Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 04/05/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 189 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,3 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 49,8
  • Valeur du Dow Jones : 49048 ↘︎
  • Valeur du S&P 500 : 7209 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 04/05/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3 % ↗︎
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -20,6
  • Valeur Euro Stoxx 50 : 5748 ↘︎
  • EUR/USD : 1,169 ↘︎

La semaine du 28 avril au 4 mai s’est déroulée dans un climat de prudence sur les marchés actions. Les indices américains ont perdu de leur élan, tandis que les actions européennes ont elles aussi montré des signes de faiblesse, ce qui a entretenu une ambiance de marché moins favorable au risque. 


Évolution du cours de l’or

Dans ce climat hésitant, le cours de l’or n’a pas réussi à retrouver durablement les 4 000 euros l’once, malgré un environnement qui, en théorie, devrait lui être favorable. Le métal jaune a surtout évolué en dents de scie, sans direction claire, ce qui traduit une forte méfiance des investisseurs.

cours de l'or 5 mai 2026

D’ailleurs, la tendance sur un mois est désormais orienté à la baisse, ce qui montre que les supports habituels du métal précieux ne suffisent plus à compenser la désaffection des investisseurs de court terme. 

Un marché coincé entre peur et taux

Le principal moteur de cette semaine reste le même depuis plusieurs séances : l’or navigue entre des facteurs géopolitiques qui le soutiennent et des facteurs monétaires qui le freinent. D’un côté, les tensions au Proche-Orient et les menaces tarifaires de Donald Trump alimentent l’incertitude. De l’autre, le pétrole cher entretient l’idée que l’inflation pourrait rester tenace, ce qui pousse les marchés à croire que les banques centrales maintiendront des taux élevés plus longtemps. Or, quand les rendements obligataires restent attractifs (les taux à dix ans sont d’ailleurs proches de leur cote d’alerte aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis), l’attrait relatif de l’or diminue.

Le pétrole reste la clé

Le lien entre pétrole et or est central dans cette séquence. La flambée de l’énergie accroît la nervosité des investisseurs, mais, on l’a dit plus haut, elle nourrit aussi des anticipations d’inflation qui réduisent la probabilité d’un assouplissement monétaire rapide. C’est précisément ce qui pèse sur le métal jaune : un or de crise peut profiter du chaos géopolitique, mais il souffre quand ce chaos se transforme en inflation persistante et en taux élevés durablement. 

L’Iran au cœur de la tension

Le choc de début de semaine a été particulièrement visible sur le compartiment géopolitique. Les informations relayées sur une possible attaque dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la cartographie militaire publiée par les Gardiens de la Révolution Islamique, ont ravivé les inquiétudes autour de la sécurité du trafic maritime et de l’approvisionnement énergétique mondial. Des missiles ont été tirés par l’Iran sur des navires américains qui escortent certains bâtiments dans le détroit, l’armée de l’Oncle Sam tire à son tour sur des « embarcations iraniennes » (sans plus de précisions), des raffineries saoudiennes et koweitiennes sont visées par des drones, bref la tension est maximale. Pourtant, bien que ce type d’événement soutienne habituellement le cours de l’or, l’effet est fortement tempéré par la lecture macroéconomique dominante qui veut que si le prix de l’énergie repart fortement (le baril de Brent affichait $114 le 4 mai), les taux restent hauts plus longtemps, et cela finit par peser sur l’or. C’est ce risque là que le marché a donc retenu.

Le dollar aide à peine

Sur la période, le dollar a reculé, mais pas assez pour offrir un vrai soutien à l’or libellé en euros. Cela explique pourquoi le cours européen a continué de patiner malgré une devise américaine moins ferme. En général, un dollar plus faible aide l’or en euros, car il amortit la hausse ou limite la baisse du spot. Mais cette fois, l’effet devise n’a été qu’un petit coussin discret, incapable de compenser les hésitations du marché.

Asie et banques centrales

Du côté de la demande physique,  on prend les mêmes et on recommence : les marchés asiatiques ont continué d’apporter un soutien de fond, toujours sans déclencher de rattrapage spectaculaire. Les achats des banques centrales restent eux aussi un élément favorable, mais ils agissent surtout sur le long terme. Les données du Conseil mondial de l’or indiquent d’ailleurs que les banques centrales ont encore renforcé leurs réserves au premier trimestre, ce qui confirme la solidité de la demande structurelle. Mais ce soutien n’a pas la puissance immédiate nécessaire pour inverser une semaine dominée par les taux, le pétrole et la géopolitique.

Le COMEX reste actif

Sur le COMEX, les volumes ne sont plus du tout ceux de fin mars, quand certaines séances dépassaient les 55 millions d’onces. Mais ce reflux n’est pas forcément négatif. Il montre plutôt que le marché est sorti de la phase de panique extrême pour revenir à des niveaux d’activité plus normaux, tout en restant liquides et réactifs. Les volumes observés autour de la fin avril restent élevés au regard d’un marché calme, ce qui signifie que l’or continue malgré tout d’attirer des intervenants nombreux. 

Volumes négociés - COMEX

Analyse technique du marché

D’un point de vue technique, l’or en euros a d’abord tenté de se stabiliser, avant de retomber sous la pression vendeuse de fin de semaine. La zone proche des 3 950 à 4 000 euros a joué le rôle de seuil psychologique, mais elle n’a pas été reconquise franchement. Le marché a surtout consolidé de manière irrégulière, avec des rebonds vite effacés. La baisse finale vers 3 857 euros illustre un marché encore fragile, où chaque tentative de reprise manque de conviction. Néanmoins, en langage de marché, on est davantage dans une phase de digestion que dans une vraie cassure baissière.

En bref…

La semaine du 28 avril au 4 mai montre un cours de l’or hésitant, fébrile, changeant à chaque nouvelle déclaration de Trump ou à chaque menace sur Ormuz. Néanmoins, en dehors des fluctuations quotidiennes, l’or garde son rôle d’actif refuge et continue à bénéficier d’un certain soutien lié à des inquiétudes très réelles : tensions géopolitiques, pétrole élevé, inflation sous-jacente et politiques monétaires restrictives. Mais il reste freiné par le fait que ces mêmes tensions rendent les obligations plus attrayantes que le métal jaune. C’est ce tiraillement qui explique le manque d’élan du marché, aussi bien en dollars qu’en euros. Tant que le pétrole restera cher et que les banques centrales garderont leurs taux élevés, l’or devrait continuer à avancer par à-coups, sans retrouver de vrai souffle haussier.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.