Pour l’argent métal, ce premier semestre 2026 est historique… et pas seulement parce que l’once a frôlé les 100 euros l’once en janvier. Cette première moitié d’année est aussi marquée par une correction spectaculaire. Derrière cette volatilité, les tensions structurelles restent fortes, avec un marché en déficit et une demande industrielle en évolution. Que faut-il retenir ? Veracash vous propose une rétrospective de ces six premiers mois.

Disclaimer : cet article est à vocation pédagogique et ne remplace pas les conseils d’un professionnel qualifié.

L’essentiel

  • Après un record historique fin janvier 2026 à près de 100 euros l’once (et plus de 120 dollars), l’argent métal a connu une forte correction au premier semestre.
  • Au printemps, le cours de l’argent a subi une baisse avant de stabiliser au début de l’été.
  • Cela n’efface pas les tensions structurelles : la demande est toujours soutenue, et l’offre est insuffisante.
  • Ce premier semestre 2026 confirme le double visage de l’argent métal : un actif précieux recherché par les investisseurs, mais aussi un composant stratégique pour l’industrie.

Cours de l’argent : retour sur un premier semestre inédit

En janvier 2026, le cours de l’argent atteint un record

Après avoir progressé de près de 117 % en dollars (et 94 % en euros) en 2025, l’once d’argent a poursuivi son envolée : le métal précieux a vécu un mois de janvier 2026 hors normes. À plus de 120 dollars l’once et frôlant les 100 euros, le prix de l’argent métal a atteint un niveau encore jamais observé le 29 janvier 2026. Soit quatre fois la valeur à laquelle l’once s’échangeait un an plus tôt sur les marchés.

Après la progression, la correction

Le cours de l’argent corrige brutalement début février : près de 30 % entre le record historique et les jours suivants. Ce mouvement, qualifié de « mini-krach » par certains spécialistes, est suivi d’une nouvelle phase de volatilité : le cours repart temporairement à la hausse en mars, avant d’entamer une tendance baissière au printemps. Le cours de l’argent semble se stabiliser au début de l’été. Fin juillet 2026, l’once d’argent s’échange à plus de 50 euros. Mais malgré cette correction importante, l’argent métal reste nettement au-dessus de ses niveaux de l’année précédente : en juillet 2025, l’once valait environ 32 euros.

Pourquoi l’argent a-t-il autant corrigé après son record historique ?

 

Un mouvement partagé avec celui du cours de l’or

La chute du cours de l’argent au printemps n’est pas un phénomène isolé : d’autres métaux précieux ont aussi fortement corrigé au premier semestre, et notamment l’or. Mais la correction est beaucoup plus marquée pour l’argent métal : ce dernier est d’ailleurs souvent décrit comme un actif plus volatil, avec des mouvements amplifiés lorsque les investisseurs corrigent leurs positions. C’est ce qui s’est produit dans un contexte où certains investisseurs ont privilégié la prise de bénéfices après une hausse spectaculaire. Dans une analyse publiée en février, Les Échos évoquent d’ailleurs « un repositionnement des investisseurs plutôt qu’un tournant fondamental ».

Des perspectives industrielles moins favorables sur cette période

L’argent combine plusieurs influences : c’est un métal précieux qui représente une réserve de valeur, mais c’est aussi une matière première industrielle. Or, les perspectives se sont dégradées au premier semestre 2026, dans un contexte géopolitique tendu et alors que certaines industries évoluent. Dans son World Silver Survey publié en avril 2026, le Silver Institute estime ainsi que le photovoltaïque pourrait connaître une baisse de la demande sur l’année, jusqu’à 19 %. Cette industrie cherche en effet à réduire la quantité d’argent nécessaire aux composants, en se tournant notamment vers le cuivre.

Des facteurs fondamentaux qui restent solides malgré la correction

Avec plus de demande que d’offre, le marché de l’argent est toujours déficitaire

La correction du cours de l’argent au cours du premier semestre 2026 ne signifie pas pour autant que les tensions sur le métal ont disparu. Au contraire : selon le Silver Institute, le marché de l’argent devrait connaître une sixième année de déficit. C’est-à-dire une nouvelle année où la demande en argent est plus forte que l’offre disponible. Ce déficit est estimé à 67 millions d’onces en 2026. La production minière progresse lentement d’année en année, et le métal issu de la filière recyclage n’est pas en mesure de combler l’écart.

L’IA est en plein essor : la demande industrielle change de nature

Le secteur photovoltaïque représente toujours aujourd’hui l’un des principaux moteurs de la demande industrielle. Pourtant, les avancées technologies permettent de réduire la quantité d’argent utilisée dans les composants. Mais de nouveaux besoins apparaissent avec la place grandissante occupée par l’intelligence artificielle, les « data centers » et les infrastructures associées. Ces nouveaux usages pourraient soutenir la demande à moyen et long terme.

Si bien que, dans leurs prévisions, les analystes misent majoritairement sur une tendance haussière pour l’once d’argent. Pour la suite de l’année 2026, les hypothèses relayées par la London Bullion Market Association (LBMA) permettent d’établir une moyenne autour de 80 dollars l’once, et certains spécialistes estiment que l’once pourrait atteindre 100 dollars et plus (Goldman Sachs, Citigroup).

Questions et réponses

Quel sera le prix de l’argent en 2026 ?

Après un record historique à plus de 120 dollars l’once fin janvier 2026, le cours a corrigé avant de se stabiliser autour de 50 euros l’once au début de l’été. Pour la suite de l’année, les prévisions des analystes restent très dispersées. La moyenne des estimations des analystes se situe autour de 80 dollars l’once pour 2026. Certains scénarios plus optimistes évoquent un retour vers les 100 dollars l’once, voire davantage.

Quelle est la prévision du cours de l’argent métal pour 2027 ?

Les prévisions pour 2027 restent incertaines : elles dépendront notamment de l’évolution de la demande industrielle, de la production minière et du contexte économique et géopolitique mondial. Toutefois, plusieurs tendances structurelles pourraient continuer à soutenir le marché de l’argent métal. La demande industrielle devrait rester un facteur clé, notamment dans le cadre de la transition énergétique et de l’essor de l’intelligence artificielle. Dans le même temps, l’offre devrait rester sous pression. Les analystes restent donc attentifs à un potentiel de hausse du cours de l’argent.


Perrine Tiberghien

Ancienne journaliste de presse écrite, rédactrice passionnée de nouveaux sujets : je décrypte le monde des finances et des budgets bien ficelés pour vous aider à mieux comprendre les mécanismes de l'investissement.