Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 20/04/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 207 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,3 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 47,6
- Valeur du Dow Jones : 49337 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 7100 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 20/04/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,6 % ↗︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -16,3
- Valeur Euro Stoxx 50 : 5988 ↗︎
- EUR/USD : 1,178 ↗︎
La semaine du 14 au 20 avril s’est déroulée dans un climat encore très nerveux sur les marchés actions. Aux États-Unis, le S&P 500 et le Dow Jones ont alterné rebonds prudents et nouvelles prises de bénéfices, sans retrouver une dynamique franchement haussière (on notera toutefois le passage des 7000 points pour le S&P), tandis qu’en Europe l’Euro Stoxx 50 est resté globalement hésitant, même après quelques séances de respiration.
Évolution du cours de l’or
Dans cet environnement, le cours de l’or a d’abord bénéficié d’un regain d’intérêt au milieu de semaine, avant de retomber avec le retour des inquiétudes géopolitiques et inflationnistes, tout en préservant globalement ses niveaux moyens autour de 4 070 € et 4 750 $ l’once.
Un pic de milieu de semaine
Le marché a connu un vrai sursaut le vendredi 17 avril, lorsque les investisseurs ont cru à une détente autour du détroit d’Ormuz et à un possible apaisement du conflit entre l’Iran et les États‑Unis. Cette parenthèse a brièvement soutenu l’or, qui a pu reprendre du terrain en euros comme en dollars. Mais l’embellie n’a pas tenu : les tensions se sont rapidement ravivées, les négociations n’ont pas abouti, et le métal jaune a de nouveau été tiré vers le bas à mesure que l’optimisme diplomatique s’éteignait.
Un retour des tensions sur Ormuz
La principale clé de lecture de la semaine reste le détroit d’Ormuz. Dès que le marché a compris que le blocage ou la menace de blocage pouvait repartir, les anticipations ont changé de registre. L’enjeu n’est pas seulement géopolitique : il est énergétique, puisque tout ralentissement du trafic dans ce passage stratégique alimente immédiatement les craintes de pénuries et de hausse du prix du pétrole. Le marché de l’or, qui adore les crises, se retrouve alors face à un paradoxe : la tension devrait le soutenir, mais l’effet inflationniste qui en découle pousse aussi les investisseurs à redouter des taux élevés plus longtemps.
Le pétrole domine la lecture
C’est précisément ce double effet qui a pesé sur le cours de l’once. Quand le pétrole remonte, l’or gagne en attractivité comme valeur refuge, mais il perd en même temps une partie de son soutien monétaire, car l’inflation plus forte réduit l’espoir de voir les banques centrales assouplir leur politique. En début d’année, les marchés espéraient encore une détente graduelle des taux ; fin avril, ils doivent composer avec un scénario beaucoup plus prudent. Les craintes de pénuries énergétiques liées à Ormuz entretiennent donc un climat qui est bon pour l’or sur le plan psychologique, mais moins bon sur le plan des taux réels.
Le dollar finit par céder
En euros, la dynamique a été un peu plus favorable que la simple cotation en dollars ne le laisserait croire. Le dollar a finalement perdu du terrain sur la séquence, ce qui a amorti une partie des soubresauts du métal jaune pour les acheteurs de la zone euro. Lorsque l’or se replie en dollars, l’euro plus fort limite parfois la baisse en monnaie unique ; à l’inverse, lors des rebonds, la faiblesse du billet vert accentue l’impression de reprise. C’est une des raisons pour lesquelles le prix en euros a semblé moins chahuté que le prix en dollars au cœur de cette semaine agitée, même si au final, sur l’ensemble de la période, l’or libellé en dollars a davantage progressé qu’en euros.
Analyse technique : un marché qui tient ses appuis
D’un point de vue technique, l’or a surtout joué avec ses niveaux de soutien. Le marché a d’abord réussi à défendre une zone de prix autour de 4 050 à 4 100 € l’once, avant de refluer vers des niveaux plus proches de 4 030 € lors des phases de faiblesse. Le fait qu’il soit resté globalement au-dessus de ces seuils montre qu’il existe encore une base acheteuse, même si elle est moins agressive que lors des épisodes de panique de mars. En dollars, la même logique s’observe autour de la zone des 4 700 à 4 800 $, où les prises de bénéfices reviennent vite dès que le marché tente d’aller plus haut.
Le COMEX se calme après le pic de mars
Les derniers mouvements sur le COMEX confirment cette lecture, mais avec une nuance importante : après l’explosion des volumes observée autour du 23 mars (avec un pic à 55,9 millions d’onces), l’activité s’est progressivement repliée vers des niveaux bien plus modérés. On passe ainsi d’échanges encore très soutenus fin mars, souvent entre 18 et 30 millions d’onces, à des volumes plus calmes début avril, fréquemment compris entre 10 et 20 millions d’onces. Cela montre un marché qui reste actif, mais qui a clairement quitté la phase de stress maximal. Le COMEX continue donc d’amplifier les mouvements de court terme, mais dans un environnement désormais moins frénétique qu’au moment du choc de mars.
Banques centrales et Asie
En arrière-plan, la demande structurelle reste présente. Les banques centrales continuent de diversifier leurs réserves vers l’or, mais leur action se mesure sur plusieurs mois, pas sur quelques séances. En Asie, les acheteurs physiques reviennent surtout lors des replis, ce qui fournit un plancher au marché sans relancer un mouvement d’euphorie. Autrement dit, la demande réelle empêche le cours de décrocher durablement, mais elle ne suffit pas à transformer la volatilité actuelle en nouveau rallye.
En bref…
Au final, la semaine du 13 au 20 avril confirme que l’or reste un actif très sensible au moindre changement de perception sur l’Iran, le pétrole, les taux et le dollar. Le métal a bien retrouvé un certain équilibre, autour de 4 070 € et 4 750 $, mais cet équilibre reste fragile et dépend largement de l’évolution du conflit au Proche‑Orient et du scénario monétaire américain. Pour l’investisseur, le message est clair : l’or conserve son statut de refuge, mais dans le climat actuel encore dominé par l’incertitude, il avance à coups de rebonds et de rechutes, davantage porté par la peur que par une tendance linéaire.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.




