À retenir

  • 4 123 $ : l’or recule légèrement, mais résiste, pris entre dollar fort et détente des anticipations de Fed.
  • 24 ans : les rendements obligataires américains à long terme retrouvent des sommets historiques récents.
  • 1,12 $ : l’euro vacille, désormais rattrapé par les inquiétudes sur la dette française. 

Or et métaux précieux

L’or spot évolue ce mardi matin autour de 4 123,50 dollars l’once, contre 4 131,90 dollars lundi, soit environ 3 676,80 euros, contre 3 695,77 euros.
Le métal jaune évolue aujourd’hui entre deux forces contraires : un dollar plus ferme et des rendements obligataires américains très élevés, qui pèsent sur son cours, face au recul spectaculaire des anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Fed dès octobre après les mauvais chiffres de l’emploi américain. Les taux américains à 10 et 30 ans ont atteint lundi leurs plus hauts niveaux depuis 24 ans. 

Habituellement, des rendements aussi élevés constituent un puissant vent contraire pour l’or. Mais la hausse actuelle des taux longs traduit également des inquiétudes sur l’inflation, les déficits publics et la dette souveraine. Plusieurs banquiers centraux réunis à la conférence de la LBMA ont d’ailleurs réaffirmé lundi le rôle de l’or dans leurs réserves. 

Les fonds de pension commencent à regarder l’or autrement. Une étude publiée le 1er octobre par le WGC documente quatre fonds aux Pays-Bas, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie ayant des allocations d’environ 2 % à 5 %. Attention : ce sont des études de cas, pas la preuve d’un mouvement généralisé des retraites vers l’or. Mais c’est tout de même un signal faible à ne pas négliger. 

Septembre a été un mois hors du commun pour l’or. Septembre a combiné une baisse supérieure à 8 % du cours avec plus de 70 tonnes d’entrées dans les ETF. Le World Gold Council indique n’avoir jamais observé simultanément des mouvements mensuels de cette ampleur dans ses séries depuis 2004… 

Analyse technique

À très court terme, la zone des 4 100-4 105 dollars constitue le premier niveau observable à surveiller ; à la hausse, le sommet intraday autour de 4 153 dollars forme la première résistance immédiate. Tant que le cours reste enfermé entre ces bornes, le marché est davantage en consolidation qu’en rupture technique confirmée. 

Pour un détenteur français, un élément supplémentaire compte : l’euro. Sa faiblesse face au dollar amortit mécaniquement une partie du recul du métal exprimé en dollars, puisque l’or international est coté dans la devise américaine. 

L’argent évolue autour de 60,44 dollars, soit 53,99 euros l’once 

Contre 60,78 dollars lundi. Le métal reste donc proche de son support intraday autour de 60,3 dollars, dans un mouvement baissier commun aux métaux précieux ce matin. 

Le platine évolue autour de 1 697 dollars, soit 1 531,59 euros 

Contre 1 706 dollars lundi ; la zone des 1 695 dollars constitue le bas de séance, contre un sommet à 1 727 dollars. 

Le palladium cote environ 1 148 dollars, soit 1 043,54 euros 

Contre 1 150 dollars lundi. Pas de grand changement pour ce métal. 

Géopolitique et économie

Le sujet France déborde sur le marché des changes 

La tension sur la dette française déborde désormais franchement sur le marché des changes. L’euro a touché 1,116 dollar, son plus bas depuis environ 17 mois, tandis que les investisseurs s’interrogent sur la trajectoire budgétaire française et sur les difficultés politiques entourant le budget 2027. Le CAC 40 a perdu 0,8 % lundi alors que les autres marchés européens progressaient. Le spread OAT-Bund reste très élevé, même après une légère détente mardi matin. 

La BCE se retrouve prise en étau 

L’activité de la zone euro s’est pourtant améliorée : le PMI composite de septembre atteint 53,1, son meilleur niveau depuis avril 2023. Mais l’inflation est remontée à 3,8 %, alors même que les tensions obligataires françaises durcissent les conditions financières. Joachim Nagel, président de la Bundesbank, souligne toutefois que les anticipations d’inflation à long terme restent proches de l’objectif de 2 % ; il ne confirme donc pas une trajectoire automatique de hausse des taux. 

Au Moyen-Orient, Bab el-Mandeb change de mains 

Les forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad affirment avoir repris aux Houthis l’essentiel du littoral autour du détroit jusqu’à Mocha. C’est un développement important pour l’une des principales routes maritimes mondiales. Il intervient alors que les exportations pétrolières du Moyen-Orient ont retrouvé des volumes élevés, mais que les coûts de transport, d’assurance et de raffinage restent fortement perturbés.

En Asie, deux signaux monétaires à ne pas négliger 

Les marchés chinois restent fermés pour la Golden Week jusqu’au 7 octobre ; la PBoC avait annoncé avant les congés un dispositif pouvant injecter jusqu’à 1 000 milliards de yuans par jour en liquidités à très court terme jusqu’au 8 octobre. En Inde, la roupie évolue près de ses plus bas historiques face au dollar malgré les interventions de la RBI, pénalisée par le pétrole, les rendements américains et les sorties de capitaux.  

La finance européenne prépare plusieurs sortes d’euros numériques en parallèle 

L’information est relayée dans un article des Échos ce matin : tablecoins en euros, dépôts bancaires tokenisés et monnaie de banque centrale de gros sont désormais envisagés comme des briques complémentaires plutôt que comme un système unique. La Banque de France présente explicitement cette évolution comme un enjeu de souveraineté face à la domination des stablecoins en dollars. 

À surveiller 

→ La dette française et l’évolution de l’euro.

→ Les minutes de la Fed et les prix américains

→ Le seuil des 4 100 dollars pour le cours de l’or.


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.