une Fed plus accommodante.
Les investisseurs restent toutefois prudents avant la publication de l’enquête sur l’emploi privé américain l’après-midi, puis des indices ISM et S&P Global services, en préparation du rapport officiel sur l’emploi de vendredi. Le cocktail “devise faible + énergie en repli + incertitude sur les taux” explique la vigueur simultanée de l’or et des marchés actions.
D’un point de vue technique, le cours spot évolue autour de 4 168 $ l’once en tout début de matinée européenne. Le métal sort ainsi d’une consolidation de six semaines dans une fourchette étroite, sans qu’un signal directionnel fort ne soit encore validé.
Les analystes techniques ne s’accordent pas sur les niveaux à surveiller : certains situent une résistance rapprochée vers 4 150-4 200 $, avec un palier suivant à 4 375 $ en cas de franchissement confirmé, tandis que d’autres analyses pointaient début août une résistance plus lointaine à 4 312-4 319 $ (moyenne mobile 52 semaines) et des supports à 3 887 $ puis 3 700 $ en cas de repli.
Cet écart entre analystes reflète l’absence, à ce stade, d’un consensus technique fort.
Analyse technique de l’argent, du platine et du palladium.
L’argent s’échange autour de 61,37 $ (environ 53,35 €) l’once, en hausse de près de 2 %, profitant du même mouvement de dollar faible que l’or mais avec une volatilité plus marquée typique du métal.
Le platine grimpe à environ 1 767 $ (1 549 €) l’once, au plus haut depuis mi-juin, porté par des tensions d’offre industrielle en plus de son rôle de valeur refuge.
Le palladium progresse plus modestement à environ 1 367 $ (1 207 €) l’once, toujours à la traîne des trois autres métaux précieux dans ce rallye.
Géopolitique et économie
Ormuz : un accord intérimaire en vue
Après les propos optimistes de Marco Rubio et Scott Bessent mardi, Donald Trump a de nouveau mêlé fermeté et ouverture, évoquant une réouverture « très bientôt » du détroit sous peine de frappes. Selon Axios, citant deux sources régionales, Washington, Téhéran et Mascate seraient proches d’un arrangement de 60 jours. Le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei aurait donné son feu vert mardi. Une annonce est espérée ce mercredi.
Gaz européen : le spectre de 2022 ressurgit
Les réserves de gaz de l’UE ne sont remplies qu’à 57,1 %, contre 74 % en moyenne sur cinq ans, un plus bas depuis 2009, alors que le détroit d’Ormuz concentre 20 % du transit mondial de GNL. Le prix du MWh à Rotterdam est passé d’une trentaine d’euros avant-guerre à environ 60 euros aujourd’hui, avec un risque évoqué par Goldman Sachs d’atteindre 100 euros. L’expert Thierry Bros (Sciences Po) parle d’une « deuxième crise gazière en cinq ans », aggravée par la concurrence de la Chine pour les cargaisons de GNL et par des marges de manœuvre budgétaires européennes plus faibles qu’en 2022.
Marchés : records boursiers, publications contrastées dans la tech
Le Cac 40 est attendu en hausse de 0,4 % à l’ouverture, prolongeant son record de mardi, dans le sillage du S&P 500 et du Dow Jones, eux aussi au sommet, portés par le repli du pétrole et des rendements obligataires.
Russie-Ukraine : frappes sur des sites logistiques
Moscou affirme avoir visé des plateformes logistiques à Kiev et Brovary ainsi que trois cargos près d’Odessa, accusés de stocker ou transporter du matériel militaire ukrainien. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante à l’heure oú nous écrivons cette note.
À surveiller
→ L’annonce, ou non, de l’accord intérimaire sur Ormuz aujourd’hui : une confirmation ferait probablement reculer davantage le pétrole et le gaz, tandis qu’un nouvel échec relancerait la prime de risque sur l’or.
→ L’enquête ADP sur l’emploi privé américain cet après-midi, puis les indices ISM et S&P Global services, avant le rapport officiel sur l’emploi de vendredi. Ces données sont déterminantes pour la trajectoire des taux de la Fed et donc pour l’or.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
