À retenir
- Porté par des chiffres de l’emploi américain (ADP) inférieurs aux attentes, le cours de l’or spot reprend de la hauteur et repasse au-dessus de la zone pivot psychologique des 4 000 $ l’once.
- Bouffée d’oxygène générale pour les métaux : L’argent (59,89 $), le platine (1 612 $) et le palladium (1 213 $) profitent de la détente des rendements obligataires réels pour s’offrir un répit graphique généralisé.
- Alerte sur la surchauffe boursière : Alors que les indices américains signent des trimestres records avec des valorisations proches des sommets de la bulle internet, l’or confirme son rôle d’indicateur de méfiance systémique.
Or et métaux précieux
Après avoir touché un point bas de sept mois en début de semaine, le cours de l’or spot amorce un rebond technique ce jeudi matin pour s’établir à environ 4 071 $ l’once.
Ce mouvement haussier à court terme a été déclenché par la publication de l’indicateur de l’emploi privé américain (ADP) inférieur aux attentes, ce qui a temporairement atténué les craintes d’un resserrement monétaire agressif immédiat.
Sur le plan graphique, le métal précieux s’affranchit de sa moyenne mobile à 20 jours et repasse au-dessus de la zone pivot psychologique des 4 000 $, inversant momentanément la pression vendeuse qui dominait la clôture trimestrielle, la plus mauvaise depuis 13 ans. Les flux acheteurs constatés tant sur les places asiatiques qu’occidentales propulsent le cours vers une première zone de résistance technique majeure située autour de 4 115 $. Les opérateurs de marché mondiaux gardent néanmoins les yeux rivés sur la publication imminente des chiffres officiels des Non-Farm Payrolls (NFP) pour valider la durabilité de cette impulsion de cassure.
Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium
Profitant de l’affaiblissement marginal des rendements obligataires réels et des commentaires nuancés du président de la Fed Kevin Warsh, le complexe des métaux précieux s’offre une bouffée d’oxygène générale.
- L’argent à 59,89 $ l’once : Le métal gris profite d’un vigoureux mouvement de couverture des positions courtes (short-covering). Graphiquement, l’argent tente de réintégrer de manière durable le seuil technique et psychologique clé des 60 $, une zone qui valide un signal de survente à court terme face à un déficit industriel structurel persistant.
- Le platine à 1 612 $ l’once : Le platine s’extirpe de ses plus bas annuels grâce à un rebond technique de soulagement. Bien que sa configuration de fond reste fragilisée par les moyennes mobiles de long terme, le franchissement des 1 600 $ neutralise temporairement les signaux baissiers de ses oscillateurs de dynamique.
- Le palladium à 1 213 $ l’once : Le palladium dessine une structure de retournement intraday en repassant au-dessus des 1 200 $. Coincé jusqu’alors dans un canal descendant abrupt, le métal s’offre un répit graphique, soutenu par la baisse des cours de l’énergie et la détente globale du dollar sur les marchés des matières premières.
Géopolitique et économie
98 000 emplois créés aux États-Unis
Le secteur privé américain a créé 98 000 emplois en juin selon le rapport ADP publié hier, sous le consensus des 118 000 et en repli par rapport aux 122 000 de mai. « Le marché du travail prend plus de temps à s’ajuster », résume Nela Richardson, cheffe économiste d’ADP (ADP Research, juillet 2026). Ce chiffre en dessous des attentes réduit légèrement la probabilité d’une hausse Fed en septembre, ce qui soutient l’or à court terme.
Les marchés au bord du vertige
Selon un article des Échos, le Nasdaq a progressé de plus de 21 % au T2, le S&P 500 de 15 %, affichant leurs meilleurs bilans trimestriels depuis 2020.
L’indice SOX des semi-conducteurs a bondi de 90 % depuis fin mars. Le ratio Shiller cours/bénéfices dépasse 41 fois, contre un record historique de 44 atteint fin 1999 avant l’éclatement de la bulle internet. L’indicateur Buffett (capitalisation boursière sur PIB) a dépassé 200 points, un record absolu, contre 150 au pic de 2000. Les clients de Bank of America ont vendu pour 8 milliards de dollars nets d’actions américaines la semaine du 17 au 24 juin.
Dans ce contexte de valorisations extrêmes, l’or envoie un signal qui mérite notre attention : il a perdu près de 25 % depuis son record de janvier. La confiance dans le système n’est pourtant pas revenue. C’est la hausse des taux qui rend les actifs non rémunérés moins attractifs à court terme.
Pendant ce temps, les banques centrales ont ajouté plus de 800 tonnes à leurs réserves en 2025 et continuent leurs achats en 2026 (WGC, 2026). Les États vendent du dollar et achètent de l’or, pendant que les investisseurs particuliers achètent des actions Nvidia.
À surveiller aujourd’hui
→ Ventes au détail zone euro, ce matin. C’est le premier baromètre de la consommation européenne post-accord Iran. Si le reflux du pétrole se traduit par un rebond de la consommation, la BCE pourrait marquer une pause en septembre.
Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
