À retenir
- 4 025 $ : l’or recule légèrement après le maintien des taux de la Fed.
- – 7,5 % : le palladium décroche en une semaine et repasse sous les 1 000 dollars.
- 78 % : probabilité estimée d’une hausse des taux américains en décembre.
- + 23 % : hausse des prix des matières premières anticipée par la Banque mondiale pour 2026.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 025,40 dollars l’once jeudi matin, soit environ 3 614,90 euros, selon les cotations de référence communiquées ce matin. Il poursuit son repli après la décision de la Réserve fédérale américaine, qui a maintenu mercredi ses taux directeurs entre 3,75 % et 4 %.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, a confirmé que l’inflation restait trop élevée pour relâcher la vigilance monétaire. Les marchés évaluent désormais à environ 78 % la probabilité d’une nouvelle hausse des taux en décembre, contre 84 % avant la décision. Le maintien de rendements obligataires élevés pénalise l’or, qui ne verse ni intérêts ni dividendes. Le marché attend maintenant l’indice PCE américain, publié ce jeudi à 13 h 30, heure de Paris, pour mesurer la persistance des tensions sur les prix.
Argent, platine et palladium : la correction continue
L’argent recule à 52,60 dollars, soit 47,37 euros l’once
Contre 53,77 dollars mercredi. Il se rapproche de la zone des 52 dollars, après plusieurs séances de faiblesse. Sa double exposition aux marchés financiers et à la demande industrielle accentue sa sensibilité aux perspectives économiques.
Le platine s’établit à 1 505 dollars, soit 1 362,97 euros l’once
Contre 1 528 dollars la veille. Il revient au contact du seuil des 1 500 dollars, alors que les interrogations sur l’activité industrielle et automobile pèsent sur le marché.
Le palladium dévisse à 988 dollars, soit 907,17 euros l’once
Contre 1 007 dollars mercredi. Il passe sous les 1 000 dollars, seuil symbolique qui illustre la faiblesse persistante des métaux du groupe platine.
Ces trois métaux ont subi une correction hebdomadaire nettement supérieure à celle de l’or, dans un contexte de prudence des investisseurs et de tensions sur les taux.
Géopolitique et économie
La BCE face à son propre dilemme monétaire
Après la Fed mercredi, c’est au tour de la Banque centrale européenne de se prononcer ce jeudi. Le marché anticipe un maintien du taux de dépôt à 2,50 %, mais la remontée de l’inflation énergétique complique les perspectives. La BCE doit contenir les prix sans fragiliser davantage la croissance. Autre sujet sensible : les tensions sur la dette française, dont les rendements obligataires se rapprochent de leurs plus hauts niveaux depuis vingt-cinq ans. La décision est attendue à 14 h 15, heure de Paris.
La Banque mondiale prévoit un choc de 23 % sur les matières premières
Dans son rapport publié mercredi, la Banque mondiale prévoit une hausse de 23 % des prix mondiaux des matières premières en 2026, dont 32 % pour l’énergie et 40 % pour les métaux précieux. En cause, la guerre au Moyen-Orient, les perturbations des transports maritimes et les tensions sur les approvisionnements. Le Brent atteindrait en moyenne 91 dollars cette année.
En Chine, la bulle de l’intelligence artificielle se matérialise
Pendant que Wall Street s’interroge sur une éventuelle bulle de l’intelligence artificielle, en Chine, la correction est déjà bien engagée. L’indice STAR50 de Shanghai, qui regroupe les grandes entreprises chinoises de l’IA et des semi-conducteurs, a chuté de 40 % en moins de quatre mois, effaçant près de 480 milliards de dollars de capitalisation boursière. En cause : des valorisations jugées excessives, des doutes sur la demande réelle en IA et les risques de nouvelles restrictions américaines sur les technologies chinoises. Les analystes restent divisés : certains évoquent l’éclatement d’une bulle spéculative, tandis que d’autres considèrent cette correction comme un réajustement du marché. Une question dépasse désormais les frontières chinoises : Wall Street pourrait-elle connaître le même scénario ?
En France, le budget 2027 continue de diviser
L’Assemblée nationale poursuit l’examen du volet recettes du budget 2027. Le 27 octobre, les députés ont adopté un amendement destiné à lutter contre l’optimisation fiscale agressive des multinationales. Dans un contexte de dette élevée et de tensions obligataires, ces débats dépassent la seule fiscalité et influencent aussi la perception du risque français sur les marchés.
À surveiller
→ Les décisions de la BCE et l’indice PCE américain, deux rendez-vous déterminants pour les anticipations de taux.
→ Demain vendredi, la publication des premières estimations de croissance française et européenne, ainsi que l’inflation française. Ce sont deux indicateurs utiles pour mesurer les effets du choc énergétique.
→ Mardi 3 novembre prochain, les élections américaines de mi-mandat et le vote prévu sur la première partie du budget français, deux sources possibles de volatilité politique et financière.
→ La réaction du cours de l’or à l’ensemble de ces facteurs.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
