À retenir 

  • Or stable à 4 060 $ / 3 530 € malgré la chute du pétrole, les banques centrales continuant d’acheter à un rythme record.
  • La Hongrie a arrêté sa centrale nucléaire de Paks (40 % de son électricité), une première en 44 ans, faute d’eau dans le Danube.
  • Les banques centrales ont acheté 530 tonnes d’or au premier semestre 2026, un record en valeur à 380 milliards de dollars. 

Or et métaux précieux 

L’or spot fait du sur place ce mardi autour de 4 060 $, soit environ 3 530 € l’once, en légère consolidation. Le driver du jour, c’est le pétrole qui s’effondre : Trump a suspendu ses menaces de frappes sur l’Iran et rouvert le dialogue via Oman sur le détroit d’Ormuz, ce qui a fait chuter le baril de 6 % et calmé l’appétit pour la valeur refuge à très court terme.
Mais sous la surface, la tectonique de fond reste haussière : selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté net 289 tonnes d’or au T2 2026, en hausse de 62 % sur un an, portant le total du premier semestre à plus de 530 tonnes, un record en valeur à 380 milliards de dollars.
Techniquement, le marché reste enfermé dans un couloir 3 945–4 172 $, sous sa moyenne mobile et avec un MACD encore négatif mais moins vendeur ; une cassure au-dessus de 4 172 $ ouvrirait la route vers 4 244 $. 

Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium 

Cours de l’argent à 59 $, soit environ 51,40 € l’once
L’argent est en légère hausse, porté par la demande industrielle et un short-covering technique. 

Cours du platine à 1 648 $, soit 1 443 € l’once
Le platine est en légère hausse lui aussi. 

Cours du palladium à 1 260 $, soit 1 117 € l’once
Le palladium marque une légère baisse en ce début de semaine. 

Géopolitique et économie 

Crise énergétique sur le Danube
La Hongrie a arrêté dimanche sa centrale nucléaire de Paks (40 % de son électricité), une première en 44 ans, le fleuve étant tombé sous son record historique de 2018 ; la Roumanie a fait exploser lundi un affleurement rocheux pour rediriger l’eau vers sa centrale de Cernavoda, et la Serbie tourne à 30 % de ses capacités hydroélectriques, selon la RTS. Aucune pluie significative n’est prévue. Pour la zone euro, c’est un risque énergétique et industriel régional qui s’ajoute au choc pétrolier iranien.  

Sécheresse et déficit public en France
La saison des feux 2026 a déjà brûlé plus de 116 000 hectares, dix fois la moyenne décennale, battant le record de 1976, selon Le Monde. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu le 30 juillet sur France Inter qu’il serait « difficile » de tenir l’objectif de déficit à 5 % du PIB.
Rexecode chiffre le coût de la sécheresse entre 3 et 6 milliards d’euros, soit 0,1 à 0,2 point de PIB ; Allianz Trade, dans un scénario extrême cité par Le Monde, évoque un déficit pouvant grimper à 7,1 % du PIB d’ici 2030 en cas de répétition des étés caniculaires. À noter, pour équilibrer : une étude de la BCE de mars 2026 avance à l’inverse un effet net positif de la chaleur sur le PIB français à court terme, mais c’est un point de vue minoritaire et contesté.
Mais bien au-delà des points de PIB, ce sont des territoires entiers avec leurs populations et leurs faunes et leurs flores qui sont impactés. 

Tensions en mer Rouge
Les attaques houthies contre des pétroliers saoudiens près de Bab-el-Mandeb se multiplient, avec une chute des flux de 4 millions de barils/jour depuis le 1er juillet selon Société Générale : un risque qui pourrait faire remonter les cours du pétrole et impacter l’or si le dossier iranien se dégrade à nouveau. 

À surveiller 

 Issue des pourparlers à Ormuz
L’issue des discussions Oman-Iran cette semaine, qui conditionnera si le pétrole continue de refluer ou rebondit brutalement, et son impact sur l’or.
Crise du Danube
L’évolution du niveau du fleuve, qui pourrait forcer un arrêt total de Paks et des coupures industrielles en Europe centrale d’ici la fin de semaine.
Budget rectificatif français
Après les sécheresses et incendies records de cet été, Bercy devra peut-être revoir sa copie sur le déficit avant l’automne.  


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.