Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 30/03/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 210 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,4 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 53.3 ↘︎
  • Valeur du Dow Jones : 45480 ↘︎
  • Valeur du S&P 500 : 6392 ↘︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 30/03/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,9 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,1%
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -16,3
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 5526 ↘︎
  • EUR/USD : 1,147 ↘︎

La semaine du 24 au 30 mars s’est ouverte sur des marchés encore fragiles (et qui continuent à baisser globalement) mais moins paniqués que lors du flash krach précédent : aux États‑Unis, le S&P 500 et le Dow Jones restent sous pression après la secousse de mars, tandis qu’en Europe l’Euro Stoxx 50 demeure nettement en retrait par rapport à son record de fin février, malgré un rebond technique à partir du 23 mars. 


Évolution du cours de l’or

Dans cet environnement, le métal précieux a servi de refuge, mais par à‑coups seulement : remontée vers 3 960 € l’once d’abord, puis rechute vers 3 787 € le 26 mars, ensuite reprise du cours de l’or au‑dessus de 3 925 € avant finalement de frôler 3 950 € le lundi 30 mars, avec une version dollar qui reste, elle aussi, très chahutée autour de 4 400 $.

cours de l'or 31 mars 2026

Un marché encore traumatisé

Le premier élément à garder en tête, c’est que l’or reste dans l’ombre du krach de la semaine précédente. Le marché n’a pas « oublié » le décrochage brutal subi suite au changement de régime des taux après le discours de Jerome Powell du 18 mars : les investisseurs continuent d’ajuster leurs portefeuilles, et les mouvements de la semaine du 24 au 30 mars ressemblent plus à une digestion nerveuse qu’à une tendance nette. Quand un actif a déjà perdu très vite puis rebondit tout aussi vite, chaque nouvelle séance devient une bataille entre acheteurs opportunistes et vendeurs qui veulent réduire l’exposition au risque.

Taux élevés, soutien absent

Le point central, c’est que l’or ne bénéficie plus du même soutien monétaire qu’auparavant. Depuis la réunion de la Fed, le marché a intégré l’idée que les baisses de taux promises pour 2026 seraient bien moins nombreuses que prévu (et il pourrait même n’y en avoir aucune !), ce qui maintient les rendements américains à un niveau élevé et donc réduit l’attrait d’un actif non rémunéré comme l’or. En effet, à 4.4% environ, le 10 ans américain offre aux investisseurs un refuge jugé plus « efficace » et rentable à court terme. Tant que cette concurrence obligataire restera aussi forte, l’or peinera à séduire et donc à se redresser.

L’Iran ne suffit plus

La guerre en Iran et les tensions sur le détroit d’Ormuz continuent de soutenir le pétrole, c’est clair, mais l’effet sur l’or est devenu plus ambigu. En théorie, un baril cher et un contexte géopolitique explosif devraient doper le métal jaune. En pratique, les marchés interprètent maintenant ce choc comme un moteur d’inflation avant tout, et donc comme un argument supplémentaire pour garder des taux élevés plus longtemps. Dès lors, on peut penser que la Fed ne voudra pas relâcher la pression, empêchant du même coup le métal jaune de transformer le stress géopolitique en rallye durable.

Le dollar reste décisif

Pour l’or en euros, la variable clé reste évidemment le dollar. La semaine du 24 au 30 mars se déroule dans un environnement de change où l’EUR/USD reste fragile autour de 1,15, ce qui signifie qu’un mouvement du prix en dollars se traduit presque immédiatement en euros, parfois de manière amplifiée. Quand l’once glisse vers 4 100 $ au cœur de la semaine, la cotation européenne tombe mécaniquement vers 3 787 €. Et quand le métal repart vers 4 400 $, l’euro un peu faible limite le rebond, d’où une fin de semaine seulement un peu au-dessus de 3 925 € (et non un retour plus franc au‑dessus de 4 000 €). Néanmoins, dans les faits, l’or en euros paraît augmenter (+3% sur la semaine) pendant qu’il stagne face au dollar (-0,2% sur la même période). La magie des effets de change…

Les ventes forcées automatiques continuent

Les mécanismes automatisés restent également très puissants. Après le choc de la semaine précédente, les algorithmes de trading et les stop-loss restent enclenchés sur les replis, ce qui transforme le moindre faux pas en accélération soudaine. L’or est devenu un actif contrasté : les acheteurs de long terme le voient toujours comme une assurance, mais les intervenants de court terme l’utilisent comme variable d’ajustement dès qu’un autre actif se dégrade. À cela s’ajoutent des appels de marge liés à la chute persistante des actions, ce qui oblige certains détenteurs à vendre leur or pour trouver du cash. 

L’Asie continue à amortir, mais ne relance rien

En Asie, la demande physique continue de jouer son rôle habituel de soutien, mais sans provoquer d’emballement. Depuis le début du mois, la Chine se montre plus résiliente que l’Inde : Pékin reste présente à l’achat, tandis que les ménages indiens ralentissent face aux prix qui deviennent trop élevés. Fin mars, cet appui demeure réel mais n’est pas assez puissant pour inverser la dynamique dominée par les taux américains et les flux financiers. Les primes physiques et les achats de bijoutiers évitent un effondrement plus brutal, mais ils ne suffisent pas à replacer l’or dans une trajectoire de hausse franche.

Un refuge hésitant

Au fond, cette semaine du 24 au 30 mars raconte un peu la même histoire sur l’or que la semaine précédente : la guerre, le pétrole et les tensions stratégiques devraient normalement activer la valeur refuge de l’or, mais d’un autre côté, les taux élevés, le dollar et les arbitrages de portefeuilles tirent le métal en sens inverse. Au final, le cours hésite, fluctue et ne montre aucune direction franche pour l’instant.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.