À retenir
- L’or franchit les 4 300 $ après un emploi américain calamiteux.
- Portés par la demande et les tensions géopolitiques, l’argent, le platine et le palladium augmentent aussi, bien que de manière moins marquée.
Or et métaux précieux
Vendredi dernier 7 août, le rapport sur l’emploi américain est tombé comme un couperet qui a électrisé les marchés : 23 000 emplois détruits en juillet contre +80 000 à +95 000 attendus. Le chômage recule à 4,1 %, mais seulement parce que 264 000 personnes ont quitté le marché du travail, ramenant la participation à 61,4 %, un plus bas de cinq ans et demi.
Les probabilités d’une hausse des taux de la Fed en septembre chutent d’environ 55 % à 40-44 %, entraînant dollar et rendements en baisse. C’est un cocktail idéal pour l’or, actif sans rendement par excellence.
Le cours de l’or s’établit ce lundi matin autour de 4 355 dollars, soit environ 3 770 euros.
Techniquement, le métal a bondi de +2,4 % vendredi à 4 401 $, avant de se stabiliser ce lundi à 4 325 $ (-0,42 %, +8 % sur un mois, +29 % sur un an), juste au-dessus du seuil des 4 300 $. Le RSI, autour de 64, reste acheteur sans être en surachat, entre un support vers 4 300 $ et une résistance vers 4 410-4 430 $. En euros, l’once tourne autour de 3 740 €, contre 3 756 € vendredi, l’écart tenant surtout au change.
Analyse technique de l’argent, du platine et du palladium
Cours de l’argent à 64 $, soit environ 55,50 € l’once
La flambée de l’argent est à la fois reflet de celle de l’or et d’un déficit structurel du marché, avec un record attendu de 215 millions d’onces pour 2026. Si l’industrie solaire réduit sa consommation d’argent par panneau de 19 % grâce à des technologies plus économes, la construction des data centers liés à l’IA soutient quant à elle la forte demande.
Le cours du platine s’établit à 1 752 $ (soit environ 1 530 € l’once) et le cours du palladium à 1 351 $ (soit environ 1 193 € l’once).
Les petits frères de l’or suivent le mouvement à la hausse, bien que de manière moins marquée.
Géopolitique et économie
Fed contre BCE, une divergence à suivre
La Fed recule sur l’idée d’une hausse de taux, mais la BCE a déjà relevé son taux de dépôt à 2,25 % en juin, une première hausse en trois ans, pour contenir le choc inflationniste lié à la flambée du pétrole pendant le conflit au Moyen-Orient, et garde une nouvelle hausse en réserve pour septembre si le pétrole reste élevé.
L’inflation en zone euro tourne à 2,8 %, cœur à 2,4 %. Des taux BCE plus hauts soutiendraient l’euro face au dollar, ce qui freinerait la hausse de l’or en euros même s’il continue de grimper en dollars.
Moyen-Orient, une désescalade encore fragile
Téhéran dit être très proche d’un accord avec Oman sur une route de contournement du détroit d’Ormuz, mais refuse tout dialogue direct avec Washington. Les Houthis ont par ailleurs attaqué la raffinerie saoudienne d’Aramco à Jazan après avoir déclaré un blocus naval contre l’Arabie saoudite, et Netanyahou a rejeté le plan de paix américain pour Gaza. Autant de foyers qui maintiennent une prime de risque géopolitique sous le cours de l’or, malgré l’optimisme sur Ormuz.
Chine et Inde, deux moteurs discrets du marché de l’or
Pékin a réduit ses importations de pétrole d’environ moitié entre février et juin en puisant dans ses stocks stratégiques, limitant la flambée des prix pendant la guerre en Iran, selon The economist. En Inde, les réserves de change ont bondi de 10,5 milliards de dollars en une semaine à 692,9 milliards, dont 104,7 milliards en or, la RBI continuant de diversifier ses réserves hors bons du Trésor américain, une confirmation de plus de l’appétit des banques centrales de l’Est pour l’or.
France, un contexte propice à l’or comme valeur refuge
Le pouvoir d’achat des ménages reste sous tension en août (hausse des tarifs de gaz et d’électricité, débat budgétaire tendu), pendant que l’épargne réglementée n’offre qu’une revalorisation limitée. Dans ce climat, l’or physique reste une option de diversification suivie de près par les épargnants français.
Dubaï et la contrebande version poche
Les douanes de Dubaï ont intercepté 460 grammes d’or fondu dissimulés dans l’armature d’une valise. L’information, relayée par The National le 6 août dernier, montre que la contrebande d’or sait de réinventer et n’a pas encore dit son dernier mot !
À surveiller
→ L’indice des prix à la consommation américain, attendu mercredi 12 août.
→ La solidité de l’accord Iran-Oman, encore non signé formellement, et la capacité de la Chine à continuer de « piloter » le marché pétrolier avec ses stocks stratégiques, que Vortexa estime tenables encore environ quatre mois. Ce tampon, s’il s’épuise, pourrait raviver d’un coup la prime géopolitique sur l’or.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
