À retenir
- 4 182 $ : l’or rebondit légèrement avant les chiffres de l’emploi américain.
- 5,34 % : le Treasury à 10 ans a touché son plus haut niveau depuis 2002.
- 120 millions de barils : Washington pousse l’Europe à mobiliser ses réserves de gazole.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 182 dollars l’once vendredi matin, contre 4 164 dollars jeudi, soit environ 3 718 euros. Reuters le relevait à 4 184 dollars en séance. Malgré ce rebond quotidien, le métal jaune s’achemine vers une deuxième semaine consécutive de baisse, avec un recul supérieur à 2 % depuis lundi.
Le contexte géopolitique reste tendu, mais les taux prennent le dessus. Le rendement du Treasury américain à 10 ans a atteint jeudi 5,34 %, son plus haut niveau depuis 2002, tandis que le dollar évolue près d’un sommet de 17 mois. Deux vents contraires pour l’or, qui ne verse pas d’intérêt et devient mécaniquement plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
Tout pourrait néanmoins bouger avec le rapport sur l’emploi américain attendu aujourd’hui. Le consensus repris par Reuters ce matin table sur environ 90 000 créations de postes en septembre, après 162 000 en août, et un chômage stable à 4,1 %. Un chiffre très différent des attentes pourrait modifier les anticipations de taux de la Fed et, par ricochet, le dollar, les obligations et l’or.
Malgré ce contexte chargé, l’or résiste mieux que ne le laisserait supposer la flambée des taux. Selon plusieurs analystes, cette résistance s’explique notamment par une demande devenue moins sensible aux rendements depuis 2022, portée entre autres par la diversification des réserves des banques centrales.
Techniquement, la zone des 4 150-4 160 dollars constitue le premier niveau à surveiller à très court terme, autour des cours observés ces deux dernières séances. Une rupture remettrait la zone psychologique des 4 000 dollars dans le radar. À la hausse, le retour au-dessus de 4 200 dollars constituerait un premier signal de reprise, mais le dollar et les rendements obligataires restent les variables dominantes.
En toile de fond, le contexte structurel et le comportement acheteur des banques centrales ne changent pas.
L’argent évolue autour de 61,03 dollars, soit 54,36 euros l’once
Contre 60,54 dollars jeudi. Le métal rebondit légèrement aujourd’hui mais reste orienté à la baisse sur la semaine, dans le même environnement de dollar fort et de taux élevés que l’or.
Le platine atteint environ 1 729 dollars, soit 1 552 euros l’once
Contre 1 703 dollars jeudi. La hausse quotidienne n’efface pas, là non plus, le recul enregistré à l’échelle de la semaine.
Le palladium évolue autour de 1 165 dollars, soit 1 056 euros l’once
Contre 1 172 dollars jeudi. C’est le seul des quatre métaux de notre tableau à rester légèrement dans le rouge sur vingt-quatre heures.
Géopolitique et économie
La crise du diesel arrive au cœur de l’Europe
Le sujet énergétique du jour n’est plus seulement le pétrole : c’est le gazole. Washington pousse les Européens, et notamment la France et l’Allemagne, à mobiliser leurs stocks stratégiques. En effet, Washington aurait demandé de libérer jusqu’à 120 millions de barils de diesel sur six mois. Paris et Berlin concentrent à eux deux environ 35 % des stocks stratégiques européens, selon les dernières données Eurostat disponibles, qui datent de mai 2025.
Le Brent se maintient ainsi autour de 102 dollars le baril vendredi matin. La question pour les marchés est désormais de savoir jusqu’où ce choc énergétique se transmettra à l’inflation et aux taux.
France : le taux à 10 ans flirte avec les 5 %
En France, dans un contexte social électrique, tous les regards sont tournés vers la dette publique.Le gouvernement vient de présenter son projet de budget 2027 avec pour objectif de ramener le déficit public de 5,4 % du PIB en 2026 à 5 % en 2027. Le projet prévoit notamment des mesures sur les dépenses publiques et les prélèvements, alors que la dette atteint environ 119 % du PIB selon Les Échos. Le texte doit encore passer par un Parlement très fragmenté, et son contenu peut donc évoluer sensiblement.
Le marché obligataire, lui, n’attend pas : la hausse des rendements français s’inscrit dans une vente massive d’obligations à l’échelle mondiale, mais les inquiétudes sur les finances publiques françaises ajoutent une pression spécifique. Reuters estime par ailleurs qu’une intervention de la BCE sur la dette française apparaît peu probable dans les conditions actuelles.
À surveiller
→ L’emploi américain
Chiffre qui influencera les anticipations de taux de la Fed, donc le dollar, les rendements obligataires et le cours de l’or.
→ Le diesel européen
Une libération coordonnée des réserves stratégiques changerait l’équation énergétique à court terme ; à l’inverse, une restriction américaine des exportations pourrait accentuer les tensions sur l’inflation et les prix.
→ La dette française
Entre le budget 2027 et des rendements obligataires proches de niveaux inconnus depuis plus de vingt ans, la France devient l’un des points de surveillance du marché obligataire européen.
→ La réaction du cours de l’or à tous ces éléments.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
