Or et métaux précieux
L’ambassadeur iranien à Moscou a confirmé lundi que le détroit d’Hormuz resterait opérationnel, mais sous conditions fixées conjointement par l’Iran et Oman, avec des droits de transit à la clé. Les marchés ont soufflé brièvement. L’or évolue ce matin autour de 4 341 dollars l’once, dans un contexte de forte volatilité post-NFP.
Repères techniques du cours de l’or
Le cours de l’or tente une stabilisation technique précaire en s’établissant autour de 4 341 dollars l’once, reprenant timidement +0,05 % après la lourde purge subie en fin de semaine dernière. À l’échelle mondiale, la rupture graphique majeure sous la moyenne mobile à 200 jours (SMA 200) valide une transition vers un canal baissier à court terme, initiée par la vigueur renouvelée du dollar américain et un rapport de l’emploi américain dont nous parlions hier (Non-Farm Payrolls) qui repousse la perspective de baisses des taux de la Réserve fédérale.
Néanmoins, l’effondrement global est freiné par des facteurs de soutien systémiques : la poursuite des achats institutionnels des banques centrales.
Les indicateurs de momentum maintiennent un biais de vente à court terme. Le premier support solide à surveiller se situe à 4 230 $, niveau de la ligne de tendance haussière de long terme. En cas de rebond, la première résistance à franchir est à 4 366 $, bas de séance du 28 mai, puis 4 400 $.
Les forces structurelles qui soutiennent l’or depuis des années restent en place : déficits fiscaux élevés, pression continue sur les banques centrales pour accommoder les emprunts gouvernementaux, et transition vers un monde où la résilience prime sur l’efficacité.
Cours de l’argent, platine et palladium
La contagion baissière macroéconomique lie étroitement le sort des autres métaux précieux à l’évolution du billet vert et des rendements obligataires en ce 9 juin 2026 :
- L’argent : Le cours spot s’affiche à environ 68 dollars l’once. Sur le plan technique, l’argent consolide sa violente chute récente en tentant de défendre sa zone de support psychologique à 67,50 dollars.
- Le platine : Le métal se négocie autour de 1 755 dollars l’once. Techniquement, le platine montre une dégradation nette après avoir enfoncé ses supports intermédiaires de court terme.
- Le palladium : Il s’établit aux alentours de 1 203 dollars l’once. Le métal demeure enfermé dans une dynamique de faiblesse structurelle ; l’enfoncement marqué des 1 242 dollars valide le basculement sous un ancien pivot clé.
Géopolitique et économie
Jour 100 pour une guerre qui ne devait pas durer. Le conflit Iran/États-Unis a passé la barre symbolique des 100 jours ce weekend. Il devait durer « quatre à cinq semaines » selon la communication initiale de l’administration Trump. Aujourd’hui, les messages contradictoires des deux côtés et un processus de paix en stop-and-go maintiennent les investisseurs sur le fil. Le Brent était en hausse de 2,34 % à 93,09 $ lundi matin, les marchés asiatiques ouvraient en baisse, avec le Kospi sud-coréen en recul de plus de 8 %.
Hormuz reste ouvert, mais payant. La confirmation de l’ambassadeur iranien change les termes du problème. Ce n’est plus une question de fermeture physique du détroit, c’est une question de structure de coûts permanente. Avant le conflit, 17 à 18 millions de barils par jour transitaient librement. Ce flux va désormais embarquer une couche de frais de transit dont les modalités restent floues. Les économies asiatiques sont les premières exposées : le Japon couvrait 95 % de ses besoins pétroliers depuis le Moyen-Orient avant le conflit. La Chine, la Corée du Sud et l’Inde portent une dépendance similaire.
Pour les Français, cela se traduira par une énergie plus chère à la pompe, mais aussi une inflation industrielle diffuse qui met la BCE sous pression supplémentaire avant sa décision de jeudi. Sans comptabiliser les dégâts provoqués par plus de 3 mois de blocage maritime.
Si le détroit reste fermé, l’inflation repartira, mais les investisseurs semblent encore croire que ni Trump ni les Iraniens ne veulent prolonger ce conflit.
Les surprises du jour
La fin d’un paradigme de 50 ans. L’hypothèse sur laquelle les marchés énergétiques ont fonctionné pendant des décennies, à savoir que le passage par Hormuz est libre et sans friction, est durablement mise à mal. Des droits de transit sur un couloir maritime mondial est une première depuis le canal de Suez nationalisé par Nasser en 1956.
Les implications pour les chaînes d’approvisionnement mondiales et l’inflation structurelle sont encore largement sous-estimées.
La Corée du Sud chute de 8 % à l’ouverture. Le Kospi a décroché de plus de 8 % lundi matin, reflet d’une économie asiatique ultra-dépendante du pétrole du Golfe et du commerce mondial. Le baromètre asiatique réagit vite quand une secousse de cet ampleur se fait sentir.
Le pétrole cherche son nouveau prix d’équilibre. Les compagnies pétrolières, les affréteurs de tankers et les raffineurs travaillent tous en ce moment sur la même question : quel est le nouveau coût de base du pétrole du Golfe avec des frais de transit permanents, une assurance guerre au multiple de l’avant-conflit, et des routes alternatives qui consomment plus de carburant ? Personne ne connaît encore la réponse. Ceci est un bon rappel : les marchés sont le reflet d’une réalité physique dont nous dépendons tous.
Ce qu’il faut surveiller aujourd’hui
→ Détails des frais de transit Hormuz.
La déclaration iranienne de lundi ouvre une nouvelle phase de négociation sur les modalités concrètes : qui perçoit les frais, comment, et pour qui des exemptions sont accordées. La réponse des États-Unis et des pays du Golfe dans les prochaines heures donnera la mesure de l’accord réel ou de la tension qui se profile.
→ On surveille les marchés asiatiques ce mardi.
Après le -8 % du Kospi lundi, la séance asiatique de mardi donne la mesure de la contagion. Si Tokyo et Shanghai rebondissent, le signal se stabilise. Si la pression continue, l’Europe et l’Amérique ouvrent sous tension.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.

