Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 11/05/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 200 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,3 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48,2 ↘︎
  • Valeur du Dow Jones : 49764 ↗︎
  • Valeur du S&P 500 : 7426 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 11/05/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -20,6
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 5876 ↗︎
  • EUR/USD : 1,178 ↗︎

La semaine du 6 au 11 mai a vu un net redressement des marchés actions américains et européens. Le S&P 500 et le Dow Jones ont retrouvé de l’allant après leurs hésitations d’avril, tandis que l’Euro Stoxx 50 s’est lui aussi raffermi, signe d’un reflux temporaire de l’aversion au risque.


Évolution du cours de l’or

Ce mouvement n’a pas empêché le cours de l’or de progresser lui aussi, mais il a changé la nature de sa hausse : on n’est plus dans un simple réflexe de peur, plutôt dans un marché tiraillé entre soutien géopolitique, tension sur l’énergie et achats de couverture. À 4 016,66 € et 4 731,71 $ l’once le 11 mai, l’or a effacé ses pertes récentes et retrouve un niveau psychologique clé.

cours de l'or 12 mai 2026

Une semaine très heurtée

Le marché de l’or a surtout évolué dans une succession de secousses. Les nouvelles contradictoires venues du Proche-Orient ont entretenu une forte volatilité, sans donner de trajectoire simple aux prix. D’un côté, les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz ont soutenu la valeur refuge. De l’autre, plusieurs séances ont montré que l’or restait sensible aux anticipations de taux et au comportement du dollar. Cette combinaison explique pourquoi l’or a pu reculer puis rebondir très vite, au lieu de suivre une tendance régulière.

Le pétrole comme déclencheur

Le facteur le plus structurant de la semaine a encore été le pétrole. Quand le brut monte, le marché lit tout de suite un risque d’inflation plus durable, donc des banques centrales moins pressées de baisser leurs taux. Or, c’est précisément ce qui pèse sur l’or à moyen terme : l’actif reste recherché en période d’incertitude, mais il souffre dès que les rendements obligataires redeviennent très compétitifs. Le début de semaine a illustré cette mécanique : l’or a d’abord subi la pression combinée d’un pétrole ferme et d’un dollar qui résistait encore malgré les tensions.

L’Iran entretient le flou

Les informations en provenance d’Iran ont nourri un climat de brouillard stratégique plus qu’un simple choc de panique. Les récits de négociations avortées, les tensions dans le détroit d’Ormuz et les menaces autour des routes maritimes ont maintenu les investisseurs dans une posture défensive. Mais ce type de crise a un effet ambivalent sur l’or : il renforce l’attrait du métal jaune, tout en poussant l’énergie et les taux à la hausse, ce qui finit par limiter l’ampleur du mouvement. C’est ce va-et-vient qui explique la hausse de l’or sans emballement incontrôlé.

Les tarifs de Trump comptent encore

Les effets de manche et autres rodomontades de Donald Trump continuent de faire bouger les marchés, qu’il s’agisse de publications assistées par IA, d’annonces péremptoires sur l’état de la situation géopolitique au Proche-Orient ou de nouvelles menaces tarifaires. Le fait est qu’en période de tensions commerciales comme celles que nous traversons actuellement, les marchés cherchent davantage de protection et se repositionnent sur les valeurs refuges, dont l’or fait partie. Mais certaines de ces annonces alimentent en parallèle des craintes de hausse des prix importés et de ralentissement du commerce mondial, ce qui renforce l’idée de taux élevés plus longtemps. Là encore, l’or bénéficie de l’instabilité générale, sans toujours en capter tout le potentiel. C’est l’un des traits de cette semaine : le métal jaune a servi d’assurance, ce qui est l’un de ses rôles, mais ça reste une assurance qui coûte cher. Alors on y va à pas mesurés.

Le dollar change moins la donne

En dollars, l’or a progressé davantage qu’en euros, signe que le marché américain a soutenu le mouvement. Mais cette hausse ne s’explique pas seulement par un dollar plus faible : la demande de protection a aussi joué un rôle important. Pour un investisseur européen, le rebond a donc été renforcé par la hausse du prix en dollars, tandis que le change n’a pas freiné le métal. Le retour au-dessus de 4 000 euros montre que le billet vert n’a pas suffi à casser l’élan.

L’Asie revient acheter

La Chine a joué un rôle important en fin de période, avec un retour marqué des acheteurs. C’est un point essentiel, car le marché asiatique intervient souvent quand les prix corrigent, ce qui limite les baisses et favorise les reprises rapides. Les flux venant de Chine sont d’autant plus importants qu’ils traduisent aussi un intérêt accru pour l’or d’investissement, et pas seulement pour la bijouterie. D’ailleurs, certains analystes locaux expliquent qu’en Chine l’or n’est pas seulement considéré comme un bien de luxe, mais aussi comme une monnaie forte face à l’incertitude. Quoi qu’il en soit, ce regain d’intérêt donne au marché un plancher plus solide au moment où l’Occident reste tiraillé entre taux élevés et inquiétudes géopolitiques.

Analyse technique: reprise confirmée

Techniquement, la semaine est plutôt constructive. Si on regarde le graphique en euros du cours de l’or de ces derniers jours, on constate un creux proche de 3 896 € entre le 5 et le 6 mai, puis un redressement progressif vers la zone des 4 000 €, avec une résistance franchie au moins en intraday. Le marché a donc cessé de faire des sommets décroissants et a retrouvé une dynamique de reprise à court terme. La zone des 3 900 € reste un support important, tandis que le seuil des 4 040 € constitue désormais une borne à surveiller pour la suite. Tant que les cours restent au-dessus des 4 000 €, le scénario de consolidation haussière reste crédible.

Le COMEX se réveille

Enfin, le COMEX a lui aussi accompagné ce rebond. Les volumes sont remontés à des niveaux proches du début avril, avec un pic à plus de 20 millions d’onces le 7 mai, ce qui montre que le marché à terme a retrouvé de l’intensité. Ce n’est pas encore l’exubérance de fin mars, mais c’est un signal favorable : les opérateurs reviennent et les positions se reconstituent. Autrement dit, le marché n’est pas seulement tiré par l’actualité, il est aussi soutenu par une vraie activité spéculative et de couverture.

Volumes négociés - COMEX

En bref…

Au total, la semaine du 6 au 11 mai marque une vraie inflexion par rapport aux deux semaines précédentes. L’or a progressé à la fois parce que le contexte géopolitique reste instable, parce que le pétrole entretient la peur inflationniste, et parce que la demande physique asiatique revient sur les replis. Mais ce rebond est aussi plus sain qu’une simple flambée de stress : les marchés actions remontent, le COMEX reste actif et l’or s’affirme comme un actif de couverture, pas seulement comme un refuge de panique. Le métal jaune a donc retrouvé de l’allure, tout en restant tributaire d’un équilibre encore fragile entre pétrole, taux et tensions internationales.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.